« Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi, ni à personne, voilà je crois, toute la morale » "Le parallèle que l'on peut faire entre la poussière et le geek, une fois posés à un endroit, ils ne bougent plus tant que l'on ne déloge pas."
"@cyr Tu confonds le droit d'auteur (l'œuvre) et le droit de propriété (le support).
Quand j'achète un livre ou un vinyle, je ne prétends pas être l'auteur, mais je suis propriétaire de l'objet. Ce droit de propriété me garantit que personne ne peut m'enlever mon bien, et que je peux le revendre ou le prêter sans demander l'autorisation à personne.
Aujourd'hui, avec le "dématérialisé", on nous prive de ce droit de propriété sur le support. Tu cites le livre et la musique comme si la possession physique était un concept archaïque, mais c'est justement ce qui protège le consommateur contre les abus.
Si, demain, la plateforme qui t'a vendu ton "droit d'utilisation" ferme ses serveurs (après tout, s'ils peuvent supprimer le format physique, ils peuvent décider de couper l'accès à n'importe quoi), tu perds tout.
Ton exemple du livre prouve justement le contraire de ce que tu penses : contrairement à ton jeu vidéo numérique, personne ne peut venir à distance supprimer ton livre dans ta bibliothèque."
"@cyr
Tu confonds cause et conséquence.
"Consommer de l'immatériel", un concept aussi creux que "dématérialisation" : les données sont physiquement stockées sur des serveurs (la cause). Que le support change - du vinyle au disque, puis au serveur - c'est une évolution technique (la conséquence) ; cela n'a rien à voir avec une question de génération. Même si chaque génération connaît un support différent, le fond reste le même : il y a un support physique à un moment donné.
La ceinture de sécurité est une norme imposée par la loi (intérêt général) pour protéger l'intégrité physique des citoyens, pas une stratégie de marché d'une entreprise privée (intérêt particulier). Comparer les deux est un contresens total.
Pour les indépendants, ils sont tributaires de ceux qui produisent les supports physiques (conséquence), ce qui est radicalement différent de Sony qui contrôle l'écosystème entier (cause).
Enfin, si tu défends l'idée que le physique est obsolète et que la propriété d'usage n'a plus de sens, alors va au bout de ta logique : pourquoi la propriété s'arrêterait-elle au bénéfice de l'utilisateur pour être transférée intégralement à l'entreprise ? Si la propriété est un frein, alors Sony ne devrait plus être propriétaire de ses données, de ses serveurs ou de ses infrastructures non plus. Pourquoi créer un système où l'utilisateur ne possède rien, alors que l'entreprise, elle, garde un contrôle total sur l'accès et les données ? C'est une privatisation de l'usage, pas une évolution logique.
Par ailleurs, le numérique a transformé le jeu vidéo de "produit fini" en "service en kit". On achète des jeux qui exigent une connexion permanente, des patchs day one obligatoires, voire des serveurs actifs pour se lancer. Cette dépendance au bon vouloir de l'éditeur/développeur/constructeur - qui peut couper l'accès à tout moment ou imposer ses conditions - prouve que l'utilisateur n'est plus propriétaire d'un bien, mais locataire d'une expérience sous condition. Comparer cela à un achat classique, c'est oublier que le consommateur d'aujourd'hui ne possède plus l'objet qu'il a payé, il achète simplement une autorisation d'accès révocable."
"@cyr Comment peux-tu comparer une multinationale qui contrôle l'écosystème et choisit d'éteindre le physique par stratégie (Sony est constructeur, éditeur et fabricant), à un indépendant qui subit le manque de moyens et l'impossibilité d'accéder au marché physique (il ne fabrique pas de DVD/cartouche, ne fabrique pas de console et n'est pas systématiquement éditeur — l'auto-édition existe, certes, mais ce n'est pas un choix de "stratège", c'est une contrainte par défaut) sans se ruiner ?"