Le slogan historique de Sony, "For the Players", est-il devenu une formule creuse ?
Aujourd’hui, le discours officiel prétend que la transition vers le tout-numérique est une évolution naturelle, une fatalité biologique à laquelle le joueur devrait se plier.
D'un côté, les rapports de marché montrent que 82 % des ventes de PS5 aux États-Unis concernent le modèle avec lecteur de disque. De l'autre, mes propres sondages, effectués sur des bases de joueurs passionnés, confirment une tendance identique : 80 % de préférence pour le support physique.
[Sondage] Juste comme ça pour GTA VI et PS6
Certains crieront au biais statistique. Alors, levons le doute.
Je demande à ce que Sony, ou un institut de sondage indépendant (ou les deux), pose exactement cette question au grand public :
"Préférez-vous une console sans lecteur physique moins chère, ou une console avec lecteur physique plus chère ?"
Je demande aussi un sondage transparent sur les achats réels :
"Pour chaque nouveau jeu, choisissez-vous la version physique ou la version dématérialisée ?"
Si l'industrie est si convaincue que le "tout-démat" est ce que réclame le grand public, qu'ils le prouvent. Qu'ils nous donnent les chiffres réels de répartition des ventes sur l'ensemble du parc de consoles, et pas seulement des statistiques filtrées par le marketing. On verra bien si l'écart entre le discours de l'industrie et la réalité du marché se confirme.
Ce n’est pas une question de nostalgie, c’est une question de souveraineté. L'intérêt de l'actionnaire est la récurrence du revenu par l'accès révocable (le service) ; l'intérêt du joueur est la pérennité de l'usage (le bien culturel).
Si l'industrie est si sûre de son modèle, qu'elle arrête de l'imposer en douce par la limitation de l'offre. Qu'elle soumette ses choix au vote des premiers concernés : les joueurs eux-mêmes.
Chiche ?