Le fonds public d'investissement d'Arabie saoudite (Public Investment Fund ou PIF) poursuit la réorganisation de ses investissements dans le jeu vidéo en transférant une partie massive de ses participations vers sa filiale dédiée, Savvy Games Group. Selon Bloomberg, près de 12 milliards de dollars d’actions sont actuellement en cours de transfert.
Une fois l’opération finalisée, Savvy Games Group détiendra environ 10% de plusieurs éditeurs majeurs japonais et coréens, dont Koei Tecmo, NCSoft, Nexon et Square Enix. Le transfert inclurait également les participations du PIF dans Nintendo et Bandai Namco. Le fonds public d'investissement d'Arabie saoudite avait déjà commencé ce mouvement fin 2025 en transférant 11 millions d’actions de Take-Two Interactive, la maison-mère de Rockstar Games.
Malgré cette concentration des actifs, Savvy Games Group devrait conserver l’approche « hands-off » du PIF, sans ingérence directe dans la gestion des sociétés concernées. Ce transfert n’est d’ailleurs pas une surprise : dès septembre 2024, un représentant du groupe saoudien expliquait au journal japonais Nikkei que cette opération était prévue et pourrait intervenir dès 2025.
« Ces transferts placent la gestion des investissements jeux vidéo du PIF sous la responsabilité de Savvy Games Group, qui est une organisation leader dans ce secteur et un pilier de la stratégie nationale du jeu vidéo et de l’esport », a déclaré Amar Batkhuu, porte-parole de Savvy Games Group.
Créée en novembre 2021 par le PIF, Savvy Games Group s’inscrit dans la stratégie de diversification économique et de transformation sociale de l’Arabie saoudite. Depuis sa création, la société a constitué un portefeuille particulièrement solide : prise de participation à hauteur d’un milliard de dollars dans Embracer Group, rachat de Scopely (Monopoly Go) auprès de Sony pour environ 4,9 milliards de dollars, ainsi que l’acquisition des sociétés ESL Gaming et FaceIt pour dominer le monde de l'eSport.
Savvy Games Group était également le partenaire stratégique pressenti pour un investissement de 2 milliards de dollars dans Embracer Group, avant de se retirer au dernier moment. Une décision qui a conduit l’éditeur suédois à une restructuration massive, marquée par des licenciements, des fermetures de studios et des annulations de projets, avant sa scission en trois entités distinctes.
À plus grande échelle encore, le PIF reste le principal investisseur dans le projet de rachat d’Electronic Arts pour 55 milliards de dollars. Si l’opération aboutit, le fonds saoudien contrôlerait plus de 93,4% de l’éditeur américain.