Phil Lord et Christopher Miller, les créateurs des films « Tempête de boulettes géantes » et « La Grande Aventure LEGO », ont mis leur talent unique au service d’une vision inédite en créant
Spider-Man : New Generation, doté d’un style visuel révolutionnaire, le premier d’une trilogie de ce genre est réalisé par Bob Persichetti, Peter Ramsey et Rodney Rothman, aidés par le chef créateur Justin K. Thompson (Samurai Jack, Star Wars: The Clone Wars) qui a participé à ce projet ambitieux.
Phil Lord et Christopher Miller : "Ce qui nous a attirés dans le Spider-Verse, c’est la possibilité de revisiter l’histoire de Spider-Man pour la raconter d’une manière totalement inédite et révolutionnaire à destination des nouvelles générations. Le film explore sous un nouvel angle les aventures de ce jeune homme qui devient un super-héros, tout en abordant des thèmes plus largement universels comme le passage à l’âge adulte ou le fait d’agir pour ce en quoi l’on croit et de trouver sa place dans le monde."
La réalisation du tout premier long métrage d’animation Spider-Man a été l’occasion d’explorer un nouveau style visuel inspiré de l’esthétique des comics. Cette esthétique assez novatrice donne l'impression que le spectateur feuillette et regarde de véritables pages de comics en mouvement.
L’équipe d’Imageworks s’est notamment inspirée des imperfections de l’impression offset ; le superviseur des effets visuels Danny Dimian explique :
"Nous avons remarqué que parfois, lors de l’impression des comics, les cylindres des presses offset n’étaient pas parfaitement alignés et que le décalage donnait l’illusion que l’image imprimée n’était pas nette. Cela nous a poussés à explorer des façons de jouer avec la mise au point de la caméra en s’inspirant des techniques d’impression offset. Quand les différentes passes de couleur n’étaient pas correctement réglées, l’image de la BD obtenue était floue, l’œil avait de la difficulté à accommoder. Nous avons donc flouté et décalé l’image de la même façon qu’une page de bande dessinée mal imprimée, et cela crée une sensation vraiment cool, l’illusion que l’image a été imprimée sur l’écran."
L’esthétique globale du film a été guidée par la vision des artistes, qui ont privilégié le design et le style plutôt que la précision ou le réalisme. Les artistes ont été encouragés à expérimenter et à tester de nouvelles idées sans se soucier des éventuelles perturbations que cela pourrait causer dans le processus de production. Afin de s'adapter à ce nouveau style visuel, diverses techniques innovantes ont été développées, notamment sur le rigging (squelettage), l'animation des traits du visage et les effets 2D dessinés à la main.
Alberto Mielgo, le directeur artistique de la première phase de création du film, a d’ailleurs remarqué le travail d’un couple de graphistes : Jessica Rossier et Bastien Grivet ont tous deux imaginé les décors et environnements du film pendant deux ans, depuis leur petite maison de Montbazin.
Into the Spider-Verse est le résultat d’un mélange de nombreux nouveaux styles de rendu, associés à des éléments dessinés à la main.
Pour créer cette animation « saccadée », le nombre d’images par seconde est passé de 24 à 12, une animation en deux secondes donc, pour un aspect net et vif à la fois. Pour parler des personnages, Spider-Man Noir est animé manière rigide avec des contrastes noirs et blancs, Peni Parker a été conçue dans un style d’animation japonaise traditionnelle et Spider-Ham avec un dynamisme cartoonesque assez loufoque ; trois styles d’animation pour un résultat qui s’incorpore étonnamment bien avec le reste des décors et autres personnages.
Josh Beveridge, responsable de l’animation des personnages : « "Notre plus grand défi était de trouver l’équilibre entre le côté cartoon et le réalisme. Pour créer la meilleure version animée des comics, nous avons dû oublier et repenser notre façon de voir les choses. Cela nous a conduits à modifier le nombre d’images par seconde pour obtenir cette version stylée et vibrante dans l’esprit pop art. Quand on tourne Spider-Man en prises de vues réelles, c’est difficile de mettre le personnage dans les fantastiques positions caractéristiques des bandes dessinées parce qu’il faut composer avec les lois de la physique. L’animation, elle, nous permet d’oublier ces lois pour obtenir le résultat que l’on veut sans être limité par les contraintes de la réalité. Nous avons travaillé dur pour créer une animation en 2s (soit 12 images par seconde au lieu de 24), pour travailler avec des simulations et des mouvements complexes de caméra. Nous ne voulions pas une image trop saccadée, ni trop fluide. On voulait un aspect net, vif, qui frappe le spectateur. Chez Sony Pictures Imageworks, nous avons un pipeline de production très solide, et je pense que ce film nous aura amenés à le modifier pour les projets à venir."
Cette esthétique des comics si particulière est le fruit d'un long processus d'essais et d'expérimentations infructueuses avant d'atteindre ce résultat. Inspiré du travail de Sara Pichelli, co-créatrice de Miles Morales, Into the Spider-Verse a nécessité jusqu’à 140 animateurs ; le film a été dédié à la mémoire des créateurs de Spider-Man, Stan Lee et Steve Ditko, tous deux décédés en 2018.
Sa suite Across the Spider-Verse voit les choses en grand, chez Sony Pictures Animation et Sony Pictures Imageworks, les artistes se sont surpasser pour dépasser les prouesses du premier film, se déroulant dans 6 dimensions différentes, le film compte 240 personnages pour un travail qui a nécessité 1000 animateurs.
Parmi les univers parallèles parcourus dans Across the Spider-Verse, celle de Gwen (Terre-65) à été conçu comme une aquarelle vivante ou les couleurs et arrières plans changent en fonction des émotions de Gwen, ce style est puisé par des BD de Gwen Stacey/Ghost-Spider.
Pour la dimension de Pavitr Prabhakar (Terre-50101) le Spider-Man India, les équipes ont pris comme référence le style des albums indiens Indrajal Comics des années 70 pour imaginer ce mélange entre Manhattan et Mumbai. Pour donner cette texture façon papier, l'animation mise en grande partie sur des textures épaisses et des lignes de crayon volontairement laissé apparent.
Tandis que l’univers de Spider-Punk puise ses racines dans l’âge d’or du mouvement punk londonien, ou les artistes ont puisé son inspiration dans la presse, les BD et les visuels de l'Angleterre des années 70, la dimension de Miguel O’Hara, Nueva York a été influencé par des œuvres de Ron Bobb et Syd Mead, deux grands génies qui ont profondément façonné l'esthétique du cinéma de science-fiction.
Grâce aux nouveaux outils développés par Sony Animation, l'intégration entre l'esthétique 2D et le rendu 3D gagne davantage en fluidité, le logiciel Rebelle a par exemple été utiliser pour animer et illustrer l'univers aquarelle de Gwen. Afin de préserver l’aspect dessiné à la main tout en restant sur support numérique, les artistes ont impérativement utilisé l’outil Kismet pour élaborer les scènes du Vautour version « papier ».
Patrick O’Keefe, chef-décorateur : "À une époque, chacun se contentait de dessiner sur une feuille de papier et on percevait l’intention et le coup de crayon de l’artiste. Pour un film de cette envergure, on doit recourir à un dispositif en 3D. C’est par ailleurs inhérent au style de narration et pourtant, on voulait retrouver ces techniques traditionnelles au cœur même des images nées des technologies les plus récentes. On a donc développé des outils nouveaux pour tracer un contour à l’encre pour nos personnages lorsqu’ils se déplacent à travers l’espace – au lieu d’utiliser un nuanceur, les traits semblent ‘baver’ un peu comme lorsqu’on utilise une technique par couches successives de peinture".
Across The Spider-Verse à nettement plus d’ambition quand on connaît maintenant son énorme succès, mais elle n’est pas non plus sans conséquence. Avec une production assez chaotique dans le fond, ou une centaine d’animateurs aurait quitté le navire dû à un rythme de travail insoutenable pendant un an, l’organisation désastreuse de Phil Lord et ces nombreux changements demandés sur des plans finis ont nettement retardé la production.
Beyond The Spider-Verse, la conclusion et dernier de cette fabuleuse trilogie arrivera le 16 juin 2027 au cinéma.
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