En plus d'incarner l'adaptation parfaite d'un film à succès, la version Nintendo 64 de Goldeneye réussi à imposer le fait que les FPS avait aussi leur place sur consoles, en solo comme en multi. Treize ans plus tard, Activision revient sur ce titre culte avec une aventure complètement métamorphosée. Le charme va-t-il encore opérer ?
Pour cette nouvelle version,
Activision Blizzard a confié la tâche à
Eurocom, un développeur à qui on doit quelques sympathiques titres comme
Dead Space Extraction. De plus, les petits gars sont loin d'être des quiches concernant l'espion préféré de Sa Majesté puisqu'ils ont œuvré sur la version PS2 de
Quantum of Solace, l'opus
Nightfare ou encore
Le Monde ne suffit pas sur
Nintendo 64. Le titre n'a donc aucun mal à offrir l'ambiance chère à la licence, avec toutefois quelques remaniements importants par rapport à l'original comme un changement de casting pour des histoires de droits et afin de mieux coller aux derniers films.
Exit Pierce Brosnan donc, place à Daniel Craig, relativement bien modélisé. Un constat qu'on retrouve avec les autres personnages importants : Alec Trevelyan (006), Xenia Onatopp, Natalya Simonova, Valentin Zukovsky, etc. Double déceptions pour les fans : l'absence injustifiée de Boris Grishenko et un doublage français qui fait souvent froid dans le dos.
La campagne malheureusement jouable uniquement en solo a subi quelques changements d'importance. Si certains niveaux montrent quelques rapprochements avec l'opus sur
Nintendo 64 (les deux premiers surtout, pour le barrage et l'attaque des silos), les autres sont juste méconnaissables, avec même quelques surprises comme le niveau de la boîte de nuit plutôt bien foutu. Pour autant, l'histoire reste inchangée et ces changements permettent de réactualiser l'histoire et donne un aperçu de ce que donnerait le film s'il sortirait aujourd'hui en salle. On a donc droit à un surplus d'action, mais aussi un tas de passages scriptés pour accentuer le spectacle, nous donnant parfois l'impression qu'on est davantage devant un nouveau
Call of Duty. Le genre de point qui ne sera peut-être pas apprécié par tous. Tout cela ne serait rien sans des graphismes à la hauteur et, rassurez-vous, les développeurs ont fait du bon boulot avec avant quelques beaux effets pour pallier aux limites de la machine.
Pour comprendre comment fonctionne le jeu, dites vous que la majeure partie des niveaux (quinze en tout) sont en quelque sorte découpés en plusieurs parties. Evidemment linéaire, le parcours nous demandera de faire face à plusieurs ennemis, généralement bien armés. Vous pouvez donc opter pour l'approche discrète en plaçant quelques headshots au silencieux et en balançant quelques attaques critiques au corps-à-corps en les approchant dans le dos. On aura même parfois l'occasion de pirater des tourelles de sécurité pour les retourner contre l'adversaire pour ensuite regarder le massacre planqué dans l'ombre. En revanche, si vous êtes vus et que vous n'avez pas le temps de décocher une balle à l'adversaire avant qu'il ne prévienne ses potes, le gameplay change soudainement du tout au tout avec des tas de gardes qui arrivent dans tous les sens, parfois pas loin derrière vous alors que vous aviez fait le ménage deux minutes avant. De quoi faire parler la mitrailleuse… Une fois que tout le monde est au sol, le calme revient soudainement pour que vous puissiez rejouer les ombres dans la zone suivante. Les niveaux étant bien construits, la formule fonctionne plutôt bien. Une fois encore, ce ne sera peut-être pas l'avis des fans de la saga qui y verront une sorte d'espion-Rambo qui n'a d'ailleurs que son téléphone portable comme gadget pour pirater et prendre quelques photos. La montre-laser, ça avait quand même plus de classe !
Si la campagne nous prendra environ huit heures en mode normal (un exploit de nos jours !), les amateurs de challenge auront tout intérêt à reprendre l'aventure dans les plus hauts modes de difficulté pour avoir de nouveaux objectifs, rallongeant la durée de vie, et une santé qui ne remonte plus. On a aussi droit à un mode contre-la-montre, certes moins intéressant. Mais quand on parle de nos expériences passées sur
Goldeneye, c'est évidemment le multijoueurs qui revient la plupart du temps.
Eurocom avait donc tout intérêt à assurer à ce niveau. De l'eau a certes coulé sous les ponts et il est donc impossible de reprendre la même claque qu'à l'époque mais il y aura largement de quoi s'amuser déjà en local avec du splitté à quatre (pas de bots malheureusement) et une poignée de modes de jeu et de cartes qui pourront sans cesse être relancé grâce à des options allant du classiques paint-ball ou « sans radar » à quelques délires comme des grenades qui rebondissent dans tous les sens. Et n'oublions pas l'indispensable Golden
Gun qu'on ne présente plus.
Histoire de palier à l'absence de bots, on assiste donc à l'arrivée d'un mode online qui a le mérite de tenir en haleine malgré quelques habituels tricheurs. Activision oblige, on peut d'ailleurs gagner de l'expérience en fonction de nos performances pour pouvoir ensuite choper de nouvelles armes et modes de jeu. De quoi faire. Terminons sur la jouabilité très accessible dès l'instant où on privilégie la manette classique à la Wiimote, cette dernière offrant des choix pas toujours judicieux comme les coups au corps-à-corps en secouant le Nunchuk.
Sans être aussi culte que l'opus original, ce qui est aujourd'hui presque impossible, cette nouvelle version de Goldeneye a le mérite de nous avoir fait passer de très bons moments, en solo évidemment mais surtout en multi. Les fans regretteront un coté trop action mais ce serait dommage de passer à coté d'un des meilleurs FPS sur Wii, et surtout d'une des meilleures adaptations de l'espion anglais.