La décision de Sony d’abandonner progressivement le support disque continue de faire réagir. Interrogé par
Eurogamer,
Shawn Layden, ancien patron des
PlayStation Worldwide Studios et
vétéran de Sony pendant 32 ans, estime qu’il s’agit d’un choix “assez dramatique”, même s’il précise ne disposer d’aucune information interne depuis son départ en 2019.
Selon lui, il ne faut pas forcément y voir une grande croisade contre l’occasion ou la propriété physique. La décision pourrait être beaucoup plus froide : une simple lecture comptable. A partir du moment où les ventes numériques représentent l’essentiel des revenus, maintenir toute une chaîne de production, de distribution et de commercialisation autour du disque devient de moins en moins rationnel.
On rappellera que Sony avait déjà tenté le tout-dématérialisé avec la PSP Go en 2009. Sauf qu’à l’époque,
le marché n’était pas prêt avec un catalogue numérique incomplet, des habitudes encore très physiques, un stockage coûteux, et une acceptation bien plus limitée de l’idée de ne plus pouvoir prêter ou revendre ses jeux.
Sony avait peut être vu juste, mais beaucoup trop tôt.
La différence aujourd’hui, c’est que le constructeur ne vend plus vraiment une vision futuriste, en tout cas il acte une réalité économique.
Layden rappelle que la question de l’abandon du lecteur disque revenait déjà régulièrement chez Sony, mais que le vrai seuil concernait surtout l’accès mondial au haut débit. Pas forcément tout le monde, mais suffisamment de clients pour que l’équation devienne évidente.
Et c’est là que le raisonnement devient brutal parce que si une majorité du marché représente presque toute la valeur commerciale, quel intérêt de maintenir une infrastructure coûteuse pour une minorité devenue marginale dans les revenus ? C’est dur pour les joueurs attachés au physique, mais c’est exactement le genre d’arbitrage qu’une industrie finit par prendre quand le symbole pèse moins lourd que la marge.
Layden estime également que l’occasion n’est plus vraiment le facteur déterminant. Elle existe encore, mais le numérique a déjà largement affaibli ce marché depuis des années.
Reste donc la conséquence logique :
si Sony arrête de produire des disques, il devient difficile d’imaginer une PS6 construite autour d’un lecteur physique par défaut. Et comme souvent, quand le leader bouge, les autres finissent par regarder leur propre tableau Excel avec beaucoup d’inspiration soudaine.