Si un simple remaster peut-être considéré comme du maquillage, et un remake graphique un vrai lifting, Halo Campaign Evolved est encore un cran au-dessus, mais finalement pas bien au-delà du filtre snap (même de grande qualité). Alors bien sûr, le simple fait de pouvoir sprint est un ajout évident, et oui, on pourrait parler des quelques armes tirées des épisodes suivants (même si la majeure partie est en fait dans les trois missions bonus), de la fonction crânes qui ajoute une vraie replay-value pour les amateurs de défis, le coop à 4 bienvenue (qui a le mérite d’être légèrement pris en compte dans la difficulté) et les petites évolutions du level-design.
Mais malgré tout et même si la nostalgie parle toujours, derrière le filtre se cache plus ou moins le même jeu qu’en 2001. Halo a vieilli c’est un fait et dès l’introduction au cœur du Pillar of Autumn, la claque n’est pas graphique (elle se ressent d’ailleurs bien mieux après), mais de celle qui nous renvoie en arrière par une mise en scène faite de scripts archaïques (heureusement qu’il y a de vraies cinématiques pour compenser). Couplé à un doublage nanardesque effectué sans moyens ni convictions, en résulte une goutte de malaise chez votre serviteur en train de faire découvrir la franchise à ses deux fils un peu amusés mais pas non plus choqués, chacun ayant un CV composé à 80 % de Roblox, Fortnite et des Soulsborne (ces derniers n’étant pas non plus des modèles cinématographiques). Pour autant, le jeu garde ses indéniables qualités mais il est inutile de faire la liste des arguments, nombreux certes, vu que ce sont tout simplement les mêmes qu’il y a 25 ans, juste que bien plus joli et avec un feeling légèrement amélioré, mais comment ne pas en réclamer plus quand le sempiternel exemple Resident Evil 2 montre ce que l’on doit attendre d’un remake.
Malgré la déception, un simple pied dans le Warthog nous fait comprendre à quel point la licence nous avait manqué.
C’est d’autant plus dommage qu’à l’instar d’un Shadow of the Colossus qui avait lui aussi loupé l’occasion de mieux marquer les foules pour son retour, ce remake de Halo aurait largement pu proposé ce qui nous avait été enlevé dans l’original, la faute à un manque de temps, de budget, etc. Présence d’une faune variée, intégration des brutes dans le bestiaire (et une sorte de super Grognard), davantage d’armes dont le lance-flammes, certains véhicules aliens, des pans entiers de niveaux perdus dans les limbes, et même l’apparition d’un premier Prophète. Si nous avions eu tout cela ou en partie, avec un jeu vraiment refait de fond en comble sans en trahir l’essence, jusqu’à fantasmer sur une évocation de l’Arbiter pour servir de liant, Halo Campaign Evolved n’aurait pas été juste là pour fêter un anniversaire et plaire aux nostalgiques et nouveaux-venus peu regardant, mais vraiment donner un départ en prouvant qu’il est de nouveau possible de croire en l’avenir chez Halo Studios.
Au lieu de cela, trois missions donc qui restent plus proche du fanmade que de l’audace ou l’ambition, nerveuse d’une certaine façon mais assez banales et majoritairement cloisonnées (hormis une séquence spatiale piou piou à la fin), dont certains ne retiendront que le Lieutenant Williams, une ODST aussi clichée que le souhaite la modernité et d’une antipathie extrême à l’égard de Chief, ce vieux héros mâle qui on le rappelle a eu le « privilège » d’avoir été enlevé de force à l’âge de 6 ans pour y subir aussitôt des dizaines de traumatisme dans le monde militaire. Heureusement, la présence du Major Johnson vient valider qu’il n’y a jamais assez de Major Johnson, et on continuera de réclamer un spin-off dédié à son passé.
L’instant anecdote :
Par sa culture digne d’une bibliothèque brûlée, mon plus jeune fils savait évidemment qui était le Master Chief avant de commencer son premier Halo : « Ouais, c’est le mec en vert qu’on a vu dans Fortnite. » Effectivement.