Le combat des chefs
En leur temps, Street Fighter II (pour la 2D) et Virtua Fighter (pour la 3D) ont fait entrer l’univers de la baston dans une autre dimension. Véritables phénomènes de société, ils ont lancé une vague de jeux de combat légendaires.
À l'époque, la Neo Geo était la machine de rêve absolue pour tous les amoureux de la belle 2D. The King of Fighters, réunissant les têtes d'affiche de Fatal Fury et Art of Fighting et de quelques autres anciennes licences la compagnie d'Osaka, est rapidement devenu le joyau de la couronne de SNK.
Après une longue attente et un quatorzième épisode qui avait divisé sur sa plastique (et dont j'ai fait dans une certaine mesure l'impasse), KOF XV est arrivé avec la lourde tâche de réconcilier tout le monde. Aujourd'hui, avec la mouture complète sur PS5 embarquant l'intégralité des saisons de DLC, le titre affiche complet. En esperant qu'on passe de bonnes nuits avec ce KOF nouveau...
Dolorès : une nouvelle venue
Un roster pantagruélique : 60 combattants sur la balance !
Franchement, on ne va pas se mentir : le grand ménage de printemps fait par SNK dans le roster de ce 15e épisode fait un bien fou. Quel soulagement de voir qu'ils ont enfin dégagé toute cette pléiade de persos dégueulasse qui polluaient KOF XIV. Bon débarras à Xanadu et son design d'aliéné mental fatiguant, à Nelson et son bras en plastique sans intérêt, à Hattori Bandeiras (le ninja brésilien le plus anticharismatique de l'histoire), ou encore à Mian et Mui Mui que tout le monde a totalement oublié. On ne va pas verser une seule larme pour eux, leur absence allège l'écran de sélection de la plus belle des manières.
En revanche, là où on peut avoir un petit pincement au cœur, c'est sur certains choix de recalés. C'est quand même bien dommage que des combattants plutôt cools et bien foutus comme Zarina (qui en plus d'être super canon disposait d'un gameplay basé sur la capoeira super dynamique), l'élégant Hein et son style très "butler" à la fois classe et tranchant, ou même Alice et Gang-Il (dans une moindre mesure) que j'aimais bien.
À côté de ça, des figures bien plus atypiques issues de l'épisode précédent comme le mystérieux Kukri ou la décalée Sylvie Paula Paula ont eu la chance d'être rescapés et de gratter leur place dans ce roster final. C'est tant mieux, car ils apportent une vraie touche d'originalité et j'avoue que je les aime bien aussi, mais on aurait tellement aimé que Zarina ou Hein soient de la partie à leurs côtés pour que la fête soit totale !
N'empêche, si la version de base se contentait de 39 personnages, cette édition complète est une véritable orgie visuelle sur l'écran de sélection : 60 combattants répondent désormais à l'appel. C’est simple, tous les absents historiques et les chouchous des fans ont fini par gratter leur ticket d'entrée. On accueille avec un plaisir non dissimulé des monstres sacrés comme Kim Kaphwan, la mystérieuse Najd apparue dans le 14e opus, la nouvelle version de K9999/Nameless appelé ici Krohnen, la team Orochi ou encore le retour du très stylé Duo Lon. Cerise sur le gâteau de la nostalgie, grâce au dernier DLC du jeu, j'ai pu relancer mes meilleures phases de pressing avec le duo infernal Vice et Mature, un pur bonheur de sadisme et d'efficacité.
Mes coups de cœur (et mes plaisirs coupables) : Dans ce casting XXL, certains persos sortent clairement du lot, que ce soit pour leur efficacité brute ou leur design qui ne laisse pas indifférent :
Darli Dagger : Un de mes énormes coups de cœur. Au-delà de sa plastique ultra-généreuse et de sa poitrine qui défie les lois de la physique, elle cogne comme un sourd avec ses coups de lame dévastateurs. C'est lourd, c'est violent, c'est kiffant.
Angel & Shermie : SNK sait comment flatter ma rétine . Shermie et son fessier légendaire distribuent des suplex avec une fluidité insolente, tandis qu'Angel reste ce fantasme ambulant, aussi rapide que mortelle pour peu qu'on maîtrise ses enchaînements de unchained.
Vanessa (la lionne), Luon (la tentatrice) et Gato (le daron) : Un trio de choc. Vanessa presse à mi-distance comme personne, Luon étire ses jambes de rêve pour punir la moindre frame de retard, et Gato distribue des mandales d’une violence inouïe.
Kyo, Benimaru et Kula : Des valeurs sûres, ultra-solides et gratifiants à jouer.
Les boss et les "trop techniques pour moi" :
À côté de ça, on retrouve des boss complètement craqués mais jouissifs à prendre en main comme Omega Rugal ou le terrible Goenitz (qui continue à nous mettre un de ces vents...). En revanche, un mot sur Rock Howard : le perso est d'une classe folle et objectivement très fort dans la meta, mais personnellement, je n'y arrive pas. Il demande un niveau de skill et une rigueur d'exécution que je n'ai pas dans les doigts. Moi, je joue à l'instinct, à la rage, et puis je ne suis plus tout jeune !
Le cast complet
Un gameplay royal qui démonte tout sur son passage
Si vous cherchez un jeu de combat dynamique, ne cherchez plus : le gameplay de KOF XV est une pure merveille d'équilibrage et de nervosité. On est sur du 3 contre 3 traditionnel (sans tag en plein combat, à l'ancienne), où chaque membre de l'équipe doit être rentabilisé.
Pour les amateurs de versus fighting qui aiment analyser le système au scalpel, SNK a pondu des mécaniques d'une profondeur folle :
Le Shatter Strike (QCF + CD) : C'est la grosse nouveauté défensive/offensive. Pour un coût d'une jauge de Power, ce coup permet d'absorber une attaque adverse (grâce à ses propriétés d'autoguard) et de provoquer un crumple state (l'adversaire s'effondre lentement), ouvrant la voie à des combos dévastateurs. Un outil de mindgame ultime lors des phases de pressing.
Le MAX Mode & MAX Mode Quick : C'est là que le jeu devient hautement technique. Activer le MAX Mode brut booste vos dégâts et votre jauge de garde. Mais c’est le MAX Mode Quick (activable à la suite d'un coup normal ou d'un command move) qui fait briller les joueurs de haut niveau. Il permet d'annuler instantanément l'animation d'un coup pour prolonger un combo à une vitesse vertigineuse, idéal pour placer des Ex Moves sans temps mort.
Le Guard Cancel (Blowback / Roll) : Indispensable pour respirer. Claquer une barre pour faire un Guard Cancel CD (éjecter l'adversaire pendant qu'on bloque) ou une roulade d'esquive est capital pour casser le pressing étouffant de persos comme Vanessa. Cette feature m'a personnellemen toujours préféré KOF aux autres jeux de fight 2D.
Le système de Rush : Toujours présent pour les débutants (marteler le poing faible sort un combo automatique se terminant par une furie), il permet de s'amuser directement sans connaître la frame data par cœur, même si les joueurs confirmés préféreront vite s'en passer pour optimiser leurs dégâts.
Les propriétés de Ground Bounce et Wall Bounce : Pour pousser le vice encore plus loin, SNK a blindé le jeu de coups provoquant des rebonds au sol (ground bounce) ou contre le mur (wall bounce), particulièrement via les versions EX de certains coups spéciaux, ou sur les stand CD. C’est la clé de voûte des combos les plus sales du jeu. Envoyer le mec rebondir contre le coin de l'écran pour le récupérer derrière avec un juggle millimétré, c'est non seulement ultra-gratifiant visuellement, mais c'est surtout le meilleur moyen d'optimiser sa barre de Power pour arracher la moitié de la vie d'un perso en une seule phase. Du pur plaisir les professionels de la profession.
Le rythme est frénétique, les sauts (petit saut, grand saut, saut court) demandent une vraie réactivité, et le plaisir de jeu est immédiat. C'est dynamique, gratifiant, et d'une richesse tactique folle.
Shermie
Technique et habillage : Une belle progression, mais...
Soyons honnêtes : visuellement, le jeu est loin d'être vilain. Il y a un gouffre salutaire par rapport à la patte graphique problématique de KOF XIV. Les effets de lumière lors des furies flattent la rétine et les modèles 3D ont une vraie gueule (surtout nos combattantes préférées, modélisées avec beaucoup de soin au moment des Climax). Mais voilà : pour de la PS5, ça reste très juste. On sent que la bécane de Sony en a encore sous le capot et que SNK n'a pas les budgets pharaoniques de Capcom ou Bandai Namco.
De plus, plusieurs détails fâchent comme par exemple les scènes de dialogue pré-combat qui sont tout simplement merdiques. C'est statique, sans vie, digne d'un jeu d'il y a deux générations.
L'absence des coéquipiers en arrière-plan : quel dommage ! SNK aurait tellement dû réintégrer les équipiers qui réagissent et encouragent en fond de stage, comme à l'époque du début de la série sur NeoGeo. A chaque épisode nouveau de KOF, j'espère le retour de ce détail. Ça redonnerait une âme incroyable aux combats.
Des stages inégaux : si certains décors s'en sortent bien comme le Pao Pao Café ou celui inspiré de Metal Slug vraiment bienvenue, d'autres sont d'une platitude et d'un vide assez tristes (comme le parc d'attraction abandonné et son ciel wallpaper jpeg, ou le stage de glace ou de Chine sans vie).
Un contenu globalement fainéant
C’est le point noir de cette expérience. En dehors de son roster légendaire et de son gameplay aux petits oignons, le jeu est d'une pauvreté crasse en termes de modes solo. Le mode Histoire est ridicule, expédié en une quinzaine de minutes avec une mise en scène plate au possible. Le didacticiel fait le strict minimum et on fait très vite le tour de ce que le jeu propose hors-ligne.
Heureusement que le jeu en ligne sauve la mise avec un Rollback Netcode d'une stabilité exemplaire. Les sessions online sont d'une fluidité parfaite, ce qui est indispensable pour un titre où la frame d'exécution se joue à un cheveu près. Note : N'étant pas abonné au PS+, j'y ai joué en ligne principalement chez des proches.
Le fameux stage Metal Slug
Cette version complète de KOF XV sur PS5 est un indispensable pour tout amoureux de la castagne qui se respecte. Si l'enrobage solo et la technique globale manquent un peu de générosité et de finition pour exploiter pleinement la console blanche de Sony, le jeu compense largement ses lacunes par un roster titanesque de 60 personnages et un système de combat d'une profondeur absolue. Qu'on y joue à l'instinct en mode "bourrin/sac" ou qu'on passe des heures en mode entraînement à décortiquer les cancels, le plaisir est total. Un excellent cru qui prouve que SNK en a encore sérieusement sous le capot.
Vivement le XVI !!!
Fiche Technique: Titre: The King of Fighters XV Développeur: SNK Éditeur: SNK Genre: VERSUS FIGHTING Année: 2022 Autres supports: PC, PlayStation 4, Xbox Series X et S Nombre de joueur(s): 1-2 & Multijoueurs (en ligne) Localisation:
battossai Exact, moi j'ai pris la version boite pour vraiment pas cher, et j'ai acheté les saisons à -70%.
Ca m'a pas coûté grand chose, genre 45€. Il y a que Vice et Mature que j'ai payé plein pot :/
Sinon elle existe en boite sur PS4 jaysennnin Ca m'a pas derangé perso, après je peux comprendre que ça fasse chier les puristes de la pureté. fan2jeux COTW je l'ai en collector lui Va falloir que je le ponce mais j'attends la future saison pour m'y mettre
Le jeu est super. Par contre, que ce soit ce titre ou COTW, va vraiment falloir qu'ils embauchent des personnes pour les effets visuels des coups spéciaux, ils sont dé-gueu-lasses.
Il est trop bien ce jeu.
J'ai regardé et je ne trouve pas de version boite.
Ca m'a pas coûté grand chose, genre 45€. Il y a que Vice et Mature que j'ai payé plein pot :/
Sinon elle existe en boite sur PS4
jaysennnin Ca m'a pas derangé perso, après je peux comprendre que ça fasse chier les puristes de la pureté.
fan2jeux COTW je l'ai en collector lui