Sony a annoncé qu’à partir de 2028, les nouveaux jeux PlayStation ne sortiront plus sur disque. Ça fait forcément beaucoup réagir, mais quand on regarde l’histoire de la marque, ce n’est pas vraiment une surprise. C’est même assez logique.
Dès 2009, Sony avait tenté le tout-numérique avec la PSP Go, sans lecteur UMD. À l’époque, ça avait mal marché : les joueurs avaient déjà leurs collections physiques, sans vraie solution pour les transférer, et surtout les boutiques avaient encore beaucoup de poids. Certaines avaient même refusé de vendre la console, puisqu’après avoir vendu la machine, elles étaient totalement exclues des ventes de jeux et du marché de l’occasion.
Il faut aussi rappeler que Sony n’était pas seul à vouloir faire reculer ce marché. Les gros éditeurs poussaient déjà dans cette direction depuis des années, parce qu’ils ne touchaient rien sur les reventes. EA, Ubisoft, THQ et d’autres avaient ainsi lancé leurs propres Online Pass : un code était fourni avec le jeu neuf pour débloquer le multijoueur, tandis que l’acheteur d’occasion devait repayer. Sony a ensuite adopté le même principe avec son PSN Pass. À l’époque, plusieurs informations faisaient aussi état de pressions des éditeurs pour que Sony et Microsoft trouvent des moyens de mieux contrôler l’occasion.
Puis arrive 2013 et le fiasco Xbox One. Microsoft annonce ses DRM, sa connexion obligatoire et ses restrictions sur le prêt et la revente. Les joueurs explosent, Microsoft se fait démonter, et Sony saisit parfaitement l’occasion avec sa fameuse vidéo où Shuhei Yoshida tend simplement un disque à Adam Boyes pour montrer comment prêter un jeu PS4. C’était drôle, très bien joué, et commercialement brillant.
Mais ça ne veut pas dire que Sony n’avait jamais envisagé le même genre de système. Un brevet existait déjà pour associer un disque à un utilisateur, et Geoff Keighley expliquait à l’époque que, selon ses sources, Sony réfléchissait lui aussi à une forme de DRM sur l’occasion, avec justement une pression des éditeurs pour avoir quelque chose de comparable sur PS4 et Xbox One.
Avec le recul, toute l’époque "This is for the Players" ressemble presque à une parenthèse dans la stratégie de Sony. Après une génération PS3 compliquée, Sony devait reconquérir le public, pendant que Microsoft faisait exactement tout ce qu’il fallait pour le perdre. Pendant quelques années, les intérêts de Sony et ceux des joueurs se sont simplement retrouvés alignés.
La PS5 Digital a ensuite remis le tout-numérique au centre. Puis le lecteur est devenu détachable sur la PS5 Slim, donc optionnel, avant que la PS5 Pro ne sorte carrément sans lecteur malgré son prix élevé, avec en plus un lecteur externe longtemps difficile à trouver. Difficile de ne pas y voir une façon de pousser encore un peu plus les joueurs vers le dématérialisé.
Et avec le numérique, Sony et les éditeurs n’ont même plus besoin des vieux Online Pass ou de DRM compliqués pour lutter contre l’occasion. Il suffit de supprimer le disque. Un jeu numérique ne peut pas être revendu, prêté comme un objet physique ou racheté par un magasin. Même si les boutiques continuent demain à vendre des codes, tout finit au même endroit : dans l’écosystème PlayStation.
C’est aussi pour ça que le disque restait gênant. Ce n’était pas seulement un support, c’était aussi un des derniers trucs que Sony ne contrôlait pas totalement : les prix en magasin, les promos, l’occasion, le prêt ou la revente entre particuliers. Et ce qui est intéressant, c’est qu’en 2009 les boutiques avaient encore assez de poids pour refuser de vendre la PSP Go. En 2028, elles devront probablement se contenter de vendre des consoles, des accessoires et des codes pour des jeux qu’elles ne pourront jamais reprendre ou revendre.
Après le disque, il reste évidemment le cloud. Sony travaille dessus depuis PlayStation Now, et le PlayStation Portal permet déjà de lancer certains jeux directement depuis le cloud. Ça ne veut pas dire que la prochaine PlayStation sera forcément 100 % streaming, mais la logique est facile à suivre : d’abord on supprime le support physique, ensuite le téléchargement local peut devenir moins important, puis un jour la console elle-même peut devenir secondaire.
Quand on remet tout dans l’ordre : PSP Go, Online Pass, PSN Pass, réflexions autour des DRM, PS5 Digital, lecteur détachable, PS5 Pro sans lecteur, cloud, puis fin des disques... la décision de 2028 paraît finalement très cohérente avec une évolution que Sony et une bonne partie de l’industrie poussent depuis longtemps.
Microsoft avait surtout commis l’erreur de vouloir imposer tout ça beaucoup trop tôt et beaucoup trop brutalement en 2013. Sony, lui, aura avancé par petites étapes, jusqu’à arriver pratiquement au même résultat quinze ans plus tard.
La vraie anomalie dans tout ça, c’était peut-être surtout l’époque "For the Players"...
taiko
Perso ce n’est pas l’annonce du demat qui a posé problème mais la politique dans leurs jeux et PSN, le niveau du gameplay chiant de leur jeux, la lenteur des sorties, la fin de Japan studio, le prix des machines et SURTOUT, leur communication degeulasse à coup de postes de blog alors qu’ils marchaient sur l’eau de 2012 à 2018 sur les conférences …
playstation2008 Non, ils s’en branlent surtout parce que Xbox est quasiment mort sur ce secteur et qu’il n’y a plus vraiment de concurrence. Du coup, ils ont pu se permettre de tenter à fond le pari des gaas (parce que si ça prend c’est le jackpot...), de ralentir le développement des jeux solo puisque rien ne les pressait vraiment, et de laisser tomber la VR (sympa pour ceux qui ont acheté le PSVR2…)
PlayStation a toujours su saisir rapidement la balle au rebond. La PS1, ce fut le même topo avec les 299 $ face au 399 $ demandés pour une SEGA Saturn.
Mais pour pouvoir saisir la balle au rebond, il faut toujours 'avoir la chance' de passer après les autres qui essuient les plâtres.
Décision cohérente avec leur volonté d’imposer le tout démat’ en fil rouge mais loin d’être la bonne.
Leur image de marque est saccagée, la sympathie et leur position customer-friendly (surtout durant la PS4) s’est complètement évaporée et le pire dans tous ça c’est qu’ils n’arrivent même plus à mettre tout le monde d’accord avec leurs exclus.
ND il leur faut 7 ans pour sortir un nouveau jeu entre un remake et un remaster de TLOU.
Japan Studio n’est plus.
Insomniac va chier du Marvel jusqu’à la fin des temps
Le reste ça va sortir du TPS lambda sans saveur.
SONY est devenu un choix par défaut parceque la concurrence est quasi morte, dans les faits c’est juste devenu une boite comme les autres qui voient les joueurs comme des vaches à lait.
A partir du moment où les consoles okt des mises à jour régulières, que les éditeurs et développeurs proposent des DLC/microtransactions, le online (surtout oayant), les gens ont accepté tout cela. Donc logique que le full démat soit la norme
Dire que la baffe de la psp go ne leurs a pas suffit, celle prise par xbox non plus... mais bon quand on apprend pas de ses erreurs, on sait tous comment ca fini...
keiku
Le marché a changé. Les joueurs PC se sont adaptés, et les joueurs console suivront. En réalité, ils ont déjà commencé à le faire.
Par curiosité et pour sympathiser avec certains, j’ai demandé aujourd’hui à quelques étudiants, pendant la pause, s’ils joueraient en dématérialisé. Ils n’étaient même pas au courant de la décision de PlayStation et, globalement, ils s’en fichent.
Ils achètent trois ou quatre jeux par an, profitent des promotions quand elles sont intéressantes et prennent leur FIFA en version dématérialisée. Bref, cela ne les empêchera pas de jouer de temps en temps. Dans le lot, il y avait bien un étudiant qui faisait de la musique et achetait encore quelques vinyles, mais les autres ont indiqué qu’ils n’achetaient ni films ni musique. Comme beaucoup de gens de leur génération (et la mienne), ils sont déjà passés au dématérialisé.
Cela vaut ce que cela vaut, mais je pense que quelques milliers de personnes sur X et une pétition de 300 000 signatures représentent finalement assez peu de chose à l’échelle du marché.
Perso ce n’est pas l’annonce du demat qui a posé problème mais la politique dans leurs jeux et PSN, le niveau du gameplay chiant de leur jeux, la lenteur des sorties, la fin de Japan studio, le prix des machines et SURTOUT, leur communication degeulasse à coup de postes de blog alors qu’ils marchaient sur l’eau de 2012 à 2018 sur les conférences …
Mais pour pouvoir saisir la balle au rebond, il faut toujours 'avoir la chance' de passer après les autres qui essuient les plâtres.
Leur image de marque est saccagée, la sympathie et leur position customer-friendly (surtout durant la PS4) s’est complètement évaporée et le pire dans tous ça c’est qu’ils n’arrivent même plus à mettre tout le monde d’accord avec leurs exclus.
ND il leur faut 7 ans pour sortir un nouveau jeu entre un remake et un remaster de TLOU.
Japan Studio n’est plus.
Insomniac va chier du Marvel jusqu’à la fin des temps
Le reste ça va sortir du TPS lambda sans saveur.
SONY est devenu un choix par défaut parceque la concurrence est quasi morte, dans les faits c’est juste devenu une boite comme les autres qui voient les joueurs comme des vaches à lait.
Le marché a changé. Les joueurs PC se sont adaptés, et les joueurs console suivront. En réalité, ils ont déjà commencé à le faire.
Par curiosité et pour sympathiser avec certains, j’ai demandé aujourd’hui à quelques étudiants, pendant la pause, s’ils joueraient en dématérialisé. Ils n’étaient même pas au courant de la décision de PlayStation et, globalement, ils s’en fichent.
Ils achètent trois ou quatre jeux par an, profitent des promotions quand elles sont intéressantes et prennent leur FIFA en version dématérialisée. Bref, cela ne les empêchera pas de jouer de temps en temps. Dans le lot, il y avait bien un étudiant qui faisait de la musique et achetait encore quelques vinyles, mais les autres ont indiqué qu’ils n’achetaient ni films ni musique. Comme beaucoup de gens de leur génération (et la mienne), ils sont déjà passés au dématérialisé.
Cela vaut ce que cela vaut, mais je pense que quelques milliers de personnes sur X et une pétition de 300 000 signatures représentent finalement assez peu de chose à l’échelle du marché.