Depuis quelque temps, j’ai surtout l’impression que quelque chose se dérègle dans la manière dont on parle du jeu vidéo.
Pas forcément parce que les jeux seraient moins bons.
Mais parce qu’entre les réseaux sociaux, les Youtubeurs, les influenceurs, la presse spécialisée et les différentes communautés de joueurs, on semble perdre de plus en plus le recul nécessaire pour simplement regarder un jeu dans son ensemble.
Les réseaux poussent naturellement les opinions les plus clivantes.
Les créateurs de contenu suivent les sujets qui font le plus de vues.
Et une fois qu’un récit collectif commence à s’installer autour d’un jeu, tout le monde semble surtout chercher les éléments qui permettent de le confirmer.
C’est là que ça devient gênant.
Parce qu’un test devrait normalement servir à dire : voilà ce que le jeu fait bien, voilà ce qu’il fait mal, voilà ce qu’il essaie de faire et voilà pour quel public il fonctionne.
Or j’ai de plus en plus l’impression qu’on choisit surtout quels éléments méritent d’être grossis et lesquels peuvent discrètement passer sous le tapis, selon le trend du moment.
Deux exemples récents : Wolverine et Fire Emblem
Cette semaine, j’ai pris Wolverine sur ma PS5Pro et Fire Emblem sur ma Switch 2.
Et le contraste m’a vraiment frappé.
Wolverine : classique, donc « dépassé » ?
Pour Wolverine, en lisant certaines critiques, j’avais presque l’impression que le simple fait d’être un beat’em all linéaire en 2026 était devenu un défaut fondamental.
Et oui : Wolverine est effectivement très classique. Des couloirs, des combats, des arènes, de la narration, puis encore des combats. Quelque part, on retrouve clairement la philosophie des anciens God of War.
Mais pourquoi parler énormément de sa structure classique sans mettre autant en avant ses autres qualités ?
Le jeu propose une réalisation solide (sur PS5 PRO RT 120Hz c'est juste fou techniquement), une mise en scène très efficace, une violence qui correspond vraiment au personnage, de bons acteurs, une narration crédible et un univers Marvel qui arrive pour une fois à tenir plusieurs minutes sans qu’un personnage fasse une vanne pour casser chaque scène dramatique à la Disney.
Ça ne révolutionne peut-être rien. Mais classique ne veut pas dire mauvais.
Fire Emblem : les mêmes logiques, mais érigées en qualité
Puis je lance Fire Emblem. Et là, c’est quasiment l’inverse.
Le jeu se prend des 9/10 et des 10/10 un peu partout. Son gameplay fonctionne toujours très bien (quel plaisir d'appuyer sur A pour faire toutes les actions).
Mais il faut aussi être honnête : on joue encore sur des mécaniques qui ont plusieurs décennies.
Le triangle des armes, les déplacements sur cases, les statistiques, les attaques au tour par tour…
Et ce n’est absolument pas un problème. Une mécanique n’a pas besoin d’être nouvelle si elle fonctionne.
Et une des seules nouveautés qui sont les combats d'exploration (attention je n'ai pas fais les FE sur Switch donc possible que ça existe depuis l'ancienne genération Nintendo) mais on peut les skip... une vraie nouveauté ne se skip pas normalement... lol
Mais alors pourquoi cette logique semble-t-elle devenir une qualité ici alors qu’elle est présentée comme un défaut ailleurs ?
Surtout qu’à côté de ça, Fire Emblem peut donner visuellement l’impression de tourner sur un moteur sorti de l’époque DirectX 9, et son prologue m’a paru franchement mal écrit et surtout très mal mis en scène.
Et pourtant j’ai retrouvé très peu de critiques mettant vraiment cela au centre de leur analyse.
L’introduction nous balance laboratoire, personnage qui grandit dans un tube, hordes de morts-vivants, trolls géants, une pnj qui lance des boules de feu… Elle se fait massacrer parce que les géants sont beaucoup trop puissants. Puis notre personnage arrive.
Et soudain les centaines d’ennemis deviennent une petite poignée de figurants qu’on démonte façon Musou et les énormes trolls qui terrorisaient tout le monde trente secondes auparavant semblent être partis chercher un café et ne posent plus de problème au combat qu'ils ont installé depuis 10 minutes dans le jeu...
Sur une intro PS1, j’aurais crié : WOOOOAAAH.
En 2026, j’ai surtout demandé où étaient passés les monstres et la crédibilité de ce prologue... ????
Est-ce que ça rend Fire Emblem mauvais ?
Bien sûr que non, mais j'aurais aimé qu'on me dise qu'un jeu 10/10 à un méchant côté nanar avant tout.
Son gameplay reste efficace et je vais probablement m’amuser dessus pendant des dizaines d’heures.
Le vrai problème : une critique à géométrie variable
Mais c’est justement mon problème avec la couverture actuelle des jeux.
Pourquoi certaines faiblesses deviennent-elles centrales dans le jugement d’un jeu alors que des défauts tout aussi évidents deviennent presque invisibles dans un autre ?
J’ai de plus en plus l’impression qu’on ne teste plus seulement les jeux.
On teste aussi le récit médiatique qui s’est déjà construit autour d’eux.
- Si le trend dit qu’un jeu est dépassé, tout ce qui rappelle le passé devient soudain un défaut.
- Si le trend dit qu’un autre respecte magnifiquement ses racines, exactement la même chose devient une qualité.
- Si le jeu est porté par une hype gigantesque, on cherchera davantage ce qui justifie la hype.
- S’il est déjà devenu la cible favorite des réseaux, on trouvera facilement de quoi confirmer qu’il est raté.
Et c’est là que le phénomène dépasse Wolverine ou Fire Emblem qui ne sont que des exemples ici.
Sony et la fin du physique
On l’a vu avec l’arrêt du physique chez Sony.
Je considère personnellement cette décision comme une mauvaise nouvelle.
Mais pendant plusieurs semaines, entre pétitions, hashtags et appels au boycott, on avait parfois l’impression que tout le marché allait se retourner contre Sony.
Alors qu’une énorme partie des joueurs achète déjà ses jeux en dématérialisé et que Steam fonctionne sur ce modèle depuis des années et oui on achète aussi des licences chez eux.
Comprendre pourquoi Sony prend cette décision ne signifie pas l’approuver.
Mais cette nuance disparaît très vite quand le récit dominant devient simplement : Sony fait n’importe quoi.
Kojima, Sony, Microsoft : verdict avant les faits
Même chose avec Kojima et Microsoft.
On a d’abord eu énormément de conclusions définitives sur Sony, Kojima et leur relation alors que très peu de gens savaient réellement ce qui s’était passé entre les deux.
Mais ce n’est pas grave.
Le verdict était déjà disponible.
Et chaque influenceur pouvait ensuite souffler un peu plus sur les braises.
« Les joueurs », mais lesquels ?
Il y a aussi quelque chose de plus profond derrière tout ça.
Aujourd’hui, quand on dit « les joueurs », de qui parle-t-on exactement ?
- Des joueurs FIFA/COD/GTA ?
- Des joueurs qui passent 3 000 heures sur un seul GAAS ?
- Des amateurs d’indés ?
- Des fans de JRPG ?
- Des joueurs Nintendo ?
- Des pro-Sony, pro-Xbox ou PC Master Race ?
Le gaming est devenu tellement vaste qu’il n’existe probablement plus vraiment une communauté du jeu vidéo. Il existe des dizaines de communautés qui utilisent parfois le même média sans rechercher du tout la même chose.
Et ce n’est pas grave.
Ce qui devient problématique, c’est lorsque les réseaux sociaux transforment ces différences en postures qui parlent de leur nombril dans le jeu vidéo et plus de jeu video en lui-même.
Puis que la presse et les influenceurs doivent naviguer à l’intérieur de ces postures en sachant très bien quelle opinion va générer des vues, des réactions et du partage.
Vers un Triple AAAngoisse
Petit à petit, on finit donc avec une critique à géométrie variable.
- Un jeu est trop classique.
- L’autre respecte magnifiquement ses fondamentaux.
- L’un est techniquement daté.
Et peut-être que toutes ces phrases peuvent être vraies. Mais elles devraient pouvoir être vraies dans le même test.
Un bon jeu peut avoir une intro catastrophique.
Un jeu très classique peut être extrêmement efficace.
Un jeu magnifique peut être vide.
Un jeu techniquement dépassé peut être passionnant.
Ce qui m’inquiète aujourd’hui, ce n’est donc pas tellement que les gens aient des opinions différentes.
C’est plutôt que nous cherchons de moins en moins ce qui pourrait contredire notre opinion initiale.
Et quand Youtube, les réseaux et même une partie de la presse fonctionnent eux aussi sur cette logique, on arrive rapidement au marché du Triple AAAngoisse : chaque sortie doit être soit le GOTY… soit la preuve définitive que toute l’industrie est foutue.
Et entre les deux, il reste encore heureusement une solution révolutionnaire : mettre le jeu dans la console et voir soi-même s’il est amusant.
Vous ressentez aussi cette critique à géométrie variable ?
Et surtout, vous avez quel exemple récent d’un jeu où il y avait un énorme décalage entre le discours presse/influenceurs et ce que vous avez réellement découvert manette en main ?
Pour arriver sur cette magnifique séquence digne d'un Club'Do d'un mercredi après midi
shinz0 oui. Sinon on gueulerait sur Mario qui est toujours un plateformer, sur les JRpg qui sont toujours dans le même délire, les Rpg occidentaux avec les mêmes ambitions, les jeux Indé populaire proposant encore et toujours des metroidvanias...
Les joueurs vont se lasser avec les AAA mais vont accepter dans d'autres séries de n'avoir aucune évolution des formules...
Les joueurs sont surtout chelou dans leurs réactions je trouves personnellement. Sans compter les éditeurs et développeurs qui peuvent être une cause aussi des soucis ...
En gros, le reproche fait à Wolverine est d'être un jeu no-brain avec une narration insipide. Cela plaît à certains tant que ça défoule, mais ce n'est probablement plus ce que la majorité des joueurs recherchent dans un jeu vidéo aujourd'hui.
Déjà le problème c’est de croire que toutes les critiques viennent uniquement de la nature même du jeu. Typiquement je n’ai vue personne parler des compilations de bugs qui tourne sur internet. Alors que c’est la même video qui tourner pour Pokémon Écarlate et Violet en 2022 et bizarrement l’a retenu n’était pas la priorité , personne ne chercher à ménager le choux et la chèvre, à sortir des « il faut tester le jeu » alors que la critique était quasiment uniquement concentrée sur la technique catastrophique des jeux et les graphismes immondes. La Wolverine se mange déjà une belle compilation de bug surtout pour un studio aussi renommer et avec un budget qui semblerait il avoisine les 300 millions ( avec marketing apparemment mais quand bien même ça fait un énorme pactole ).
Ensuite soyons honnête , et ce n’est pas que pour lui. C’est une exclus PlayStation, le jeu de retrouve pris entre les tires des pro S et anti S, sans compter qu’il arrive peu de temps après l’annonce de Sony de mettre fin au physique.
Ma conclusion c’est que le jeu n’est pas ouf , ce qui n’empêche pas de pouvoir l’apprécier. Mais sont problème c’est surtout d’être une exclus PlayStation , de sortir à un moment ou c’est tendu pour eux à cause l’image de marque. Du coup la critique se retrouve entachée par les guerres de chapelles habituel , couplet au fait qu’il se ramasse le badbuzz de la fin du physique sous poudré d’une touche de problèmes techniques venant d’un studio pourtant tres bien réputé. Bref c’est un jeu qui n’est pas incroyable et qui arrive dans un moment complexe. Ça aurait etait un jeu tier , sorti y’a 2 ans, la plus tard des gens n’en n’aurait pas parler ou alors aurait juste dit « Mouais pas ouf » ou « sympas mais sans plus ». La le débat est ultra cristallisé , moi même j’ai hésiter à juste envoyer ma crotte de nez dessus , j’espère que j’aurais etait au maximum neutre dans mon analyse et sortir de l’esprit troll de beaucoup que le site ( moi inclus ).
zerdow Tu exprimes bien le malaise ambiant dans d'autres mots. ça fait plaisir à lire Le natif dépasse largement ce que valent les jeux vraiment de nos jours
nyseko Je ne pense pas qu'on recherche que des no-brains actuellement mais il y a une place pour ces jeux sans qu'on tire dessus nécessairement. Metroid 4 fût un bon no-brain mais un moyen Metroid, cela ne m'a pas empêché de le manger tellement j'avais la dalle de Samus
zoske excuse moi car je n'ai lu qu'une partie de ton texte et un moment j'ai arrêté, car mais ta facon de le présenter n'est vraiment pas digeste. Pourquoi faire cela ?
Depuis quelque temps, j’ai surtout l’impression que quelque chose se dérègle dans la manière dont on parle du jeu vidéo.
Pas forcément parce que les jeux seraient moins bons.
Mais parce qu’entre les réseaux sociaux, les Youtubeurs, les influenceurs, la presse spécialisée et les différentes communautés de joueurs, on semble perdre de plus en plus le recul nécessaire pour simplement regarder un jeu dans son ensemble.
Les réseaux poussent naturellement les opinions les plus clivantes.
Les créateurs de contenu suivent les sujets qui font le plus de vues.
Et une fois qu’un récit collectif commence à s’installer autour d’un jeu, tout le monde semble surtout chercher les éléments qui permettent de le confirmer.
C’est là que ça devient gênant.
Parce qu’un test devrait normalement servir à dire : voilà ce que le jeu fait bien, voilà ce qu’il fait mal, voilà ce qu’il essaie de faire et voilà pour quel public il fonctionne.
Or j’ai de plus en plus l’impression qu’on choisit surtout quels éléments méritent d’être grossis et lesquels peuvent discrètement passer sous le tapis, selon le trend du moment.
Deux exemples récents : Wolverine et Fire Emblem
Cette semaine, j’ai pris Wolverine sur ma PS5Pro et Fire Emblem sur ma Switch 2.
Et le contraste m’a vraiment frappé.
Wolverine : classique, donc « dépassé » ?
Pour Wolverine, en lisant certaines critiques, j’avais presque l’impression que le simple fait d’être un beat’em all linéaire en 2026 était devenu un défaut fondamental.
Et oui : Wolverine est effectivement très classique. Des couloirs, des combats, des arènes, de la narration, puis encore des combats. Quelque part, on retrouve clairement la philosophie des anciens God of War.
Mais pourquoi parler énormément de sa structure classique sans mettre autant en avant ses autres qualités ?
Le jeu propose une réalisation solide (sur PS5 PRO RT 120Hz c'est juste fou techniquement), une mise en scène très efficace, une violence qui correspond vraiment au personnage, de bons acteurs, une narration crédible et un univers Marvel qui arrive pour une fois à tenir plusieurs minutes sans qu’un personnage fasse une vanne pour casser chaque scène dramatique à la Disney.
Ça ne révolutionne peut-être rien. Mais classique ne veut pas dire mauvais.
Fire Emblem : les mêmes logiques, mais érigées en qualité
Puis je lance Fire Emblem. Et là, c’est quasiment l’inverse.
Le jeu se prend des 9/10 et des 10/10 un peu partout. Son gameplay fonctionne toujours très bien (quel plaisir d'appuyer sur A pour faire toutes les actions).
Mais il faut aussi être honnête : on joue encore sur des mécaniques qui ont plusieurs décennies.
Le triangle des armes, les déplacements sur cases, les statistiques, les attaques au tour par tour…
Et ce n’est absolument pas un problème. Une mécanique n’a pas besoin d’être nouvelle si elle fonctionne.
Et une des seules nouveautés qui sont les combats d'exploration (attention je n'ai pas fais les FE sur Switch donc possible que ça existe depuis l'ancienne genération Nintendo) mais on peut les skip... une vraie nouveauté ne se skip pas normalement... lol
Mais alors pourquoi cette logique semble-t-elle devenir une qualité ici alors qu’elle est présentée comme un défaut ailleurs ?
Surtout qu’à côté de ça, Fire Emblem peut donner visuellement l’impression de tourner sur un moteur sorti de l’époque DirectX 9, et son prologue m’a paru franchement mal écrit et surtout très mal mis en scène.
Et pourtant j’ai retrouvé très peu de critiques mettant vraiment cela au centre de leur analyse.
L’introduction nous balance laboratoire, personnage qui grandit dans un tube, hordes de morts-vivants, trolls géants, une pnj qui lance des boules de feu… Elle se fait massacrer parce que les géants sont beaucoup trop puissants. Puis notre personnage arrive.
Et soudain les centaines d’ennemis deviennent une petite poignée de figurants qu’on démonte façon Musou et les énormes trolls qui terrorisaient tout le monde trente secondes auparavant semblent être partis chercher un café et ne posent plus de problème au combat qu'ils ont installé depuis 10 minutes dans le jeu...
Sur une intro PS1, j’aurais crié : WOOOOAAAH.
En 2026, j’ai surtout demandé où étaient passés les monstres et la crédibilité de ce prologue... ????
Est-ce que ça rend Fire Emblem mauvais ?
Bien sûr que non, mais j'aurais aimé qu'on me dise qu'un jeu 10/10 à un méchant côté nanar avant tout.
Son gameplay reste efficace et je vais probablement m’amuser dessus pendant des dizaines d’heures.
Le vrai problème : une critique à géométrie variable
Mais c’est justement mon problème avec la couverture actuelle des jeux.
Pourquoi certaines faiblesses deviennent-elles centrales dans le jugement d’un jeu alors que des défauts tout aussi évidents deviennent presque invisibles dans un autre ?
J’ai de plus en plus l’impression qu’on ne teste plus seulement les jeux.
On teste aussi le récit médiatique qui s’est déjà construit autour d’eux.
- Si le trend dit qu’un jeu est dépassé, tout ce qui rappelle le passé devient soudain un défaut.
- Si le trend dit qu’un autre respecte magnifiquement ses racines, exactement la même chose devient une qualité.
- Si le jeu est porté par une hype gigantesque, on cherchera davantage ce qui justifie la hype.
- S’il est déjà devenu la cible favorite des réseaux, on trouvera facilement de quoi confirmer qu’il est raté.
Et c’est là que le phénomène dépasse Wolverine ou Fire Emblem qui ne sont que des exemples ici.
Sony et la fin du physique
On l’a vu avec l’arrêt du physique chez Sony.
Je considère personnellement cette décision comme une mauvaise nouvelle.
Mais pendant plusieurs semaines, entre pétitions, hashtags et appels au boycott, on avait parfois l’impression que tout le marché allait se retourner contre Sony.
Alors qu’une énorme partie des joueurs achète déjà ses jeux en dématérialisé et que Steam fonctionne sur ce modèle depuis des années et oui on achète aussi des licences chez eux.
Comprendre pourquoi Sony prend cette décision ne signifie pas l’approuver.
Mais cette nuance disparaît très vite quand le récit dominant devient simplement : Sony fait n’importe quoi.
Kojima, Sony, Microsoft : verdict avant les faits
Même chose avec Kojima et Microsoft.
On a d’abord eu énormément de conclusions définitives sur Sony, Kojima et leur relation alors que très peu de gens savaient réellement ce qui s’était passé entre les deux.
Mais ce n’est pas grave.
Le verdict était déjà disponible.
Et chaque influenceur pouvait ensuite souffler un peu plus sur les braises.
« Les joueurs », mais lesquels ?
Il y a aussi quelque chose de plus profond derrière tout ça.
Aujourd’hui, quand on dit « les joueurs », de qui parle-t-on exactement ?
- Des joueurs FIFA/COD/GTA ?
- Des joueurs qui passent 3 000 heures sur un seul GAAS ?
- Des amateurs d’indés ?
- Des fans de JRPG ?
- Des joueurs Nintendo ?
- Des pro-Sony, pro-Xbox ou PC Master Race ?
Le gaming est devenu tellement vaste qu’il n’existe probablement plus vraiment une communauté du jeu vidéo. Il existe des dizaines de communautés qui utilisent parfois le même média sans rechercher du tout la même chose.
Et ce n’est pas grave.
Ce qui devient problématique, c’est lorsque les réseaux sociaux transforment ces différences en postures qui parlent de leur nombril dans le jeu vidéo et plus de jeu video en lui-même.
Puis que la presse et les influenceurs doivent naviguer à l’intérieur de ces postures en sachant très bien quelle opinion va générer des vues, des réactions et du partage.
Vers un Triple AAAngoisse
Petit à petit, on finit donc avec une critique à géométrie variable.
- Un jeu est trop classique.
- L’autre respecte magnifiquement ses fondamentaux.
- L’un est techniquement daté.
Et peut-être que toutes ces phrases peuvent être vraies. Mais elles devraient pouvoir être vraies dans le même test.
Un bon jeu peut avoir une intro catastrophique.
Un jeu très classique peut être extrêmement efficace.
Un jeu magnifique peut être vide.
Un jeu techniquement dépassé peut être passionnant.
Ce qui m’inquiète aujourd’hui, ce n’est donc pas tellement que les gens aient des opinions différentes.
C’est plutôt que nous cherchons de moins en moins ce qui pourrait contredire notre opinion initiale.
Et quand Youtube, les réseaux et même une partie de la presse fonctionnent eux aussi sur cette logique, on arrive rapidement au marché du Triple AAAngoisse : chaque sortie doit être soit le GOTY… soit la preuve définitive que toute l’industrie est foutue.
Et entre les deux, il reste encore heureusement une solution révolutionnaire : mettre le jeu dans la console et voir soi-même s’il est amusant.
Vous ressentez aussi cette critique à géométrie variable ?
Et surtout, vous avez quel exemple récent d’un jeu où il y avait un énorme décalage entre le discours presse/influenceurs et ce que vous avez réellement découvert manette en main ?
bennjexcuse moi car je n'ai lu qu'une partie de ton texte et un moment j'ai arrêté, car mais ta facon de le présenter n'est vraiment pas digeste. Pourquoi faire cela ?
Je veux bien te répondre mais pas sûr de bien comprendre la question??
Si c'est par rapport au rythme, c'est du au copier-coller depuis Pages (Word sur MacOs) je pense...
Mais merci pour le coup de main, j'apprecie... En espérant que le copier coller ne deconne pas haha
Mais attention manque d'originalité ne veut pas dire mauvais jeu
Les joueurs vont se lasser avec les AAA mais vont accepter dans d'autres séries de n'avoir aucune évolution des formules...
Les joueurs sont surtout chelou dans leurs réactions je trouves personnellement. Sans compter les éditeurs et développeurs qui peuvent être une cause aussi des soucis ...
Ensuite soyons honnête , et ce n’est pas que pour lui. C’est une exclus PlayStation, le jeu de retrouve pris entre les tires des pro S et anti S, sans compter qu’il arrive peu de temps après l’annonce de Sony de mettre fin au physique.
Ma conclusion c’est que le jeu n’est pas ouf , ce qui n’empêche pas de pouvoir l’apprécier. Mais sont problème c’est surtout d’être une exclus PlayStation , de sortir à un moment ou c’est tendu pour eux à cause l’image de marque. Du coup la critique se retrouve entachée par les guerres de chapelles habituel , couplet au fait qu’il se ramasse le badbuzz de la fin du physique sous poudré d’une touche de problèmes techniques venant d’un studio pourtant tres bien réputé. Bref c’est un jeu qui n’est pas incroyable et qui arrive dans un moment complexe. Ça aurait etait un jeu tier , sorti y’a 2 ans, la plus tard des gens n’en n’aurait pas parler ou alors aurait juste dit « Mouais pas ouf » ou « sympas mais sans plus ». La le débat est ultra cristallisé , moi même j’ai hésiter à juste envoyer ma crotte de nez dessus , j’espère que j’aurais etait au maximum neutre dans mon analyse et sortir de l’esprit troll de beaucoup que le site ( moi inclus ).
nyseko Je ne pense pas qu'on recherche que des no-brains actuellement mais il y a une place pour ces jeux sans qu'on tire dessus nécessairement. Metroid 4 fût un bon no-brain mais un moyen Metroid, cela ne m'a pas empêché de le manger tellement j'avais la dalle de Samus
Parler comme ca.
Pour ensuite enchaîner un texte de quelques mots.
Et continuer à écrire en ce sens.
Vraiment je ne comprend pas pourquoi tu fais ca.
Pourquoi ?
Depuis quelque temps, j’ai surtout l’impression que quelque chose se dérègle dans la manière dont on parle du jeu vidéo.
Pas forcément parce que les jeux seraient moins bons.
Mais parce qu’entre les réseaux sociaux, les Youtubeurs, les influenceurs, la presse spécialisée et les différentes communautés de joueurs, on semble perdre de plus en plus le recul nécessaire pour simplement regarder un jeu dans son ensemble.
Les réseaux poussent naturellement les opinions les plus clivantes.
Les créateurs de contenu suivent les sujets qui font le plus de vues.
Et une fois qu’un récit collectif commence à s’installer autour d’un jeu, tout le monde semble surtout chercher les éléments qui permettent de le confirmer.
C’est là que ça devient gênant.
Parce qu’un test devrait normalement servir à dire : voilà ce que le jeu fait bien, voilà ce qu’il fait mal, voilà ce qu’il essaie de faire et voilà pour quel public il fonctionne.
Or j’ai de plus en plus l’impression qu’on choisit surtout quels éléments méritent d’être grossis et lesquels peuvent discrètement passer sous le tapis, selon le trend du moment.
Deux exemples récents : Wolverine et Fire Emblem
Cette semaine, j’ai pris Wolverine sur ma PS5Pro et Fire Emblem sur ma Switch 2.
Et le contraste m’a vraiment frappé.
Wolverine : classique, donc « dépassé » ?
Pour Wolverine, en lisant certaines critiques, j’avais presque l’impression que le simple fait d’être un beat’em all linéaire en 2026 était devenu un défaut fondamental.
Et oui : Wolverine est effectivement très classique. Des couloirs, des combats, des arènes, de la narration, puis encore des combats. Quelque part, on retrouve clairement la philosophie des anciens God of War.
Mais pourquoi parler énormément de sa structure classique sans mettre autant en avant ses autres qualités ?
Le jeu propose une réalisation solide (sur PS5 PRO RT 120Hz c'est juste fou techniquement), une mise en scène très efficace, une violence qui correspond vraiment au personnage, de bons acteurs, une narration crédible et un univers Marvel qui arrive pour une fois à tenir plusieurs minutes sans qu’un personnage fasse une vanne pour casser chaque scène dramatique à la Disney.
Ça ne révolutionne peut-être rien. Mais classique ne veut pas dire mauvais.
Fire Emblem : les mêmes logiques, mais érigées en qualité
Puis je lance Fire Emblem. Et là, c’est quasiment l’inverse.
Le jeu se prend des 9/10 et des 10/10 un peu partout. Son gameplay fonctionne toujours très bien (quel plaisir d'appuyer sur A pour faire toutes les actions).
Mais il faut aussi être honnête : on joue encore sur des mécaniques qui ont plusieurs décennies.
Le triangle des armes, les déplacements sur cases, les statistiques, les attaques au tour par tour…
Et ce n’est absolument pas un problème. Une mécanique n’a pas besoin d’être nouvelle si elle fonctionne.
Et une des seules nouveautés qui sont les combats d'exploration (attention je n'ai pas fais les FE sur Switch donc possible que ça existe depuis l'ancienne genération Nintendo) mais on peut les skip... une vraie nouveauté ne se skip pas normalement... lol
Mais alors pourquoi cette logique semble-t-elle devenir une qualité ici alors qu’elle est présentée comme un défaut ailleurs ?
Surtout qu’à côté de ça, Fire Emblem peut donner visuellement l’impression de tourner sur un moteur sorti de l’époque DirectX 9, et son prologue m’a paru franchement mal écrit et surtout très mal mis en scène.
Et pourtant j’ai retrouvé très peu de critiques mettant vraiment cela au centre de leur analyse.
L’introduction nous balance laboratoire, personnage qui grandit dans un tube, hordes de morts-vivants, trolls géants, une pnj qui lance des boules de feu… Elle se fait massacrer parce que les géants sont beaucoup trop puissants. Puis notre personnage arrive.
Et soudain les centaines d’ennemis deviennent une petite poignée de figurants qu’on démonte façon Musou et les énormes trolls qui terrorisaient tout le monde trente secondes auparavant semblent être partis chercher un café et ne posent plus de problème au combat qu'ils ont installé depuis 10 minutes dans le jeu...
Sur une intro PS1, j’aurais crié : WOOOOAAAH.
En 2026, j’ai surtout demandé où étaient passés les monstres et la crédibilité de ce prologue... ????
Est-ce que ça rend Fire Emblem mauvais ?
Bien sûr que non, mais j'aurais aimé qu'on me dise qu'un jeu 10/10 à un méchant côté nanar avant tout.
Son gameplay reste efficace et je vais probablement m’amuser dessus pendant des dizaines d’heures.
Le vrai problème : une critique à géométrie variable
Mais c’est justement mon problème avec la couverture actuelle des jeux.
Pourquoi certaines faiblesses deviennent-elles centrales dans le jugement d’un jeu alors que des défauts tout aussi évidents deviennent presque invisibles dans un autre ?
J’ai de plus en plus l’impression qu’on ne teste plus seulement les jeux.
On teste aussi le récit médiatique qui s’est déjà construit autour d’eux.
- Si le trend dit qu’un jeu est dépassé, tout ce qui rappelle le passé devient soudain un défaut.
- Si le trend dit qu’un autre respecte magnifiquement ses racines, exactement la même chose devient une qualité.
- Si le jeu est porté par une hype gigantesque, on cherchera davantage ce qui justifie la hype.
- S’il est déjà devenu la cible favorite des réseaux, on trouvera facilement de quoi confirmer qu’il est raté.
Et c’est là que le phénomène dépasse Wolverine ou Fire Emblem qui ne sont que des exemples ici.
Sony et la fin du physique
On l’a vu avec l’arrêt du physique chez Sony.
Je considère personnellement cette décision comme une mauvaise nouvelle.
Mais pendant plusieurs semaines, entre pétitions, hashtags et appels au boycott, on avait parfois l’impression que tout le marché allait se retourner contre Sony.
Alors qu’une énorme partie des joueurs achète déjà ses jeux en dématérialisé et que Steam fonctionne sur ce modèle depuis des années et oui on achète aussi des licences chez eux.
Comprendre pourquoi Sony prend cette décision ne signifie pas l’approuver.
Mais cette nuance disparaît très vite quand le récit dominant devient simplement : Sony fait n’importe quoi.
Kojima, Sony, Microsoft : verdict avant les faits
Même chose avec Kojima et Microsoft.
On a d’abord eu énormément de conclusions définitives sur Sony, Kojima et leur relation alors que très peu de gens savaient réellement ce qui s’était passé entre les deux.
Mais ce n’est pas grave.
Le verdict était déjà disponible.
Et chaque influenceur pouvait ensuite souffler un peu plus sur les braises.
« Les joueurs », mais lesquels ?
Il y a aussi quelque chose de plus profond derrière tout ça.
Aujourd’hui, quand on dit « les joueurs », de qui parle-t-on exactement ?
- Des joueurs FIFA/COD/GTA ?
- Des joueurs qui passent 3 000 heures sur un seul GAAS ?
- Des amateurs d’indés ?
- Des fans de JRPG ?
- Des joueurs Nintendo ?
- Des pro-Sony, pro-Xbox ou PC Master Race ?
Le gaming est devenu tellement vaste qu’il n’existe probablement plus vraiment une communauté du jeu vidéo. Il existe des dizaines de communautés qui utilisent parfois le même média sans rechercher du tout la même chose.
Et ce n’est pas grave.
Ce qui devient problématique, c’est lorsque les réseaux sociaux transforment ces différences en postures qui parlent de leur nombril dans le jeu vidéo et plus de jeu video en lui-même.
Puis que la presse et les influenceurs doivent naviguer à l’intérieur de ces postures en sachant très bien quelle opinion va générer des vues, des réactions et du partage.
Vers un Triple AAAngoisse
Petit à petit, on finit donc avec une critique à géométrie variable.
- Un jeu est trop classique.
- L’autre respecte magnifiquement ses fondamentaux.
- L’un est techniquement daté.
Et peut-être que toutes ces phrases peuvent être vraies. Mais elles devraient pouvoir être vraies dans le même test.
Un bon jeu peut avoir une intro catastrophique.
Un jeu très classique peut être extrêmement efficace.
Un jeu magnifique peut être vide.
Un jeu techniquement dépassé peut être passionnant.
Ce qui m’inquiète aujourd’hui, ce n’est donc pas tellement que les gens aient des opinions différentes.
C’est plutôt que nous cherchons de moins en moins ce qui pourrait contredire notre opinion initiale.
Et quand Youtube, les réseaux et même une partie de la presse fonctionnent eux aussi sur cette logique, on arrive rapidement au marché du Triple AAAngoisse : chaque sortie doit être soit le GOTY… soit la preuve définitive que toute l’industrie est foutue.
Et entre les deux, il reste encore heureusement une solution révolutionnaire : mettre le jeu dans la console et voir soi-même s’il est amusant.
Vous ressentez aussi cette critique à géométrie variable ?
Et surtout, vous avez quel exemple récent d’un jeu où il y avait un énorme décalage entre le discours presse/influenceurs et ce que vous avez réellement découvert manette en main ?
Je veux bien te répondre mais pas sûr de bien comprendre la question??
Si c'est par rapport au rythme, c'est du au copier-coller depuis Pages (Word sur MacOs) je pense...
Mais merci pour le coup de main, j'apprecie... En espérant que le copier coller ne deconne pas haha