Le lancement de Highguard a été particulièrement difficile, entre retours négatifs des joueurs et doutes sur l’avenir du projet. Ce que l’on ignorait jusqu’à présent, en revanche, concerne l’origine réelle de son financement. Si Wildlight Entertainment évoquait depuis le début un jeu “entièrement financé”, le studio ne précisait pas que la majeure partie des fonds provenait du géant chinois Tencent. Selon des sources anonymes citées par le journaliste Stephen Totilo, c’est plus précisément TiMi Studio Group, filiale de Tencent, qui aurait assuré le soutien financier principal du projet, pour un montant jugé conséquent, sans qu’aucun chiffre officiel ne soit avancé.
Cette discrétion interroge, d’autant que Tencent n’est pas un acteur mineur. Il s’agit tout simplement du plus grand groupe mondial du jeu vidéo, propriétaire ou investisseur dans de nombreuses licences et sociétés majeures. On lui doit notamment des titres comme PUBG Mobile et League of Legends, et le groupe détient également des parts importantes dans Epic Games ou encore Ubisoft. Le fait qu’un projet occidental ambitieux comme Highguard ait été soutenu en grande partie par TiMi n’aurait donc rien d’étonnant en soi, mais l’absence de communication officielle autour de cet accord intrigue.
Highguard avait été révélé en grande pompe lors des Game Awards 2025, avec une bande-annonce diffusée à la fin de l’événement. Wildlight expliquait que cette mise en avant avait été proposée gratuitement par Geoff Keighley, animateur et créateur de la cérémonie, qui aurait personnellement testé le jeu et affiché son enthousiasme. Un élément supplémentaire attire toutefois l’attention : Steven Ma, vice-président senior de Tencent, siège au conseil consultatif des Game Awards, même si aucun lien direct n’a été officiellement établi entre ces faits.
Le développement de Highguard semblait ambitieux, avec un plan de saisons déjà établi, des cinématiques narratives particulièrement soignées et la promesse d’un suivi sur la durée malgré une réception majoritairement négative au lancement. Wildlight Entertainment, basé à Los Angeles et Seattle, comptait environ une centaine d’employés avant une vague récente de licenciements qui a réduit l’effectif à une équipe restreinte. Plusieurs développeurs venaient notamment de Respawn Entertainment. On ignore si Tencent a joué un rôle dans ces décisions, tout comme on ne connaît pas précisément le budget global du jeu, mais au vu de son positionnement et de ses ambitions, il ne devait pas être modeste.
Autre signe préoccupant, le site officiel de Highguard est hors ligne depuis quelques jours, laissant planer le doute sur la suite des opérations pour ce raid shooter au parcours déjà mouvementé.