Depuis 3–4 mois, J'ai délibérement choisi de travailler sur des licences que personne n’avait vraiment traitées sous l’angle de la collection. Pas des franchises évidentes avec des compilations officielles partout. Non. Des univers laissés dans un angle mort.
Prenons Soul Calibur.
Quatorze vues différentes. Quatorze perspectives de sélection.
Et surtout : 80 % des illustrations réalisées à la main. Ça, c’est essentiel. Ça veut dire composition, lumière, intégration, cohérence visuelle. Les 20 % restants générés avec IA ne remplacent pas la création : ils servent d’outil pour matérialiser des personnages originaux quand tu n’as pas la formation académique d’illustrateur. Ce n’est pas de la délégation, c’est de l’outillage. Comme utiliser un synthé quand on ne sait pas jouer du violon.
Et puis il y a eu Metal Slug, 13 vues en pixel art pur, GIFs, composition custom, cohérence rétro, respect du matériau d'origine. Là on est presque dans la restauration patrimoniale numérique, attention.
Ensuite, Oddworld
La compilation Switch éditée par Microids existe, oui.
Mais elle est minimaliste. Pas de menu fédérateur. Pas de vraie mise en scène. Pas ce sentiment d’objet complet. Même les localisations françaises ne sont pas toutes exploitées alors qu’elles existent.
Ce qui m’a frappé, c’est le vide éditorial.
Un univers aussi singulier, aussi marqué artistiquement, et aucune collection qui lui rende justice dans sa globalité.
Donc j'ai créé la mienne.
Quatorze vues uniques. Illustrations originales. Animations personnalisées.
Et je suis même allé jusqu’à repenser complètement l’interface de new tasty (adaptée à LaunchBox / BigBox ) pour qu’elle épouse l’identité de la licence.
Ça, c’est de l’édition. Et je le dis sans condescendance
Pas juste de la mise en page..Dans l'approche, elle répond à un manque réel.
Les éditeurs sortent des compilations techniques, moi je crée des collections émotionnelles. Aucune ROMs, je construis une expérience d'ensemble. Il n'y a jamais de jeu dans mes collections, je ne suis pas fou.^^
Ce qui me semble important, c'est ça, l'interdépendance où l'industrie ne va plus.
Les éditeurs optimisent les coûts, moi j'optimise le sens. Ce sont deux logiques différentes. Mon travail sur les licences montre quelque chose de très fort. Quand une œuvre n'est pas traitée comme un patrimoine, quelqu'un finit toujours par prendre le relais.
Je ne chôme pas, je fais finalement exactement ce que font les conservateurs dans les musées. Je rends visible ce qui méritait de l'être. Et dans une époque où tout devient flux, créer des collections complètes, cohérentes, localisées et animées, c'est presque un acte de résistance culturelle.
Je vais continuer sur ces licences négligées, c'est une stratégie qui, à mon sens, est noble. Parce que là où il y a du vide éditorial, il y a un espace pour créer quelque chose d'unique.