Saturn : les jeux japonais les plus improbables de son catalogue
On connaît la Saturn japonaise pour ses shoot'em up, ses jeux de baston, ses RPG et toutes ces exclusivités qui ont fait fantasmer les joueurs européens pendant des années.
Mais il suffit de gratter un peu pour découvrir une autre Saturn.
Une Saturn où l'on peut acheter un « magazine » sur CD-ROM.
Une Saturn où de véritables mannequins japonaises viennent faire leur promotion dans des CD interactifs.
Une Saturn qui accueille des jeux érotiques, des aventures totalement obscures, des expériences multimédias improbables et même des titres hérités directement de l'âge d'or des micro-ordinateurs japonais.
Bref, une Saturn où l'on se demande parfois :
« Mais qu'est-ce que ce truc fout dans ma ludothèque ? »
Et c'est précisément cette partie-là qui m'intéresse.
Précisions : je possède quasiment tous ces jeux dans ma collection
Game-Ware : quand le magazine devient un jeu
Commençons par quelque chose que l'on pourrait facilement prendre pour une curiosité sans grand intérêt : Game-Ware.
Sauf que Game-Ware n'est pas vraiment un jeu.
Il s'agit d'une série de « magazines » distribués sur CD-ROM pour la Saturn japonaise. Au programme : présentations de jeux, vidéos, interviews, publicités, informations diverses et petits jeux. Cinq volumes ont été commercialisés entre 1996 et 1997, les quatrième et cinquième étant même suffisamment imposants pour être proposés sur deux CD. L'idée paraît presque banale aujourd'hui.
Mais en 1996, avoir un magazine qui n'est plus un magazine mais un CD que l'on insère dans sa console pour regarder des vidéos, consulter des informations et jouer à des petits programmes, c'est quand même quelque chose.
Et certains de ces petits jeux sont aujourd'hui devenus des curiosités à part entière.
Par exemple, Ejihon Tantei Jimusho, un petit jeu de recherche dans lequel il faut trouver un caractère japonais différent perdu parmi une multitude de caractères identiques.
Ejihon Tantei Jimusho
Le jeu avait été développé à l'origine pour le système d'arcade Sega Titan Video, très proche techniquement de la Saturn. Sa version Saturn n'a même jamais été commercialisée seule : elle s'est retrouvée dans Super Prologue 21 et dans certaines éditions de Game-Ware.
On est donc déjà dans le genre de détail complètement inutile... Et absolument passionnant pour un collectionneur.
La Saturn faisait aussi dans le « photobook » interactif
Autre catégorie totalement improbable : les Private Idol Disc.
Le principe est difficile à imaginer aujourd'hui sous cette forme.
Genki commercialise des CD-ROM consacrés à de véritables gravure idols japonaises. Au programme on retrouve des : Photos. Vidéos. Interviews. Petits jeux. Quiz.
Et évidemment, tout cela avec la personne concernée mise en avant comme si la Saturn était devenue un mélange de console, de magazine people et de photobook numérique.
Le premier volume, consacré à Yū Kinoshita, sort en 1996. Il contient une galerie de photos, des séquences vidéo et même un petit jeu de pierre-feuille-ciseaux.
Et ce n'est pas un cas isolé.
Il y aura notamment des volumes consacrés à Satomi Yoshida, Kaori Asō ou Mayumi Hirose. Certains proposent également des interviews vidéo et des quiz.
Le fameux premier volume.
Imaginez le concept transposé en France en 1996 : un CD Saturn consacré à une mannequin connue, avec ses photos, ses vidéos et un petit jeu pour interagir avec elle.
C'est tellement typique de cette époque que ça en devient fascinant.
Et évidemment à côté de tout ça on avait droit à... des jeux beaucoup plus coquins !
La Saturn japonaise n'allait évidemment pas échapper au phénomène des jeux destinés à un public adulte.
On trouve notamment toute une famille de dating sims et d'adaptations de jeux PC japonais.
Dōkyūsei en est probablement l'un des exemples les plus connus aujourd'hui : le jeu avait été créé à l'origine sur PC-9801 en 1992 par Elf avant d'arriver sur Saturn sous le nom de Dōkyūsei if... en 1996..
Et contrairement à l'image que l'on pourrait avoir d'un simple « jeu érotique », Dōkyūsei avait déjà une particularité intéressante : ses personnages féminins étaient davantage développés que dans beaucoup de productions adultes de l'époque.
La Saturn accueillera ensuite Kakyūsei et Dōkyūsei 2.
Ces titres japonais étaient identifiés comme destinés à un public adulte et comportaient notamment des scènes de nudité en pixel art.
Dōkyūsei 2.
Et lorsqu'on commence à explorer cette catégorie, le catalogue devient rapidement très fourni. Certains jeux sont de véritables visual novels, d'autres mélangent aventure, simulation et romance.
Et certains ne cherchent même plus vraiment à cacher leur objectif premier.
Ousama Game : les gravure idols passent au FMV
Et là, on tombe sur un autre niveau, à savoir Ousama Game, sorti en 1998. Deux CD. Des séquences en vidéo réelle. Des gravure idols. Et un principe basé sur des jeux et des défis.
Ce titre est aujourd'hui une véritable curiosité du catalogue japonais, notamment parce qu'il utilise massivement la vidéo Full Motion Video et met en scène huit gravure idols.
Ce genre de production rappelle une chose importante : la Saturn japonaise n'était pas seulement une machine destinée à faire tourner des jeux.
Le CD-ROM était aussi devenu un support permettant de vendre des expériences multimédias. Et certains éditeurs en ont franchement profité.
Mais le plus fou vient peut-être des vieux ordinateurs japonais. C'est là que les choses deviennent vraiment intéressantes pour les amateurs de rétro.
Parce que certains jeux Saturn ne viennent pas vraiment de l'histoire traditionnelle des consoles.
Ils viennent de beaucoup plus loin, de la grande époque des micro-ordinateurs japonais : (PC-88, PC-98, MSX, X68000).
Des machines qui ont accueilli des centaines de jeux dont nous n'avons parfois jamais entendu parler en Europe (ce que l'exemple suivant ne va pas montrer d'ailleurs puisque le jeu est sorti chez nous).
Riglord Saga, un héritier adultérin de Xak
Et certaines de ces vieilles licences vont réapparaître sur Saturn au milieu des années 90. Un exemple particulièrement intéressant est Xak / Fray. Sur MSX2 et PC-88, le studio Micro Cabin régnait en maître du Tactical/Action-RPG micro avec sa saga phare Xak (et son spin-off Fray).
Lors du passage à la 32-bits de Sega, Micro Cabin n'a pas développé un Xak IV, mais a repris l'exacte formule technique et l'héritage de ses jeux d'action/tactique micro pour créer :Riglord Saga (1995 - Saturn) / Mystaria chez nous et sa suite Riglord Saga 2 (1996 - Saturn) uniquement au Japon.
Les amateurs de RPG MSX retrouvent dans Riglord Saga l'ADN typique du studio : une patte graphique très "PC micro japonaise", un système de magie basé sur l'élémentalisme identique à Xak, et l'humour caractéristique de leurs productions MSX/PC-88.
Riglord Saga est sorti en Europe sous le nom de Mystaria.
Un joueur occidental peut acheter en 1996 une console Sega et découvrir qu'elle fait tourner des descendants de jeux qui étaient apparus dix ans plus tôt sur des ordinateurs dont il n'avait probablement jamais entendu parler.
Segata Sanshirō Shinken Yūgi
Et là j'ai envie de dire stop, car on va aborder le célèbre Chuck Norris japonais... Le personnage publicitaire de Sega, Segata Sanshirō, était déjà complètement fou : un maître de judo qui tabasse les gens parce qu'ils ne jouent pas à la Saturn. Sega en a ensuite fait son propre jeu Saturn, composé de mini-jeux permettant notamment de débloquer ses publicités télévisées.
Et les pubs sont un festival de n'importe quoi : Segata casse des blocs de béton avec son crâne, frappe une balle de baseball avec son pied, patine pieds nus plus vite qu'un champion olympique, etc. Le jeu contient même 19 publicités à débloquer selon un guide de l'époque.
Segata Sanshirō : sa vie, son oeuvre.
Cat the Ripper : 13-ninme no Tanteishi
Voilà un titre qui mérite largement sa place ici. Cat the Ripper: 13-ninme no Tanteishi, sorti le 18 juillet 1997.
Rien que le titre donne envie de savoir ce qui se cache derrière. Il s'agit d'un jeu d'aventure de type point & click, développé et publié au Japon par Tonkin House. Et surtout, il est resté totalement japonais : pas de sortie européenne ni américaine.
Le jeu est aujourd'hui tellement discret qu'il est assez facile de passer à côté lorsque l'on consulte les listes de jeux Saturn.
C'est exactement le genre de titre que j'aime retrouver en fouillant une ludothèque japonaise : pas une grosse exclusivité Sega, pas un shoot'em up hors de prix, mais un petit jeu d'aventure dont pratiquement personne ne parle. Et c'est aussi ça, la Saturn japonaise. Elle ne se résume pas à ses grands classiques.
Elle possède une quantité incroyable de petites productions dont on découvre parfois l'existence trente ans plus tard.
Nanatsu no Hikan : sept demeures et beaucoup de mystères
Dans le genre « mais pourquoi je n'en avais jamais entendu parler ? », Nanatsu no Hikan est particulièrement savoureux. Le jeu sort sur Saturn le 5 avril 1996 chez Koei et tient sur trois CD. Il s'agit d'une aventure à la première personne construite autour de sept mystérieuses demeures disposées sur une île selon la forme de la Grande Ourse.
Le personnage principal est envoyé enquêter sur ces propriétés héritées de sa famille. Derrière les demeures se cachent évidemment des secrets, des énigmes et une histoire beaucoup plus compliquée qu'elle n'en a l'air.
Koei a même fait appel à l'écrivain Kageki Shimoda pour le scénario, tandis que des séquences en prises de vues réelles interviennent pendant l'aventure.
Et là encore, on est face à un jeu qui résume parfaitement cette période. Trois CD. Une aventure mystérieuse. Des acteurs réels. Des voix japonaises. Une histoire de demeures construites comme la constellation de la Grande Ourse. Et absolument aucune localisation occidentale.
Le jeu connaîtra même une réédition dans la gamme Koei Best Collection et une étonnante compilation avec Myst, sortie en 1997 sous le nom Adventure Pack: Nanatsu no Hikan & Myst. Franchement, difficile de faire plus Saturn japonaise (même si il est aussi sorti sur Playstation et PC, mais chut ne me cassez pas mon délire).
Cyber Doll : le RPG cyberpunk dont personne ne parle
Et puis il y a Cyber Doll. Celui-là, c'est un autre genre d'ovni.
Sorti le 9 août 1996, ce RPG développé par Betop et publié par I'Max est une exclusivité Saturn japonaise.
Son univers est franchement particulier : un monde futuriste ravagé par une maladie et dans lequel l'humanité a recours aux prothèses et aux technologies cybernétiques.
Et pour donner une vraie personnalité au jeu, la société I'Max a fait appel au character designer Yasushi Nirasawa, connu pour ses créatures et ses designs particulièrement organiques et torturés. Nirasawa travaillera plus tard sur d'autres productions célèbres, notamment Enemy Zero et Deep Fear.
Mais le détail qui rend Cyber Doll particulièrement intéressant est son système de combat.
Les différentes parties du corps possèdent leurs propres points de vie.
On peut donc viser les jambes d'un ennemi pour l'empêcher de se déplacer, ou attaquer certaines parties spécifiques avec différentes armes.
Pour un RPG Saturn obscur de 1996, le système est finalement beaucoup plus sophistiqué qu'on pourrait le penser.
Et surtout, il s'agit d'une véritable exclusivité japonaise.
Pas de version PlayStation. Pas de sortie occidentale. Pas de grande campagne marketing internationale.
Juste un RPG cyberpunk sorti sur Saturn au Japon et qui a tranquillement disparu dans les profondeurs de son catalogue.
Aujourd'hui encore, Cyber Doll fait partie des jeux Saturn qui suscitent suffisamment de curiosité pour qu'une traduction amateur anglaise soit en cours de développement.
Et puis il y a les jeux dont le concept est impossible à expliquer
C'est probablement la catégorie que je préfère.
Funky Head Boxers.
Un jeu de boxe avec des têtes complètement improbables.
Hyper 3D Taisen Battle: Gebockers.
Rien que son nom donne envie de savoir ce que les développeurs avaient consommé avant de commencer le projet.
Free Talk Studio: Mari no Kimama na O-Shaberi.
Un programme qui ressemble davantage à une émission de discussion interactive qu'à un jeu traditionnel.
Lifescape : la science avec conscience
Des logiciels éducatifs et scientifiques qui montrent encore une fois que la Saturn japonaise pouvait servir à autre chose qu'à massacrer des adversaires dans Virtua Fighter.
On trouve même des logiciels de programmation comme Game BASIC for Sega Saturn. Et oui, on pouvait programmer sur sa Saturn !
Alors la Saturn était-elle finalement une console bizarre ?
Pas vraiment en fait. C'est plutôt notre vision occidentale de la Saturn qui est incomplète. Hein Marcus ?
Allez sans rancune.
Chez nous, le catalogue a été relativement concentré autour des jeux que Sega pensait pouvoir vendre à l'international. Au Japon, la situation était très différente.
La machine s'inscrit dans un marché où le CD-ROM est déjà extrêmement important, où les visual novels sont populaires, où les micro-ordinateurs ont une longue histoire, où les idols font partie de la culture populaire et où les logiciels multimédias peuvent trouver leur public.
La Saturn accueille donc un peu tout : des jeux d'arcade bien sûr, des RPG, des shoot'em up, des visual novels, des dating sims, des logiciels éducatifs, des CD de mannequins, des magazines numériques, des jeux pour adultes, des expériences sonores, des adaptations de vieux jeux informatiques.
Et des OVNI dont il est parfois difficile de comprendre pourquoi quelqu'un s'est dit :
« Allez, celui-là, on le met sur Saturn. » L'un des exemples les plus incroyables est le jeu du dessous :
Real Sound : jouer sans regarder l'écran
Real Sound: Kaze no Regret est développé par Warp, la société du regretté Kenji Eno, déjà responsable de D ou Enemy Zero sur la même machine.
Le concept est simple à expliquer et pourtant complètement fou : il n'y a pratiquement rien à regarder.
L'écran reste noir et l'aventure se déroule essentiellement par l'intermédiaire du son. Le joueur écoute les dialogues, les bruitages et la musique, puis intervient à certains moments pour effectuer des choix. Le jeu a été conçu afin que les personnes malvoyantes puissent profiter de l'expérience au même titre que les joueurs voyants.
On est donc devant un jeu Saturn qui remet complètement en question le principe même du jeu vidéo.
À une époque où les constructeurs se livraient une guerre à coups de polygones, de textures et de Full Motion Video, Kenji Eno proposait tranquillement un jeu dans lequel l'écran ne sert quasiment à rien.
Et le plus beau dans l'histoire, c'est que l'idée lui serait venue après avoir reçu des lettres de joueurs malvoyants qui lui expliquaient qu'ils jouaient malgré tout à ses jeux. Eno a alors voulu créer une expérience que les joueurs voyants et malvoyants pourraient partager.
Voilà le genre de chose que l'on découvre quand on commence à fouiller le catalogue japonais de la Saturn.
Et c'est justement ça qui rend la Saturn japonaise passionnante car quand on collectionne la Saturn, on finit forcément par connaître les grands classiques comme Radiant Silvergun, Soukyugurentai, Battle Garegga, Shining Force III, Panzer Dragoon Saga, Street Fighter Zero 3, Nights, Sega Rally, Daytona USA etc...
Mais il suffit ensuite de commencer à regarder les références japonaises les plus obscures pour découvrir une console complètement différente.
Une console qui pouvait être une machine de jeu, un lecteur multimédia, un magazine électronique, un photobook interactif, une machine à visual novels ou même un outil de programmation.
On ne sait jamais vraiment ce que l'on va trouver derrière une jaquette.
Et après plus de trente ans, il reste encore quantité de ces petites bizarreries qui n'ont jamais quitté le Japon et dont la plupart des joueurs occidentaux n'ont même jamais entendu parler.
Finalement, la Saturn japonaise n'est peut-être pas seulement une console : c'est la boîte à surprises de Sega.
Pour ceux que ça intéresse depuis plusieurs années City Connection au Japon s'occupe de porter sur PC, Switch, Playstatiin, ou Xbox des jeux Saturn sous le label ''Saturn Tribute''. Bien-sure on est loin d'avoir toute la ludothèque mais c'est déjà un très grand pas !
Dans la catégorie des « jeux » invraisemblable, impossible de faire mieux que les Private Idol Disc, tout simplement lunaire pour l’époque.
D’ailleurs je me demande si c’est pas grâce à cette gamme que la Saturn s’est bien vendue à domicile ?
Si mes souvenirs sont bons, elle s’était écoulée à plus de 5 millions d’exemplaires, un score très honorable pour l’époque.
Et sachez que jusqu’à la sortie de FF 7, la console de SEGA se vendait un peu mieux que la PS1.
Et pour répondre à Marcus, effectivement la Saturn était une mauvaise console pour nous les occidentaux, mais une excellente console pour les japonais.
Super dossier merci alexkidd !
La Saturn est probablement la console dont l'aura est la plus différente entre le Japon et l'occident, si on ajoute les modules MPEG et CD Photo (assez sous-exploités, hormis pour les concepts que tu évoques) et le modem + clavier, c'est une console qui reflète bien son époque : l'essor du multimédia et un El Dorado de possibilités devant elle.
Pour ceux que ça intéresse depuis plusieurs années City Connection au Japon s'occupe de porter sur PC, Switch, Playstatiin, ou Xbox des jeux Saturn sous le label ''Saturn Tribute''. Bien-sure on est loin d'avoir toute la ludothèque mais c'est déjà un très grand pas !
22 j'allais écrire "spice di conasse", mais j'aurais été borderline
D’ailleurs je me demande si c’est pas grâce à cette gamme que la Saturn s’est bien vendue à domicile ?
Si mes souvenirs sont bons, elle s’était écoulée à plus de 5 millions d’exemplaires, un score très honorable pour l’époque.
Et sachez que jusqu’à la sortie de FF 7, la console de SEGA se vendait un peu mieux que la PS1.
Et pour répondre à Marcus, effectivement la Saturn était une mauvaise console pour nous les occidentaux, mais une excellente console pour les japonais.
La Saturn est probablement la console dont l'aura est la plus différente entre le Japon et l'occident, si on ajoute les modules MPEG et CD Photo (assez sous-exploités, hormis pour les concepts que tu évoques) et le modem + clavier, c'est une console qui reflète bien son époque : l'essor du multimédia et un El Dorado de possibilités devant elle.
Par forcement faux