Le 5 août, Cloud Imperium Games voulait faire la démonstration de la nouvelle version de
Siege of Orison, sur un environnement interne précisément choisi pour éviter tout problème. On notera au passage qu'il s'agissait d'une mission FPS (pour un jeu où l'on est censé avant tout piloter des vaisseaux) et une redite d'une mission ayant déjà existé par le passé, mais dont le combat spatial a précisément été retiré. Quatre joueurs, une instance privée, un
build développeur : difficile d'imaginer des conditions plus favorables...
Le résultat a pourtant été catastrophique : des armes impossibles à recharger ou à récupérer, l'inventaire qui ne répond plus, des interactions qui cessent de fonctionner, des PNJ erratiques, des désynchronisations, des animations saccadées, des baisses de performances et, au final, une mission devenue impossible à terminer. Avec ce Stream, CIG n'a fait que souligner les nombreux bugs que les joueurs rencontrent depuis des années. À un moment donné, un développeur s'étonne même de rencontrer "ce bug qu'on avait corrigé"... Sans commentaire.
Au-delà des bugs, l'attitude de certains développeurs est particulièrement dérangeante, exposant une dynamique humaine désastreuse. Elliot passe ainsi une partie de l'émission à rabrouer Olli, notamment en se moquant de son armure achetée dans la boutique, alors même que ces ventes sont au cœur même du financement du jeu. Plus loin, ce même Elliot moque Olli qui souhaite interagir avec le tchat Twitch. Même le pire, c'est la conclusion du stream, qui est devenue virale : Jared Huckaby, directeur du contenu, arrive derrière Olli et lâche "
It's your show. Wrap it up". Décontenancé, Olli bredouille une phrase de conclusion, puis propose à ce même Jared d'ajouter un dernier mot... sa requête est complètement ignorée. Cette séquence, davantage encore que les bugs, a transformé une mauvaise démonstration en scandale de communication. Reddit a massivement relevé le contraste entre le "
we" employé au début de l'émission et le "
your show" de la fin.
Les choses auraient pu s'arrêter là, restreintes au sein de la seule communauté de joueurs, qui n'a pas tardé à vivement discuter le sujet en particulier sur Reddit. Mais c'était sans compter sur les YouTubeurs qui se sont emparés du sujet, et en particulier MoistCr1TiKaL avec ses 18 millions d'abonnés, offrant ainsi une visibilité énorme à toute l'affaire. À partir de là, la presse généraliste du jeu vidéo a suivi en bloc, offrant une publicité désastreuse au jeu, qui certes n'en est pas à son premier badbuzz.
Et justement, le plus surprenant, ou inquiétant, reste le silence de CIG. Car la communication officielle continue son cours habituel, comme insensible à tout ce tumulte. Aucune réponse publique n'a été publiée ; les articles sur les vaisseaux à venir, les promos ou les mises à jour continuent d'agrémenter le site officiel comme si de rien n'était. De façon tout aussi étonnante, le financement du jeu reste soutenu, alors qu'il a déjà dépassé le milliard de dollars en 2026. C'est précisément ce qui rend l'affaire épuisante pour les backers : le produit peut trébucher publiquement sans que le modèle économique paraisse immédiatement affecté. Il faudra regarder ce que dira le compteur à la fin août.
Quelle suite donner à tout cela ? Deux scénarios sont crédibles. Dans le premier, Squadron 42 sort enfin en 2026, et CIG utilise sa sortie comme gigantesque reset médiatique. L'invitation envoyée à certains backers et créateurs de contenus, pour jouer en privé à Squadron 42 à Manchester du 9 au 11 octobre, ressemble au minimum à une répétition générale de ce genre d'opération. Dans le second, Squadron 42 glisse encore et cette invitation devient simplement une étape de communication supplémentaire dans un calendrier reporté, avec Star Citizen qui continue à financer son propre développement par les ventes et les promesses (non tenues).
Mais dans ce cas, combien de temps encore CIG pourra présenter des preuves de développement sans fournir, en parallèle, la preuve beaucoup plus simple que tout le monde attend et qui clairement fait défaut... à savoir un jeu qui fonctionne ?
La on dirait un projet pour 2050. Faut pas s'etonner que ça merde. Il doit y avoir des milliards de truc à gerer a chaque fois qu'ils touchent un truc ou implémente un nouveau truc.
On est loin du vaporware quand même.
Après par contre, c'est un projet trop ambitieux et pas vraiment bien géré surtout au début.
c'est comme les séries tant qu'il y a de l'audience ca continue même si ca se détériore sur le temps, et une fois que l'audience baisse de trop, on fait une fin merdique a la va vite et on pousse le publique a passer sur la série suivante...