Un Wario Ware pépère
Il y a des concepts qui, sur le papier, ressemblent à de sombres opérations marketing et qui, une fois en main, se révèlent être de sacrées bonnes surprises. Ultimate NES Remix fait partie de cette catégorie. Sorti au Japon le 24 avril 2014 (sous le nom Famicom Remix Best Choice) avant de débarquer chez nous le 7 novembre 2014, le titre s’annonçait comme la compilation ultime des deux épisodes nés sur Wii U.
Alors, évacuons tout de suite le débat : n'ayant jamais touché aux versions Wii U, contrairement à mon historique sur Street Fighter II où le comparatif avec l’arcade sautait aux yeux, je ne vais pas m'amuser à mesurer les différences. Le contenu est paraît-il plus faible sur portable ? On s'en fiche complètement, l'expérience se juge ici, sur 3DS, et nulle part ailleurs.
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la formule fonctionne, transformant le patrimoine de Nintendo en un buffet de micro-épreuves ultra addictif.
Voilà les classiques contenus dans la carte
Une compilation de souvenirs... parfois douloureux
Le principe est simple : picorer dans 16 classiques de la NES à travers des défis chronométrés de quelques secondes. On saute, on tue trois ennemis, on ramasse un objet, et on passe à la suite. Une excellente idée qui, au passage, m'a permis de clarifier mes sentiments profonds sur certains piliers de l'histoire du jeu vidéo.
Car si j'ai trouvé les défis de Super Mario Bros. 2 Japan (The Lost Levels) étonnamment simples et pas difficiles du tout, le reste du casting a été l'occasion d'un grand déballage de haine et d'amour :
---> Cette compil a définitivement confirmé ma détestation de Punch-Out!! (beurk).
---> Elle a acté mon désamour total pour Kirby's Adventure (je déteste profondément ce jeu, les contrôles me rendent dingues !!).
---> Elle m'a rappelé qu' Excitebike n'est franchement pas "excitant" du tout (pardon, il fallait que le jeu de mots sorte).
---> Je ne suis pas vraiment fan de Mario Bros. classique, et Balloon Fight (que je ne connaissais que de nom, n'oubliez pas que j'ai eu la Master System petit) s'est avéré être une véritable épreuve de force pour mes nerfs.
Heureusement, pour le reste de la sélection, ça passe crème. En revanche, le niveau monte d'un cran quand on s'attaque aux défis Remix 1 et 2, ainsi qu'au stage Bonus. Là, on touche à des challenges bien plus corsés, voire carrément durs pour le Bonus, qui demandent une concentration maximale. Mention spéciale à Super Mario Bros. 3 et Dr. Mario, dont les défis m'ont donné un sacré fil à retordre !
Mais le vrai coup de génie de ces niveaux Remix, c'est leur côté totalement WTF. Le jeu s'amuse à briser le continuum espace-temps de Nintendo en mélangeant les univers de façon complètement folle : on se retrouve par exemple à contrôler Link (qui ne peut pas sauter !) dans un niveau de Donkey Kong, ou aller sauver Peach de Super Mario Bros. avec... Peach de Super Mario Bros. 2 avec une vanne bien sentie. C'est absurde, c'est super bien pensé, et ça redonne un coup de jeune immédiat à ces vieux pixels. D'ailleurs que Nintendo a été sage au niveau de l'humour, il y avait de quoi s'amuser mais bon.
Les jeux qu'on aurait aimé avoir aussi, tant pis
Des modes annexes un peu en roue libre
À côté du gros morceau des défis, Nintendo a greffé deux modes pour gonfler la cartouche. Le premier, c'est Speed Mario Bros., qui est exactement ce que son nom indique : le jeu original complet, mais propulsé à une vitesse x2. Ayant déjà retourné le soft de base un nombre incalculable de fois, et le speedrun me laissant totalement de marbre, j'ai poliment appuyé sur "Next" sans m'y attarder.
Le second, c'est le Championship Mode. Derrière ce nom ronflant se cache en réalité un enchaînement assez anecdotique de trois épreuves issues de Super Mario Bros., Super Mario Bros. 3 et Dr. Mario. C'est sympatoche pour tenter de gratter un score, mais sans plus, on n'y revient pas toutes les semaines.
Un catalogue solide mais des invités manqués
Au final, le concept global est une franche réussite. Avec ses 16 jeux, sa durée de vie très solide et ses challenges costauds, il y a de quoi faire. Mais on ne peut s'empêcher de ressentir une légère frustration face au line-up. Histoire de droits obliges, on se doute bien que Nintendo a fait avec ce qu'il possédait à 100%.
Pourtant, qu'est-ce que j'aurais aimé voir débouler des monuments tiers comme Castlevania, Double Dragon II, Ghosts 'n Goblins, Ninja Gaiden (Shadow Warrior) ou les mythiques Tortues Ninja ! Même dans le catalogue propre de Nintendo, l'absence de Tetris, Soccer ou Tennis se fait sentir. Même un petit Duck Hunt avec une jouabilité au stylet aurait pu être marrant sans trop biaiser le matériel original. Le jeu manque cruellement de jeux de sport, ce qui aurait pu varier encore plus les plaisirs.
À cause de cela, le jeu souffre d'un petit syndrome de répétition. À la longue, le concept s'avère un peu lassant. On enchaîne les étoiles, on s'amuse, mais on est surtout content de le compléter à 100% pour enfin passer à autre chose.
Un jeu 1, 2, ou 3 étoiles (voire 3 étoiles rainbow) ?
Ultimate NES Remix est un très bon jeu qui remplit parfaitement son contrat de divertissement immédiat. Ce concept de mini-épreuves nerveuses s'est révélé être un excellent compagnon de voyage, idéal pour tuer le temps dans un hall d'aéroport entre deux vols.
Bien qu'il ait un peu de mal à se renouveler sur le long terme et qu'il recycle parfois trop les mêmes licences, il n'en reste pas moins une expérience hautement recommandable. Un plaisir coupable, idéal pour des sessions courtes, qui prouve que le gameplay d'antan a encore de sacrés restes lorsqu'il est découpé en rondelles de fun.
Fiche technique: Titre original: Famicom Remix Best Choice Développeur: indieszero Editeur: Nintendo Genre: MINI GAMES Année: 2014 Autres supports: - Nombre de joueur(s): 1 Localisation: