Il y a encore quelques années, imaginer Hideo Kojima développer son grand retour à l’infiltration ailleurs que chez PlayStation aurait presque ressemblé à un scénario parallèle. Et pourtant, l
e mariage entre le créateur japonais et Sony vient clairement de prendre fin. Comme nous l'apprenions récemment,
PlayStation a décidé de se retirer du financement de Physint, le projet d’action/espionnage annoncé en 2024, avec plusieurs raisons derrière cette décision si on en croit
le récent rapport de Jason Schreier : budget, rentabilité, délais et exclusivité.
Et visiblement, ce n’est pas juste une petite brouille entre partenaires parce que d'après les sources de
Bloomberg,
Physint aurait déjà raté plusieurs échéances et se dirigeait vers un gros dépassement de budget, alors même que le jeu était encore loin de sortir.
Sony aurait aussi eu de plus en plus de mal à justifier l’idée d’investir plusieurs centaines de millions de dollars dans un titre qui ne resterait pas définitivement exclusif à ses machines. Les deux
Death Stranding avaient déjà suivi cette logique d’exclusivité temporaire avant d’arriver ailleurs, tandis que
Kojima Productions conserve la propriété de ses licences.
A cela s’ajoute un élément beaucoup moins romantique : les ventes.
Toujours selon Bloomberg, les deux Death Stranding n’auraient pas atteint les objectifs de revenus fixés par PlayStation.
Les estimations d’Alinea Analytics, relayées par
Insider Gaming, donnent d’ailleurs un peu de contexte :
Death Stranding 2 aurait vendu environ 2,5 millions d’exemplaires, dont 1,8 million sur PS5 et 700 000 sur PC, pour quelque 170 millions de dollars de revenus estimés. Le jeu aurait surtout bien démarré avant de ralentir plus franchement derrière.
Cela ne veut pas dire que le jeu est un flop, ni qu’il a forcément perdu de l’argent. Mais il y a une différence entre
"ça se vend correctement" et
"ça se vend suffisamment pour justifier un investissement monstrueux sur le projet suivant". Et visiblement, c’est là que Sony commence à faire ses comptes.
Personnellement, tout ça me rappelle quand même beaucoup le divorce entre
Kojima et
Konami après le développement de
Metal Gear Solid V : The Phantom Pain. A l’époque déjà,
le problème tournait autour du coût des productions, des délais et d’une direction qui voulait davantage de rentabilité. Les situations ne sont évidemment pas identiques, mais la logique économique commence sérieusement à se ressembler : un créateur aux ambitions énormes, qui coûte cher, face à un éditeur qui finit par se demander jusqu’où il veut continuer à payer. Et
Sony est clairement dans cette logique aujourd’hui.
Le contexte interne chez
PlayStation joue aussi beaucoup.
Bloomberg rappelle que la société a renforcé ses contrôles de production après plusieurs échecs, notamment du côté des jeux service, avec des projets annulés et des objectifs devenus plus stricts. Et en gros le PlayStation actuel n’est plus forcément celui qui pouvait se permettre de signer un chèque simplement pour associer son image à un grand nom.
Et concernant
Death Stranding, j'ai toujours eu cette impression vis à vis de la franchise : à mon sens,
le premier épisode a clairement profité d’un énorme effet de curiosité.
C’était le premier vrai jeu de Kojima après son départ de Konami, le premier gros projet hors Metal Gear depuis des années, avec tout ce que son nom pouvait encore représenter à l’époque. Forcément, ça a attiré du monde.
Certains voulaient découvrir le jeu, d’autres voulaient surtout voir ce que Kojima allait faire une fois libéré de Konami. Et à mon sens, le nom de
Kojima suffisait presque à vendre une partie du projet à lui seul.
Le problème, c’est que la curiosité fonctionne surtout une fois et
tout le monde n’a pas adhéré à la proposition de Death Stranding, loin de là, et derrière, ça se ressent forcément quand il faut vendre une suite.
Tu peux acheter le premier parce que c’est Kojima, parce que tu veux voir, parce que tout le monde en parle. Si l’expérience ne t’a pas convaincu, tu ne reviens pas automatiquement pour le deuxième.
Et c’est justement ce que les ventes de Death Stranding 2 semblent suggérer aujourd’hui : le premier épisode a probablement touché un public plus large que le noyau réellement acquis à la licence.
D’autant qu’Alinea estime le premier Death Stranding à environ 5 millions de ventes sur une période bien plus longue, avec plusieurs baisses de prix, alors que le second en est aujourd’hui à environ 2,5 millions. La comparaison n’est donc pas parfaite, mais la tendance mérite quand même d’être observée.
Encore une fois, ça ne veut pas dire que Death Stranding 2 est un échec. Mais ça semble confirmer quelque chose : la réputation de Kojima reste une arme énorme pour attirer l’attention, beaucoup moins une garantie de rentabilité à grande échelle. Et visiblement,
Sony commence lui aussi à faire cette distinction.
La rupture est d’autant plus symbolique que la relation entre Kojima et PlayStation remonte aux années 90.
Bloomberg rappelle que Metal Gear Solid avait largement participé à l’image technologique de la première PlayStation, avant que Kojima ne retrouve rapidement Sony après son départ mouvementé de Konami. Mais plusieurs dirigeants
PlayStation historiquement proches de
Kojima ont depuis quitté la société.
Kojima Productions explique d’ailleurs avoir reçu de manière assez inattendue la décision de PlayStation durant l’été. Le studio aurait ensuite passé trois mois à chercher un nouveau partenaire afin de sauver
Physint. Et ce partenaire sera finalement
Xbox.
Microsoft ne récupère d’ailleurs pas juste le jeu. D’après Bloomberg, l’accord inclurait également des droits liés au cinéma et à la télévision autour de Physint et de OD, ce qui montre bien que Xbox voit Kojima comme quelque chose de plus large qu’un simple développeur à financer pour un AAA.
Il faudra évidemment attendre pour savoir lequel des deux camps a fait le bon calcul.
Sony estime visiblement que le prestige ne suffit plus à justifier certains budgets, surtout sans exclusivité permanente. Xbox, de son côté, fait exactement le pari inverse et récupère un créateur capable de générer énormément d’attention autour de chacun de ses projets.
Après presque trente ans d’histoire commune entre
Kojima et
l’écosystème PlayStation, c’est surtout une relation historique qui semble se terminer et quelque part, il y a aussi une forme d'ironie parce que après
Konami, voilà
Sony qui découvre à son tour que "le génie de Kojima" a aussi un prix.
Sources :
Bloomberg
Insider Gaming
KOJIMA s’en rendra vite compte quand il verra dans quel état sera Playstation, au fond du trou
Vraiment des ordures chez Sony.
Ces jeux ont toujours été marquants, qu’on aime ou pas.
zekk Et je les entends. Ce qui différenciait Playstation du reste, c’était leur capacité à soutenir des projets originaux, de créer de nouvelles licences et de créer des partenariats.
Quand tu regardes leur récent historique, ils ont tout fait de travers, ils ont fait des paris qui ont tous été perdants. PHYSINT était LE projet qu’il fallait soutenir, malheureusement ils ont encore fait le mauvais choix et dans l’absolu ça démontre que le SONY qui jadis fut avant-gardiste est définitivement mort et enterré.
Leurs jeux tournent en ronds et deviennent mauvais (Wolverine) et mettent un temps de dingue à sortir.
dixit le mec qui va applaudir wolverine
Sony a eu raison
Autant d'argent pour ne pas avoir l'exclusivité, la blague.
Oui c'est vrai que Tokimeki Memorial Drama Series Vol. 1 a été marquant
Qu'est-ce qu'il faut pas lire juste pour soutenir un réalisateur et avoir sa petite phrase habituelle anti-sony...
au japon il a marqué en tout cas, il a été réédité 2 fois déja
Ouais ouais ils ont tellement raison que personne n'a vraiment compris le potentiel de Concord. On a des incapables à la tête de l'industrie du jeu vidéo mais c'est normal de virer LE seul type qui fait du jeu vidéo au moins comme le voulait les fanboys.
Je ne suis pas la cible, mais au moins proposer des jeux qui cible des niches c'est bien aussi pour diversier ta plateforme. On se croirait sur Netflix qui coupe tout si la Saison 1 flop. Si vous voyez le jeu vidéo comme un média qui doit faire du blockbuster sinon rien, vous êtes autant psychopathe que les Hulst et tout cette putain de clique de merde.
Des barres
Mais non en fait vous avez raison, laissons les grosses boites financer des trucs cool et improbables qui se vendent pas et dans 5 ans y'aura plus qu'un seul acteur sur le secteur du JV.
Ce manque de respect envers KOJIMA et la petite phrase habituelle de soumission à SONY …
Je suis totalement pour que Sony finance des jeux plus ciblés. Mais si ton jeu de niche coûte le PIB d’un petit pays parce qu’il faut trois acteurs hollywoodiens, de la performance capture partout et quinze caméos de potes de Kojima, à un moment la question de la rentabilité se pose quand même. Et personnellement, sa manie d’aligner les stars ne me convainc pas davantage parce que Snake reste autrement plus marquant que Sam à mes yeux. Un casting prestigieux ne fait pas tout, ça ajoute des dépenses inutiles je trouve.
C'est qu'en même Kojima dont on parle là, ça n'est pas du niveau de Concord. Les voir maintenir Horizon Hunter Gathering dont TOUT LE MONDE VOIT LA MERDE QUE C'EST quand ça dégage Physint, faut être un idiot fini pour pisser sur des gens. Mais peut être parce que vous aimez ça au final...