Alors que Microsoft poursuit sa transformation de la marque Xbox, l'ancien CEO de Sony Interactive Entertainment America, Shawn Layden, estime que la stratégie actuelle manque de clarté. Selon lui, l'entreprise ne pourra pas durablement occuper deux positions à la fois : celle de constructeur de consoles et celle du plus grand éditeur de jeux vidéo.
Dans un entretien accordé à Eurogamer, Layden explique que ces deux modèles reposent sur des logiques très différentes. Une plateforme forte a besoin d'exclusivités capables de convaincre les joueurs d'investir dans son écosystème, à l'image de PlayStation avec God of War, Horizon et Astro Bot ou Nintendo avec Mario et Zelda. À l'inverse, un éditeur mondial doit diffuser ses productions sur un maximum de supports afin de toucher le plus large public possible.
Il y a deux routes : être un concurrent crédible sur le marché des plateformes face à PlayStation, ou être le plus grand éditeur de jeux au monde, ce que Microsoft est, ou presque, au vu de ses acquisitions. Mais ces deux routes ne convergent pas. Elles divergent nécessairement.
Pour l'ancien dirigeant de Sony, Microsoft est aujourd'hui à un carrefour. Avec les rachats successifs de Bethesda puis d'Activision Blizzard, Xbox possède désormais un catalogue colossal qui lui permet de rivaliser avec les plus grands éditeurs de l'industrie. En revanche, cette nouvelle dimension entre en contradiction avec la nécessité d'alimenter une console en exclusivités.
Shawn Layden rappelle également que, durant son passage chez PlayStation, les productions internes ne représentaient qu'une partie du marché. L'objectif n'était pas de concurrencer les grands éditeurs tiers comme Electronic Arts, Ubisoft ou Take-Two, mais de proposer des exclusivités suffisamment attractives pour renforcer l'écosystème PlayStation et, au final, faire grandir l'ensemble du marché.
Même dans notre meilleure année, nous n'avons jamais dépassé 22% de part de marché. Plus de 80% du business venait d'EA, Ubisoft, Activision, Take-Two, Bandai Namco, Sega. Notre rôle en tant que first-party n'était pas de devenir le plus grand éditeur du monde. En fait, c'était contraire à notre intérêt de commencer à empiéter sur nos partenaires. Mon rôle était de faire des jeux qui agrandissaient le gâteau, pas de voler des parts à EA ou à Activision.
Il revient également sur la politique d'acquisitions menée par Sony, bien différente selon lui de celle de Microsoft. Le constructeur japonais privilégiait des studios avec lesquels il entretenait déjà une relation de longue date avant d'envisager un rachat. Il cite notamment Insomniac Games, partenaire pendant près de vingt ans avant son intégration officielle dans la famille PlayStation.
À ses yeux, multiplier rapidement les acquisitions comporte toujours un risque d'intégration, aussi bien sur le plan humain que créatif. Une inquiétude qui résonne d'autant plus aujourd'hui, alors que Xbox a connu plusieurs vagues de licenciements et des fermetures de studios ces dernières années.
Lorsque Microsoft s'est lancé dans sa vague de rachats en 2018, j'ai été impressionné, je dois l'admettre. Je me suis dit : "Waouh, vous pouvez acquérir tous ces studios avec lesquels vous n'avez jamais travaillé auparavant, les intégrer à votre groupe, et maintenant vous allez réussir à faire de grandes choses ensemble ?". Tant mieux si vous y parvenez. [...] Je ne sais pas quelles missions ont été confiées à Asha, donc je ne peux pas juger la manière dont elle les exécute. Comme je l'ai déjà dit, je ne suis pas un hater de Xbox. Au contraire, je préfère une industrie où deux concurrents solides s'affrontent. Au final, cela donne de meilleurs jeux, davantage de jeux, et cela crée une dynamique positive pour l'ensemble du secteur.
Enfin, Shawn Layden regrette la disparition progressive de la rivalité qui animait autrefois le marché des consoles. Il estime que la concurrence entre Xbox 360 et PlayStation 3 avait poussé les deux constructeurs à se dépasser, au bénéfice des joueurs comme de toute l'industrie. Selon lui, Microsoft devra désormais définir clairement son identité s'il souhaite retrouver cette dynamique.
C'était le bon vieux temps. Les coups fusaient dans tous les sens : qui était devant, qui gagnait ? Je ne suis pas particulièrement fan des guerres de consoles ou des guerres de plateformes, appelez ça comme vous voulez, mais cette énergie créait une véritable effervescence. Même les personnes qui ne jouaient pas aux jeux vidéo voyaient cette rivalité et la suivaient. Et cela poussait aussi les deux camps à se surpasser : "Il nous faut un jeu pour répondre à ça, il faut contrer cette annonce, il nous faut aussi ce type de projet."
la gdc c'est sain pour l'industrie, je l'ai toujours dis...
Sur toutes les consoles, une à marcher, et à présent ça a le cul entre deux chaises.
Faut pas être arrogant, mais savoir raccrocher.
Maintenant c'est les deux camps qui se surpassent pour faire les pires annonces de merde. :/
Malheureusement, en tant qu'éditeurs tiers ça enlève de la concurrence à Nintendo et Sony et on voit bien ce que ça donne.
Je me souviens encore de la présentation de la console que je trouvais absolument magnifique déjà et puis la masse de jeux excellents qui sortaient dessus.
Pour moi clairement elle fait partie du top 3 des meilleurs consoles jamais créées.
Aujourd’hui la marque Xbox n’est plus que l’ombre d’elle même, elle devient totalement invisible, c’est triste parce qu’à une époque ils se seraient précipité pour rebondir sur la polémique sur l’arrêt du physique de Sony.