Il y a 40 ans sortait en arcade Wonder Boy, un jeu de plateformes qui allait donner naissance à une série atypique, et même, à une autre série (Adventure Island) qui est passée du statut de copie à celui de suite spirituelle.
Pour Gamekyo, je vous propose un extrait de mon article rédigé pour le site Game Forever.
L'article complet revient sur tous les jeux de la série, de Monster Land à Monster World IV en passant par l'inévitable Dragon's Trap, sans oublier l'héritier Monster Boy.
Et c'est à lire par ici :
https://www.gameforever.fr/wonderboy.php
Bonne lecture !
Un héros blondinet simplement vêtu d’un pagne et sorti de la Préhistoire part secourir sa bien-aimée des griffes d’un affreux sorcier, tout en filant sur son skateboard, puis s’équipe d’une armure et d’une épée pour défier un terrible dragon mécanique. Et dans un 3ème volet, il avance à marche forcée dans un mélange de plateformes et de shoot them up ; à moins que ce soit un jeu d’aventure où il doit trouver comment briser une malédiction l’ayant changé en lézard ?
Résumer rapidement la série Wonder Boy aboutit ainsi à une introduction aussi absurde. Cette réputation de manque de cohérence et de logique est toutefois méritée, tant la série, entre une numérotation hasardeuse et des adaptations innombrables, l’a entretenue. Il serait pourtant dommage de s’arrêter à cette réputation, car si la série Wonder Boy a su conquérir les cœurs de nombreux joueurs, c’est bien pour la qualité de ses jeux. Alors, tâchons d’y voir un peu plus clair !
> Wonder Boy, dans les pas de Mario
Sorti tout droit de l’imagination de Ryuichi Nishizawa, Wonder Boy est le premier jeu d’Escape, un studio composé initialement de 3 personnes. Aux débuts de l’entreprise en 1985, Escape noue rapidement des liens avec Sega, le maître de l’arcade, et décide de proposer en 1986 un jeu d’action / plateformes. A ce moment, un autre jeu de plateformes cartonne sur NES – un certain Super Mario Bros – et représente un modèle qu’il est difficile de contourner. C’est pourtant ce que va tenter Escape, malgré une base identique.
Comme je l’ai précisé en introduction, le concept même du scénario est hautement farfelu, et ne s’embarrasse guère de cohérence. Wonder Boy est en apparence un garçon des cavernes nommé Tom-Tom, armé d’une hachette en pierre qu’il peut lancer sur ses ennemis, mais qui n’évolue pourtant jamais dans un monde préhistorique : pas de mammouths (ce qui serait logique) ou encore de dinos (ce qui, en revanche, ne serait pas logique), mais des escargots, des fées, et un sorcier en guise de méchant qui change de tête après chaque défaite ; lequel sorcier doit être affronté dans son château, non sans parcourir auparavant des forêts peuplées d’araignées, sauter de plateforme en plateforme par-delà les mers ou traverser une caverne remplie de chauves-souris. En guise de power up, Tom-Tom s’équipe d’un casque et file sur son skateboard, même si ce bonus peut s’avérer être un malus dans les passages délicats – le skateboard ne pouvant pas s’arrêter. Et tout ça, bien évidemment, pour secourir sa copine Tina ! Oui, bon, après tout, Mario est un plombier qui doit sauver la princesse d’une tortue géante crachant du feu.

L’aventure démarre pied au plancher, vous ne devez jamais perdre de temps dans Wonder Boy !
A la différence de Super Mario Bros, Wonder Boy est un jeu initialement pensé pour l’arcade, et même si son concepteur a en tête une difficulté accessible et une maniabilité simple, le joueur doit être incité à aligner les pièces. De cette contrainte vient ainsi l’idée d’une barre d’énergie qui se vide progressivement, et qui ne se recharge qu’en se gavant de fruits que l’on trouve sur le parcours. Le joueur se retrouve ainsi contraint d’avancer constamment et donc de prendre des risques, car une fois cette barre d’énergie vide, une vie est perdue. Le concept, plus diabolique encore qu’un timer, fait ainsi peser sur le joueur une pression constante, ce qui fait à la fois le charme et l’identité de Wonder Boy, mais ajoute aussi une dose de difficulté supplémentaire à un jeu qui l’est déjà.
Avec son skateboard, Wonder Boy file à toute allure, mais ne connaît ni la marche arrière, ni le stop
Bien qu’imparfait, Wonder Boy connaît un succès immédiat en salles d’arcade, grâce à son concept accrocheur et sa réalisation colorée. Et comme pour tous les succès arcade de cette époque, les adaptations sur consoles et PC vont se multiplier… et prendre une tournure surprenante. Quelques mois seulement après la sortie de Wonder Boy, Sega s’occupe directement de l’adaptation pour sa toute première console, la SG-1000, mais cette version a dû concéder bien trop de sacrifices pour être raisonnablement considérée comme une adaptation fidèle, voire tout simplement correcte. Il faudra donc attendre 1987 et la Master System pour pouvoir jouer sur console à une véritable adaptation. Sega confiera également à Activision le soin de transposer Wonder Boy sur différents ordinateurs (Amstrad CPC, Commodore 64 et ZX Spectrum), puis se chargera de l’adaptation Game Gear, très proche de celle sur Master System.
La conversion Master System effectuée par Sega est très fidèle à l’original, et ajoute même 8 niveaux
Cependant, dès 1986, Escape – rapidement renommé Westone – collabore avec Hudson Soft
pour proposer une adaptation de son jeu sur une NES déjà solidement établie. Sega étant propriétaire du nom « Wonder Boy », et par extension de l’apparence de son héros, ne peut autoriser qu’une adaptation 100 % fidèle soit proposée sur NES, mais Westone étant indépendant de Sega,
le studio est libre de laisser Hudson utiliser tout le game design. La NES ainsi que les ordinateurs MSX bénéficient ainsi avec
Adventure Island (Takahashi Meijin no Boken Jima) d’une adaptation quasi-fidèle de Wonder Boy. Tom-Tom est remplacé par le personnage de Takahashi Meijin (Master Higgins en Occident), basé sur un véritable employé d’Hudson, populaire auprès des jeunes Japonais pour animer des tournois de jeux vidéo. Adventure Island connaîtra par ailleurs un si grand succès qu’Hudson réalisera pas moins de 3 suites sur NES, 1 exclusive sur PC-Engine (New Adventure Island), 2 sur SNES, et éditera un dernier volet bien plus tard (en 2009) sur Wii ; tous ces jeux n’étant pas des adaptations des volets ultérieurs de Wonder Boy.
Adventure Island sur NES est une adaptation quasi-conforme de Wonder Boy, où seul le héros change
Voilà pour ce long extrait qui s'est concentré sur Wonder Boy.
Si vous voulez découvrir la série - ou y voir plus clair entre ses différents numéros - je vous invite à lire mon dossier complet :
https://www.gameforever.fr/wonderboy.php
Précision : Je ne développe pas davantage la série Adventure Island dans mon article pour me concentrer sur la série Wonder Boy et ses spin-offs directs.
- Leurs suites respectives sont totalement différentes.
- Wonder Boy change de formule, tandis que les Adventure Island sont très proches du 1er Wonder Boy.
- Il y a deux "Wonder Boy 3" : Master System (Dragon's Trap) et Megadrive/Arcade (Monster Lair).
- Le Wonder Boy 3 de la Master System a eu une version PC-Engine nommée... Adventure Island
(ou Dragon's Curse selon le territoire).