Il y a quelque chose qui me frappe de plus en plus dans l’industrie actuelle : beaucoup de jeux semblent vouloir nous occuper pendant des centaines d’heures, mais peu me donnent encore le sentiment de découvrir quelque chose de
vraiment nouveau.
Entre les mondes ouverts gigantesques, les saisons, les battle pass, les quêtes générées à l’infini, les activités répétables et les mises à jour permanentes, on a parfois l’impression que la quantité est devenue un argument
marketing plus important que l’idée de départ.
Pourtant, certains des jeux les plus marquants de l’histoire n’étaient pas forcément immenses.
Portal, Shadow of the Colossus, Journey, ICO, Katamari Damacy ou encore Papers, Please reposaient avant tout sur un concept fort et une identité claire.
À l’inverse, beaucoup de productions modernes semblent construites autour d’une question différente : comment
faire rester le joueur le plus longtemps possible ?
Je
caricature un peu, bien sûr. Il existe encore énormément de jeux créatifs aujourd’hui, notamment chez les indépendants, mais aussi chez certains studios qui prennent encore des risques. Des titres comme
Outer Wilds, Inscryption, Clair Obscur : Expedition 33 ou Astro Bot montrent qu’il reste de la place pour l’originalité.
Mais j’ai parfois le sentiment que l’industrie AAA privilégie désormais la rétention à la surprise, le contenu à l’idée, et la durée de vie à la personnalité.
Est-ce juste une impression liée à l’âge et à la nostalgie ?