C’est un précédent juridique majeur qui devrait faire réfléchir toute l’industrie du jeu vidéo.
En Chine, les tribunaux viennent de trancher : les comptes de jeux, les objets en jeu (skins, équipements) et les achats numériques ont une valeur réelle et font partie intégrante du patrimoine d'un joueur.
Conséquence directe ? Ils peuvent être légués à la famille après le décès.
L'affaire la plus médiatisée ? Une mère qui a obtenu le droit d'hériter des 87 comptes de son fils défunt. Face aux éditeurs qui invoquaient leurs fameuses "conditions d'utilisation" stipulant que les comptes restent la propriété exclusive de l'entreprise, les juges chinois ont botté en touche : la loi prime sur le contrat. Si vous avez investi du temps et de l'argent, c'est à vous (et à vos héritiers).
Petite nuance tout de même : pour des raisons évidentes de vie privée, les messages privés et historiques de chat restent intransmissibles.
Et pendant ce temps-là, en Occident...
Pendant que la justice chinoise pose un garde-fou salutaire pour les consommateurs, le tableau est bien plus dystopique de notre côté de la planète.
Chez nous, la notion de "propriété" numérique s'effrite à vue d'œil.
On apprend coup sur coup que Sony acterait la fin définitive des formats physiques à l'horizon 2028 pour ne plus nous vendre que du dématérialisé.
Le résultat ?
Vous n'achetez plus un jeu, vous louez une licence révocable.
Nous l'avons d'ailleurs récemment vécu avec la suppression pure et simple de films achetés sur le PlayStation Store, effacés de nos bibliothèques du jour au lendemain comme s'ils n'avaient jamais existé.
Pire encore : le jour où l'éditeur décide de fermer les serveurs pour faire des économies, votre "jeu acheté" devient un simple presse-papier inutilisable, sans aucun recours possible.
Il y a une ironie mordante, voire un cruel paradoxe, à voir la Chine se poser en pionnière de la protection des consommateurs face aux géants du gaming, quand nos régulateurs occidentaux laissent les éditeurs nous vendre du vent en nous faisant croire qu'on possède encore quelque chose.
À quand une loi européenne pour nous assurer qu'un jeu acheté restera jouable, même après la mort... des serveurs ?
