Bonjour M. Minel et merci de nous avoir accordé cette interview. Pourriez-vous tout d’abord vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas encore ? En quoi consiste exactement votre travail au sein de Nintendo France ? Mon nom est Mathieu Minel, je suis arrivé chez Nintendo France en décembre 1998 et j’étais Chef de Produits Nintendo 64 durant cette période. J’ai ensuite été chargé d’organiser le lancement de la Nintendo GameCube, et vers la fin de l’année dernière je suis passé Responsable Marketing au sein du groupe avec donc une responsabilité plus diffuse sur l’ensemble des produits Nintendo. Comme vous le savez, Laurent Fischer, qui était quant à lui Directeur Marketing de Nintendo France, vient d’être nommé Directeur Marketing européen pour Nintendo Europe, il prendra ses nouvelles fonctions début mars à Grossostheim en Allemagne. Nous sommes donc actuellement en train de travailler sur une réorganisation du service Marketing chez Nintendo France et nous éviterons cette fois une séparation des fonctions entre consoles portables et consoles de salon comme c’était le cas jusqu’à présent. Nous sommes donc en pleine période de recrutement et de réflexion, nous avons de nombreux projets «diaboliques» que nous essayerons de mettre en place rapidement. Quel est le bilan de Nintendo pour l’année 2005 en France et dans le monde ? En France, ce sont clairement les sorties des deux consoles portables, à savoir la Nintendo DS et la PSP de Sony, qui ont tiré la valeur du marché aussi bien au niveau hardware que software. La console la plus vendue sur le marché français en 2005 est la Nintendo DS, devant la PlayStation 2 et tout le reste, nous sommes donc très contents de l’accueil qu’a bénéficié la Nintendo DS en France. Je pense que les promesses de jeux ou de mobilité des consoles portables ont été véritablement le moteur du marché au niveau mondial, nous savons par exemple que la Nintendo DS a été la console qui a connu le meilleur lancement en termes d’unités vendues et de rapidité de toute l’histoire du jeu vidéo au Japon. La Xbox 360 de Microsoft a eu, quant à elle, un impact plutôt négatif aux Etats-Unis en causant beaucoup d’attentisme auprès des joueurs américains qui ont été frustrés de ne pas trouver la console dans les boutiques après avoir économisé plusieurs mois, et en se privant donc de certains bons jeux sortis sur d’autres consoles. Au niveau du software, je dirais qu’il n’y a pas eu véritablement de jeux moteurs sur les consoles de salon, à cause notamment du report de The Legend of Zelda : Twilight Princess sur Nintendo GameCube. Je pense également qu’il y avait une certaine lassitude chez le consommateur par rapport aux très nombreux jeux de guerre de gangs qui sont sortis l’année dernière. Notre plus gros succès de l’année 2005 en France en termes de ventes reste sans aucun doute Nintendogs sur Nintendo DS, suivi ensuite de Pokémon Emeraude sur Game Boy Advance qui a été pour nous une très grosse surprise, cela prouve que la licence Pokémon a encore beaucoup de potentiel. Pour la première fois depuis la sortie de la GameCube en France, 3 titres sur GameCube font partie du Top 20 des meilleures ventes de l’année dernière en France d’après les chiffres de Gfk, à savoir dans l’ordre Resident Evil 4, Mario Power Tennis et Mario Smash Football. 2005 a donc été une très bonne année pour Nintendo France. Avez-vous constaté une évolution du marché ? Est-ce qu’il y a aujourd’hui davantage de filles qui jouent à des jeux Nintendo grâce à des titres tel que Nintendogs ? Est-ce que les goûts des joueurs ont changé ? D’après nos études de marché, Nintendogs est notre jeu le plus unisexe depuis la sortie de Pokémon. 40% des joueurs de Pokémon sont des filles alors que ce pourcentage avoisinerait les 50% pour Nintendogs. Et effectivement, Nintendogs a été développé au Japon pour toucher plutôt les personnes qui ne jouent pas forcement aux jeux vidéo et notamment le public féminin, je pense qu’en France ou dans les autres pays de l’Europe nous n’avons pas encore réussi à atteindre les non-gamers de manière globale, nous ne sommes pas encore à ce stade, mais nous sommes néanmoins parvenus à intéresser les jeunes filles qui ont pu essayer Nintendogs très souvent par le biais de leur petit ami. Nintendogs a donc très bien fonctionné ici puisque c’est le territoire sur lequel il s’est le mieux vendu, devant le Japon et les Etats-Unis, ce qui est relativement inédit dans l’histoire du jeu vidéo chez Nintendo. Ce qui marche bien également auprès des filles, ce sont certains jeux sur GameCube du style Mario Party dans lesquels le plaisir de jouer à plusieurs est très présent, le principe étant de jouer ensemble sans avoir l’impression de devoir faire des duels ou des combats avec les autres joueurs. Je dirais également que les grands héros des séries Nintendo sont en règle générale plus rassurants et moins agressifs, contrairement à beaucoup d’autres personnages au design urbain et aux couleurs très sombres. Concernant l’âge moyen des joueurs sur Nintendo DS, nous estimons qu’il est de 23 ans pour les 6 premiers mois de vie de la console portable, ce qui représente 2 ans de plus par rapport à la Game Boy Advance SP, qui avait elle-même 2 ans de plus que la Game Boy Advance, qui avait 5 ans de plus que la Game Boy. Ces chiffres illustrent donc assez bien le vieillissement de la population sur les consoles Nintendo, même s’il est toujours difficile de définir avec exactitude ce type de données liées à l’âge, beaucoup d’autres facteurs entrent effectivement en compte et faussent parfois les statistiques. L’un des gros défis de la GameCube était de ne pas se retrouver cantonné à un univers trop jeune comme nous l’avons été sur Nintendo 64 avec un âge moyen de 14 ans, nous étions au-dessus de 20 ans (21 ans pour la première année de lancement) avec la GameCube grâce à des sorties régulières de jeux très universels tel que Mario Kart : Double Dash !!, et des jeux plutôt orientés hardcore gamers tels que Baten Kaitos : Les ailes éternelles et l’océan perdu ainsi que Resident Evil 4 qui nous ont permis de maintenir un âge beaucoup plus élevé que traditionnellement sur les consoles Nintendo. Je pense aussi qu’il s’agit d’un phénomène très français, la GameCube est moins montée en âge dans les autres pays de l’Europe. Que représentent les joueurs qui jouent en ligne sur Nintendo DS en France ? Je ne peux pas communiquer sur ces chiffres pour le moment, je peux néanmoins vous dire qu’avec les deux jeux disponibles et jouables en ligne, à savoir Mario Kart DS et Tony Hawk’s American Sk8land sortis en même temps le 23 novembre en France, nous avons fait jouer davantage de personnes que sur Xbox Live premier du nom et PlayStation 2 en ligne réunis sur fin 2005. Nous avons mis en place de nombreux serveurs qui nous coûtent chers pour gérer le jeu en ligne, et donc nous ne gagnons pas forcement de l’argent dans ce domaine, mais nous savons que les joueurs prennent de plus en plus de plaisir à jouer en ligne, Mario Kart DS a été un véritable succès sur ce plan. Il faut dire que le succès du jeu en ligne nous a beaucoup surpris, il a été un facteur d’accélération important pour faire de Animal Crossing : Wild World un très gros carton au Japon, ce jeu a réussi à se placer au top des meilleures ventes de l’année dernière au Japon en seulement 5 semaines ! Mais le succès de ce nouvel épisode de Animal Crossing était prévisible, car la série est assez populaire au Japon et la base de fans est très forte (grosse ligne de produits dérivés, etc.). Ce que Nintendo Japan n’avait pas prévu est que tous les efforts du groupe qui consistaient à aller chercher des non-joueurs, en particulier avec la sortie de Brain Training et Nintendogs sur Nintendo DS, allaient également payer sur des jeux que l’on peut qualifier de plus classiques. En effet, une fois que ces non-joueurs sont entrés dans l’univers Nintendo DS, nous nous sommes rendu compte, avec beaucoup de surprises, que ces personnes, qui n’ont pas le profil du gamer, se sont mises à consommer également les autres jeux disponibles sur la console portable. Je pense que l’année 2006 risque d’être encore plus impressionnante pour la Nintendo DS au Japon, ce qui veut dire que nous avons encore plus de pression ici en Europe, il faudra assurer le même succès [Rires]. Certains journalistes affirment que des titres tels qu’Animal Crossing : Wild World ou bien Nintendogs sur Nintendo DS ne sont pas des jeux vidéo, qu’en pensez-vous ? Ce qui est amusant avec Nintendogs c’est que l’on a déjà tous vu un vrai chiot au moins une fois dans sa vie, et lorsque l’on regarde ensuite la qualité des animations et de l’intelligence artificielle des chiots virtuels, on est très vite impressionné par le réalisme du jeu. Je pense que Nintendogs cache bien ses intentions puisqu’il arrive à vous faire croire qu’il n’y a pas vraiment de but dans le jeu, alors qu’il y en a, mais tout cela est bien dissimulé pour que ce soit véritablement la génération d’émotions et d’attachement à un personnage qui priment. C’est exactement la même chose avec Shadow of the Colossus sur PlayStation 2 qui ne donne pas uniquement de l’adrénaline, mais crée également de l’émotion chez le joueur. Les jeux qui fonctionnent actuellement sont ceux qui arrivent justement à générer des sentiments au niveau du gameplay et non pas uniquement par le biais de scènes cinématiques. Mais je comprends tout à fait que certaines personnes soient perdues face à Nintendogs ou Animal Crossing : Wild World. Quel est le jeu qui vous a le plus marqué l’année dernière sur consoles Nintendo et pourquoi ? C’est une question difficile… Je choisirais peut-être Resident Evil 4 car c’est la première fois qu’un jeu n’insulte pas le joueur lorsque celui-ci joue mal, et qui arrive surtout à adapter sa difficulté sans que le joueur s’en aperçoive réellement. J’ai également beaucoup apprécié Ooendan sur Nintendo DS qui est un jeu assez difficile. Certaines rumeurs indiquent que Ooendan sortira en Europe, vrai ou faux ? Nous n’avons pas fait d’annonce officielle, mais je suis content lorsque je vois Namco sortir un jeu au style très japonais tel que We Love Katamari sur PlayStation 2, ou lorsque Shadow of the Colossus est premier des ventes, cela prouve que ce ne sont pas seulement les suites et autres grosses licences urbaines qui peuvent cartonner aujourd’hui, et je pense effectivement que les éditeurs doivent continuer à prendre des risques en s’adressant au grand public et non plus uniquement aux gamers. L’un des jeux les plus vendus sur Nintendo DS est Wario Ware Touched ! qui est quand même un jeu assez spécial avec des graphismes très particuliers en 2D, inspirés certes de la culture urbaine, mais de façon tellement parodique et détournée que le jeu est au final très étrange, on se demanderait presque ce que les développeurs ont avalé en programmant ce titre [Rires], et pourtant Wario Ware Touched ! marche très fort en Europe et au Japon. Nous prévoyons également de sortir prochainement Odama et Chibi-Robo sur GameCube en Europe, des titres qui n’auraient jamais pu atterrir sur le marché européen il y a quelques années, donc c’est plutôt encourageant. Je dois dire que je suis un gros fan de jeux japonais, je pourrais en parler pendant des heures ! [Rires].
Pensez-vous que l’innovation créative soit toujours possible dans le domaine marketing chez Nintendo ? C’est la première fois que l’on me pose cette question, c’est bien [Rires]. Je pense qu’il est très facile d’adopter toujours les mêmes recettes dans le secteur du jeu vidéo avec les mêmes créas qui ont pour but d’exciter les gens en utilisant des montages et une musique très rapides. Ce procédé Marketing fonctionnait très bien il y a quelques années, mais il est actuellement sur le déclin. Maintenant si vous prenez par exemple la publicité télévisée de Nintendogs en France basée sur la relation entre une adolescente et son père, ce spot télé sortait complètement des codes de communication standards du jeu vidéo, c’était quelque chose de très différent et déstabilisant pour quelqu’un qui connaît ce domaine, je pense que c’est ce principe qui a aussi aidé à faire émerger les nouveaux jeux vidéo. Nintendo Japan a très vite compris qu’il était essentiel de changer aujourd’hui les règles aussi bien au niveau de la production que sur le plan de la commercialisation et du Marketing d’un nouveau produit, ce concept a été appliqué dès le lancement de la Nintendo DS au Japon avec par exemple les apparitions assez rapides dans les publicités télé d’une célèbre chanteuse Pop japonaise qui s’approchait d’une Nintendo DS et qui disait juste «Oh ! Je peux toucher ?» et le spot s’arrêtait là… C’est quand même très mystérieux ! [Rires]. Il y a pour la première fois une très grande méfiance du Marketing chez Nintendo, car nous avons pu constater de nombreuses dérives chez certains éditeurs tiers américains où le Marketing dictait le développement des jeux, ce qui est assez grave… Nous avons pu ressentir une certaine confusion et un manque de communication chez les différents responsables de Nintendo en Europe ces derniers temps, notamment avec l’annonce de la Nintendo DS Lite. Est-ce vraiment un problème chez Nintendo ? Nintendo a une culture du secret, non seulement auprès des joueurs, mais également au sein même du groupe. L’extérieur ne doit pas influencer ou bien gêner les studios de développement internes de Nintendo au Japon qui constituent véritablement le cœur de la société, il est donc essentiel de protéger les développeurs en les mettant dans une bulle pour leur donner l’occasion de mettre en œuvre tout leur potentiel. Ce sont généralement des équipes très réduites dans une sorte de champignonnière qui s’occupent des différents projets chez Nintendo, ils doivent présenter leurs travaux pour une validation, si le prototype de jeu ne plaît pas à la direction, ils doivent tout recommencer à zéro. Ce sont des talents à protéger tout simplement. Les annonces de dernière minute sont également monnaie courante chez Nintendo pour éviter que la concurrence ne vole les projets présentés et pour avoir surtout plus d’impact auprès du public. Nintendo prévoit de sortir la Nintendo DS Lite le 2 mars prochain au Japon, pourquoi avoir décidé de sortir une nouvelle version de la Nintendo DS alors que les ventes de la console standard se portent pour le mieux ? Est-ce pour se rapprocher du design de la Nintendo Revolution et rendre plus homogène les deux consoles ? Je pense que la Nintendo DS est sortie sans satisfaire pleinement les équipes de designers qui se sont occupés du projet. C’est principalement un problème de technologies, il faut savoir que des progrès dans ce domaine se font chaque jour, notamment au niveau de la luminosité et de la résolution des écrans pour un appareil portable, nous n’aurions tout simplement pas pu sortir une Nintendo DS Lite à l’époque du lancement de la Nintendo DS standard. La Game Boy Micro nous a donné la possibilité de réduire l’espace d’encombrement de la Game Boy Advance et a donc aidé d’une certaine manière à la conception de la Nintendo DS Lite. Et est-ce que les joueurs européens peuvent espérer une sortie de la Nintendo DS Lite avant l’été prochain ? Le but n’est pas de reproduire un lancement «à la Xbox 360» sur tous les marchés en même temps. Nous souhaitons d’abord satisfaire pleinement le marché japonais pour ensuite se concentrer sur les marchés américain et européen. Nous espérons peut-être une sortie pour la rentrée aux Etats-Unis. Que pensez-vous du potentiel de la future Nintendo Revolution, avez-vous eu l’occasion de l’essayer ? Comment pourriez-vous présenter le concept de cette nouvelle console de salon ? Non, je n’ai pas pu essayer la Nintendo Revolution mais je me suis rendu à la conférence de Nintendo au Tokyo Game Show de l’année dernière pour assister notamment à la diffusion de la vidéo de présentation de la future console, et j’ai trouvé que cette Nintendo Revolution était le meilleur concept jamais créé de toute l’histoire de l’humanité après l’invention de la roue ! [Rires]. Je trouve cela absolument génial, j’ai déjà très envie de jouer à un Wario Ware sur Nintendo Revolution par exemple. Je fais entièrement confiance en ce que fait actuellement Nintendo Japan au niveau de la manette de la Nintendo Revolution, c’est un pari mûrement réfléchi, cette manette n’a pas été conçue pour frustrer les joueurs ou les développeurs, mais pour leur ouvrir d’autres voies. Effectivement, nous allons encore une fois à l’encontre des standards de communication et nous gardons beaucoup de mystères concernant cette console. Je me demande d’ailleurs si toute la communication que Nintendo compte mettre en œuvre pour l’E3 2006 ne soit pas justement de ne rien montrer en termes de jeux, mais uniquement présenter des joueurs en train de jouer à la machine, dans ce cas, seuls les journalistes qui iront sur place à Los Angeles auront l’occasion de voir les jeux ! [Rires] Vous cherchez à nous démoraliser… ? Est-ce que Nintendo ne va pas finalement interdire aux équipes de tournage de filmer ou de photographier les jeux ? Cela aura pour conséquence de frustrer encore tout monde et les gens spéculeront davantage sur Internet [Rires]. Les journalistes qui auront pu essayer la Nintendo Revolution pourront ainsi en parler avec une vraie expérience personnelle. S’il vous plait, ne donnez pas cette idée à Nintendo Japan ! [Rires] Je pense qu’ils ont déjà eu cette idée sans moi… Peut-on dire que la Nintendo Revolution reprend en quelque sorte le même principe que la Nintendo DS, à savoir la possibilité d’interagir avec le jeu via le toucher, en l’adaptant cette fois à une console de salon, le controller faisant office de stylet sur l’écran ? Oui en effet, le but étant d’offrir une relation normale entre le joueur et son action à l’écran, et non pas une relation intellectuelle, nous voulons supprimer ou faire évoluer différemment cette relation qui consiste à appuyer un bouton à un moment précis pour réaliser une action donnée, il faut que cela devienne naturel. L’écran tactile de Nintendo DS, qui a été annoncé dans un second temps si vous vous rappelez bien, remplie déjà cette fonction. Je pense qu’il est difficile d’aimer Nintendo à certains moments, car nous aimons entretenir les interrogations du public. Plus les joueurs se posent des questions et plus ils réfléchissent à nos produits de manière personnelle, et non pas uniquement par le biais du Marketing ou de la presse spécialisée. Nous aimons bien cette implication du public, c’est une philosophie de base chez Nintendo. Il faut garder en tête que Nintendo est une société centenaire et quasi artisanales, nous avons donc une longue histoire derrière nous et des valeurs importantes à respecter au sein du groupe. Je pense que M. Iwata, le Président actuel de Nintendo, essaie de faire évoluer différemment certaines habitudes de Nintendo, pour l’instant il y arrive très bien d’ailleurs comme le prouve le succès de la Nintendo DS. Est-ce que la console pourrait également bénéficier d’un microphone pour interagir avec la voix comme sur la Nintendo DS ? Je ne sais pas encore. Pensez-vous que les joueurs sauront facilement s’adapter à cette nouvelle manière de jouer aux jeux vidéo avec la Nintendo Revolution ? Peut-on prévoir des problèmes d’adaptation ? Je pense que c’est justement le but recherché, la Nintendo Revolution veut écraser et remettre à niveau tout le monde sur une même liste de départ. J’espère donc que les personnes qui essaieront la manette de la Nintendo Revolution se poseront la question «Comment ça marche ?». Encore une fois, nous ne voulons pas que tout soit confortable au point de vue psychologique, j’espère que les gens seront troublés face à cette technologie et lanceront des «Qu’est-ce qu’ils nous ont encore fait Nintendo !» [Rires], Il faut surprendre et choquer avec une machine qui sort de l’ordinaire, sans aller dans la direction «toujours plus de budgets, de puissance technique et autres effets spéciaux hollywoodiens». La version finale de la manette Nintendo Revolution deviendra très naturelle et sera vraiment une extension avec un processus intellectuel beaucoup plus immédiat et inné par rapport à ce que l’on a pu vivre auparavant. Que représente aujourd’hui le jeu en ligne pour Nintendo ? Pensez-vous que la mise en place d’un service plus élaboré pour le jeu en ligne, tel que le Xbox Live, soit possible chez Nintendo, notamment pour l’arrivée de la Nintendo Revolution ? L’une des clés de la Nintendo Revolution est l’aspect console virtuelle permettant de télécharger en ligne les anciens jeux Nintendo, ce sont 20 années d’histoire de Nintendo qui seront compilées en ligne avec un maximum de titres NES, Super NES et Nintendo 64 disponibles uniquement via la Nintendo Revolution, et protégés par un système de sécurité très poussé pour éviter les éventuelles fuites. Pour le moment, c’est la seule chose qui a été annoncée officiellement concernant le service en ligne de la future console, qui sera par ailleurs construit sur les mêmes principes que le Nintendo Wi-Fi Connection de la Nintendo DS, c’est à dire gratuit, simple d’accès, et surtout très sûr. Pensez-vous que les fans de Mario auront cette fois droit à un nouveau jeu Mario pour le lancement de la Nintendo Revolution ? Ce qui est déjà certain c’est que nous travaillons actuellement sur un nouveau jeu Zelda sur Nintendo Revolution, autre que The Legend of Zelda : Twilight Princess prévu quant à lui sur GameCube. Un nouveau jeu Mario est également en développement ainsi qu’un Super Smash Bros. Melee. Ce sont les trois seuls titres connus pour le moment. Est-ce que la Nintendo Revolution sera présentée en version jouable à l’E3 2006 en mai prochain ? Combien de jeux peut-on espérer découvrir ? Oui la Nintendo Revolution devrait être jouable à l’E3 2006. Concernant les jeux qui seront présentés durant l’événement américain, je peux juste vous dire que vous serez probablement surpris… Quand prévoyez-vous de lancer la Nintendo Revolution sur le marché européen ? Avez-vous déjà une idée de la période de sortie ? D'après les déclarations actuelles, on peut penser que le lancement de la Nintendo Revolution dans le monde s'étalera sur deux mois minimum. M. Iwata a déjà déclaré que la période des fêtes était capitale pour le lancement de la console qui est donc prévu pour fin 2006 au Japon et aux Etats-Unis (avant le Thanksgiving qui a lieu le dernier jeudi du mois de novembre). Mais rien n’a été annoncé pour l’Europe pour le moment, Nintendo souhaite d’abord bien préparer le marché européen à l’arrivée de ces nouveaux concepts de jeux vidéo avant de sortir la Nintendo Revolution, et cela passe forcement par mettre d’abord plus d’efforts sur la Nintendo DS, il faut que le marché soit assez mûr pour accueillir une telle console de salon. Actuellement, le but est avant tout de casser la barrière des non-possesseurs de jeux vidéo en Europe, nous sommes à ce stade. On peut donc s’attendre à une sortie de la Nintendo Revolution pour début 2007 en Europe ? Le territoire qui a vendu le plus de Nintendogs est l’Europe à la grande surprise générale de Nintendo Japan et de Nintendo America, donc je pense que si nous continuons à faire nos preuves ici en Europe, Nintendo Japan pourrait finalement changer sa perception du marché européen et prendre ainsi des décisions différentes en terme de sortie par exemple, sachez tout de même que Nintendo Japan est vraiment très intéressé par les commentaires et les avis des consommateurs européens. Personnellement, je pense qu’on aura peut-être une surprise. Wait & See. Avez-vous déjà des idées pour introduire le concept novateur de la Nintendo Revolution en France sur le plan marketing ? On se rappelle encore de la campagne de lancement très classe dont a bénéficié le marché européen par rapport aux autres marchés pour la sortie de la Nintendo DS, avec notamment un Packaging en noir pour la console portable. Est-ce que l’Europe est plus difficile à séduire ? Je pense que le problème de Nintendo en Europe est fondé sur la très grande ressemblance de goûts entre les marchés américains et anglais. Il y a un seul territoire en Europe sur lequel la Xbox est devant la GameCube, c’est l’Angleterre, le marché anglais est tellement important que cela absorbe tout le fait que nous soyons devant la Xbox dans les autres marchés. Je pense que nous n’avons pas pleinement réussi à convertir le consommateur anglo-saxon à la philosophie de développement de Nintendo, donc effectivement il y a peut-être une tendance en Europe de se dire qu’il faudrait finalement appliquer les bonnes recettes du passé car elles ont très bien fonctionné pour la PlayStation 2 et la Xbox en Angleterre. Mais comme je vous l’ai déjà dit, cette méthode commence à s’essouffler. Très honnêtement, je n’ai pas encore d’idées précises, il faudra certainement attendre la présentation des jeux durant l’E3 2006 pour commencer à réfléchir sérieusement, nous auront peut-être une idée du Line-Up de lancement de la Nintendo Revolution et son nom définitif. Nous avons déjà une idée du design de la console qui se veut être classe et discret. Nous savons également qu’il y a un point très important pour M. Iwata concernant la Nintendo Revolution qui est que la console ne fera pas de bruit et ne consommera pas beaucoup d’électricité, quand on va poser une Nintendo Revolution à coté d’une Xbox 360, on verra clairement la différence, il n’y aura pas de maisons brûlées ou le bruit de l’aspirateur de maman [Rires]. Est-ce que la PlayStation 3 ou la Xbox 360 font peur à Nintendo ? Sony n’a toujours pas dévoilé la version finale de la manette de la PlayStation 3, à vrai dire, nous n’avons pas assez d’informations sur cette console pour être inquiet ou bien confiant. Je trouve que la forme de la manette qui a été présentée durant l’E3 2005 a quelque chose d’intriguant, peut-être que cette manette disposera également d’un système de reconnaissance de mouvements au final, pour des jeux d’automobile par exemple. A voir. Comment voyez-vous l’évolution des grandes franchises de Nintendo telles que Mario et Zelda par exemple, est-ce que Nintendo a nécessairement besoin de passer par une innovation dans le hardware pour innover sur le plan software ? Notre plus gros titre gamers en préparation sur Nintendo DS pour l'année 2006 est très certainement New Super Mario Bros., le jeu semble très traditionnel, mais certains screenshots montrent Mario et Luigi ensemble. Tout comme les fonctions supplémentaires de Metroid Prime Hunters ont été annoncées au fur et à mesure, nous ne sommes pas à l'abri d'innovations dans le gameplay de ce New Super Mario Bros.. Il faudra donc attendre les annonces officielles pour en savoir davantage. Les jeux en 2D n’ont pas réellement fonctionné sur GameCube, c’est pour cela que ce nouveau jeu Mario arrive sur Nintendo DS. M. Miyamoto travaille également sur de nouveaux personnages pour la Nintendo Revolution qui seront peut-être encore plus forts que Mario. Je ne pense pas que ce soit le hardware qui dicte l’innovation au niveau des personnages et des franchises, cela dépend du développeur, et aussi des envies du consommateur. Le Mario que j’apprécie le plus est celui en 2D. Si vous deviez définir la philosophie de Nintendo en quelques mots ? La philosophie de Nintendo a beaucoup évolué avec l’arrivée de M. Iwata, avant cette période le maître mot était FUN, les jeux devaient absolument être amusants immédiatement, sans forcement être très beaux graphiquement ou très intéressants au niveau du scénario, la prise en main devait être également très simple. M. Iwata est arrivé avec le concept que le jeu vidéo doit être bousculé pour évoluer, il faut réinventer le jeu vidéo, et ce n’est pas les vieilles recettes de Nintendo qui vont fonctionner cette fois. Il nous faut regarder dans le futur pour innover et ne surtout pas se contenter de notre passé et de nos licences. Merci à vous et très bonne continuation !
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posted the 02/27/2006 at 05:50 PM by Antoine Morcos
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