S’il y a bien un studio indépendant qui apporte une production noble et originale au jeu vidéo, c’est bien Double Fine.
Fondé par le légendaire Tim Schafer, ancien de LucasArts, il y a maintenant 26 ans, le studio a délivré depuis plus d’une merveille dans les mains des joueurs : Psychonauts, Brutal Legend, Costume Quest, Stacking et autres The Cave ont côtoyé d’autres productions beaucoup plus modestes. Pas toujours de gros succès critiques ou commerciaux, mais toujours une patte unique mêlant loufoquerie et vraies idées conceptuelles.
Après un succès mitigé pour un pourtant excellent Psychonauts 2 (revenu d’entre les morts après presque deux décennies d’attente), voici donc Keeper, un jeu d’aventure complètement barré où vous allez diriger… un phare.
Et vous savez quoi ? Ça va être grandiose.
LE CONCEPT DE KEEPER
Le point de départ d'un magnifique voyage...
Sorti dans un quasi-anonymat par un propriétaire Microsoft peu enclin à communiquer sur les jeux de ce genre, Keeper a malheureusement été un bide retentissant en 2025, malgré des retours des joueurs dithyrambiques.
Profitant de sa nouvelle indépendance tout juste retrouvée, Double Fine ressort donc le jeu en 2026 sur PlayStation 5 et c’est ainsi que votre serviteur peut enfin, de façon inespérée, y jouer.
La première heure est très belle mais très calme
Si la première heure, que je vous ai partagée sur la chaîne, semblait assez sage, c’est finalement par la suite que le jeu va révéler tout le talent de son créateur, Lee Petty, qui dirige les étapes clés du projet et qui en est le principal auteur.
Votre phare n'hésitera pas à se jeter à l'eau !
Dans Keeper, vous dirigez un vieux phare qui dormait en bord de mer et qui, soudain, prend vie lorsqu’un drôle d’oiseau, du nom de Brindille, se pose en catastrophe sur son toit.
Brindille était poursuivie par un nuage menaçant qui semblait vivant, une sorte de fléau, ce qui l’a contrainte à être séparée de ses congénères.
Le phare va alors briller de mille feux et détruire le fléau. Suite à cela, notre drôle de protagoniste va décider de se laisser pousser littéralement des pattes et de partir à l’aventure, accompagné de Brindille.
Si le pitch semble très cartoonesque de prime abord, il révélera progressivement être la première étape d’une quête où notre duo devra sauver le monde, rien que ça.
LE WAKING SIM COMME POINT DE DEPART, MAIS PAS QUE
Pleins de petites histoires sont racontées via des fresques...
De prime abord, et surtout à travers sa première heure de jeu (qui n’est décidément pas très représentative de l’ensemble de l’aventure), Keeper semble être un jeu ultra zen, où notre phare déambule dans de magnifiques décors bucoliques sans qu’il y ait la moindre phase d’action ou d’énigme.
On ne peut que marcher, légèrement courir ou pointer dans une direction avec le faisceau lumineux du phare.
C'est parti pour la visite d'une civilisation perdue !
Brindille est également contrôlable par moments, afin d’actionner des leviers ou d’enclencher des mécanismes servant de base à des énigmes assez simples, mais toujours plaisantes. Il y a un peu de It Takes Two dans ces puzzles. C'est à la fois simple et intelligent. Jamais frustrant.
La narration quant à elle suit le modèle de Journey, dont il reprend certains éléments : dans Keeper, aucune explication textuelle à l’écran. Tout est à comprendre via le décor, la mise en scène et les scènes cinématiques.
Vraiment aucune explication textuelle ? Eh bien, pas tout à fait. Pour les aficionados d’explications écrites, Keeper a caché les explications de son lore… dans ses trophées. En effet, en parcourant le monde de Keeper, vous aurez l’occasion, si vous êtes un fin limier, de trouver des statues à reconstruire, vestiges d’une civilisation perdue annonciatrice de la catastrophe qui touche le monde de Keeper.
Et pourquoi le fait d'être un phare nous empêcherait de voler comme une barbapapa?
Si vous allez dans le détail desdits trophées, vous aurez, en guise de descriptif, un paragraphe narratif qui explicitera le lore. C’est plutôt original, mais, par contre, gare à la conservation de ces éléments dans le temps et à la durée de vie des serveurs !
Autre parallèle avec Journey : comme dans le jeu de Joshua Chen, Keeper est une quête menant au sommet d’une montagne, faisant office de salut pour son protagoniste et de révélation.
UNE PATTE ARTISTIQUE ABSOLUMENT SUBLIME
C'est juste magnifique. Tout le temps.
Ce qui frappe en premier lieu avec Keeper, c’est la beauté de sa réalisation. Construite sous un budget de AA via Unreal Engine, la direction artistique de Keeper démontre que Double Fine n’a rien perdu de sa superbe et de sa maîtrise technique depuis Psychonauts 2.
Certains effets ou panoramas sont parmi les plus beaux que j’ai vus sur cette génération. Keeper est vraiment un spectacle visuel de tous les instants, et la partie sonore n’est pas en reste.
Cette effet m'a immédiatement fait pensé à la plongée dans le vaisseau extra-terrestre dans le film Abyss.
Que cela soit l’excellence du sound design et de sa spatialisation (dirigés par Camden Stoddard) ou la musique (dirigée par David Earl), mêlant moments joviaux et mélancolie intimiste, Keeper est un spectacle constant pour vos cages à miel. Bravo.
UN PHARE, OUI, MAIS PAS QUE
Hissez la Grand Voile, moussaillons !
Si vous pensiez que Keeper allait juste vous faire contrôler un phare, vous vous trompez. Sans spoil aucun, sachez simplement que d’autres moyens de locomotion (terrestres, aquatiques…) vous attendent et je voudrais rendre hommage à l’avant-dernière partie du jeu, qui m’a rappelé mes plus belles heures de Morph Ball dans Metroid Prime.
De manière générale, il est bon de ne pas trop parler de ce qui vous attend dans Keeper, car la surprise est un facteur déterminant pour apprécier le jeu à sa juste valeur.
UN PRIX ET UNE DUREE DE VIE CALIBRES
Ce passage m'a clairement rappelé les half-pipes dans Metroid Prime !
Keeper dure 5 heures. Ça peut sembler peu, mais à 19,99 € en prix de sortie, avec une replay value intéressante (trouver toutes les statues du lore la première fois n’est pas chose aisée) et un plaisir incomparable à retrouver un univers aussi beau qu’original, il n’y a pas photo.
Si vous aimez le jeu vidéo, si vous aimez faire découvrir des pépites originales, qui plairont même aux non-joueurs, et si vous souhaitez soutenir de vrais créateurs qui apportent une vraie plus-value au médium, alors achetez Keeper, car c’est un acte militant pour exiger la qualité, la vraie, dans un jeu vidéo.
CONCLUSION
Keeper est un rêve éveillé réalisé par une équipe talentueuse qui a besoin de vous : achetez le !
Alors là, vous êtes prévenus : Keeper est une pure merveille ! Injustement boudé à sa sortie en raison d’une publicité fantomatique, Keeper profite de la nouvelle indépendance de son studio, Double Fine, pour retenter sa chance ! Et bien, mes amis, quelle claque !
Vous dirigez un phare (oui, un phare) qui décide de partir à l’aventure, accompagné d’un oiseau aussi foutraque qu’attachant ! Un pitch comme seul le studio du génial Tim Schafer est capable de nous en pondre !
Passée une première heure un peu trop sage, voire pataude, Keeper se révèle : c’est un jeu visuellement et artistiquement époustouflant, à la fois simple dans son gameplay et terriblement original dans son exécution ! Certains tableaux sont de pures fresques, sublimés par des lumières, des compositions et des couleurs absolument incroyables ! Un véritable spectacle sans fin !
Certains puzzles sont parmi les plus originaux que j’ai vus depuis… It Takes Two ! La narration est toute en suggestivité ou via des mémos présents dans les trophées : original !
Vendu à un prix ridicule, Keeper est un hymne au jeu vidéo, auquel il fait honneur avec maestria ! Un jeu incontournable si vous voulez mon respect ! Un immense BRAVO !
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POUR ALLER PLUS LOIN : MA DECOUVERTE DE LA PREMIERE HEURE DE JEU :
J'ai vraiment adoré l'expérience mais vraiment. Le jeu n'est pas parfait loin de là, mais si on m'avait dit un jour que j'aurai apprécié de vivre le voyage d'un phare jamais j'y aurai cru