Le 3 juillet 2026, le yen est tombé à son plus bas niveau depuis 40 ans face au dollar (161 ¥/$) et s'échangeait aux alentours de 160 ¥/€. Un événement qui pourrait bien être le symptôme d'un bouleversement monétaire mondial.
Beaucoup s'interrogent sur cette dégringolade, mais peu mesurent le rôle colossal et méconnu du yen au sein du système financier mondial. Derrière cette monnaie se cache une histoire fascinante : celle d'un allié des États-Unis devenu trop encombrant, dont la puissance économique a été délibérément démantelée pour préserver la domination du dollar.
Cette série s'appuie sur plusieurs ouvrages majeurs :
- Les Princes du yen de Richard Werner
- La Guerre des monnaies de Hongbing Song
- Pétrole : Une guerre d'un siècle de William Engdahl
- Chip War de Chris Miller
- Princes of the Yen (documentaire)
Synthétisé à partir de mes prises de notes via l'IA Deepseek.
Bonne lecture!!!
CHAPITRE 1 – 1945-1979 – Les fondations du "miracle" japonais
1945-1971 : Une économie de guerre en temps de paix
Pour comprendre le yen d'aujourd'hui, il faut retourner aux origines du "miracle" japonais.
En 1945, le Japon est en ruines. L'occupation américaine, sous MacArthur, ne démantèle pas le système économique de guerre, elle le remodèle. Le Japon va reproduire la logique de l'économie de guerre, mais appliquée aux biens de consommation.
Le système japonais d'après-guerre s'inspire directement des méthodes du banquier central d'Hitler, Hjalmar Schacht, et de la Reichsbank dans les années 1920. Schacht avait développé un système de contrôle du crédit permettant à l'État de diriger les flux financiers vers les secteurs prioritaires. Ce modèle "schachtien" fut exporté au Japon et adapté.
L'instrument clé ? Le "Window guidance" (窓口指導). La Banque du Japon (BOJ) dirige strictement les flux de crédit vers les secteurs jugés stratégiques, limitant la concurrence par des cartels. L'objectif n'est pas le profit, mais la croissance des parts de marché.
Résultat : une croissance fulgurante. En 1968, le Japon devient la deuxième économie mondiale, servant de modèle aux "tigres" asiatiques.
Le yen, étouffé pour favoriser les exportations
Durant cette période, le yen est maintenu à un taux de change artificiellement bas (360 yens pour un dollar de 1949 à 1971), ce qui favorise les exportations japonaises. Le "miracle" économique japonais repose en partie sur cette sous-évaluation monétaire.
Mais ce système, planifié et protégé, est une épée de Damoclès. Il allait attirer les foudres de Washington.
Le tournant de 1971 : la fin de l'étalon-or et la guerre des monnaies
Le 15 août 1971, Nixon met fin à la convertibilité du dollar en or. Le système monétaire international, en vigueur depuis Bretton Woods, s'effondre. Le yen, jusqu'alors maintenu artificiellement bas, commence à s'apprécier, passant de 360 à 308 yens pour un dollar. C'est un premier avertissement pour le Japon, dont le modèle exportateur repose sur une monnaie faible. La guerre des monnaies commence.
1973 : La Commission trilatérale, ou comment intégrer le Japon au cercle des décideurs
Face à ces bouleversements, David Rockefeller fonde la Commission trilatérale pour renforcer les liens financiers entre l'Amérique du Nord, l'Europe et le Japon. Le Japon est désormais intégré au cercle des décideurs mondiaux, mais toujours sous la tutelle du dollar. Cette intégration est à double tranchant : elle reconnaît la puissance japonaise, mais elle l'institutionnalise dans un système où le dollar reste roi.
CHAPITRE 2 – 1945-1985 – Le Japon, vitrine de l'Occident et future usine du monde
Après la guerre, les États-Unis font un choix stratégique : empêcher que l'océan Pacifique ne devienne un océan communiste. Avec la victoire communiste en Chine (1949) et la guerre de Corée (1950), Washington décide que le Japon doit devenir le principal allié industriel des États-Unis en Asie. L'objectif est clair : faire du Japon la vitrine du monde occidental et un rempart contre la vague communiste.
Les Américains injectent des milliards de dollars à travers le plan Dodge (1949) et les commandes militaires de la guerre de Corée. Ces dernières représentent environ 60 % des exportations japonaises au début des années 1950. Toyota, au bord de la faillite en 1949-1950, survit grâce aux prêts bancaires et aux commandes américaines.
Les États-Unis transfèrent également leur savoir-faire dans l'acier et l'électronique via des licences et des brevets accordés par Bell Labs, IBM, RCA et GE. Ils ouvrent leur marché intérieur aux produits japonais, acceptant d'énormes déficits commerciaux comme un choix géopolitique de la guerre froide.
Les résultats sont spectaculaires
- L'automobile : En 1980, les voitures japonaises représentent 23 % des ventes aux États-Unis.
- Les semi-conducteurs : En 1970, le Japon détenait 20 % de parts de marché mondiales (contre 60 % pour les USA). En 1980, il grimpe à 51 %, contre 35 % pour les USA.
- L'électronique grand public : Sony, Panasonic, Toshiba inondent les foyers occidentaux.
Le yen, arme secrète du miracle
Durant cette période, le yen est maintenu à un taux artificiellement bas (360 yens pour un dollar de 1949 à 1971), rendant les produits japonais extrêmement compétitifs.
Le prix du succès
Ce système, planifié et protégé, avait un coût. Il maintenait une grande partie de la population dans une sous-consommation chronique. Mais le Japon avait accompli l'impossible : en une génération, il était passé du statut de pays vaincu à celui de deuxième puissance économique mondiale.
CHAPITRE 3 – 1979-1989 – L'apogée du Japon (1ère partie)
L'ère de la globalisation et de la financiarisation à outrance
Les années 1980 marquent un tournant dans l'économie mondiale. Sous l'impulsion de Reagan et Thatcher, le monde bascule dans une ère de financiarisation outrance, de dérégulation et de globalisation. Les "yuppies" règnent sur Wall Street. Le capitalisme financier l'emporte sur l'industrie. Et le Japon, lui, est au sommet de sa puissance technologique.
Le Walkman : la bascule vers l'innovation
En 1979, Sony lance le Walkman. Pour la première fois, un produit japonais ne se contente pas d'imiter l'Occident ; il crée une nouvelle catégorie de consommation et bouleverse les habitudes culturelles mondiales. Le Japon passe de la copie à l'innovation.
Une domination technologique tous azimuts
- L'automobile : Après les chocs pétroliers, les voitures japonaises, plus petites et moins gourmandes en essence, déferlent sur l'Amérique. L'automatisation des chaînes de montage les rend d'une fiabilité redoutable. Detroit est laminée. En 1980, les voitures japonaises représentent 23 % des ventes aux États-Unis.
- Les semi-conducteurs : Les DRAM japonaises ont 4,5 fois moins de défauts que les américaines. Le Japon détient près de 100 % du marché des puces 1 mégabit.
- L'image et le son : Le Japon domine les formats VHS, les magnétoscopes, les téléviseurs. Sony, Panasonic, Toshiba inondent les foyers occidentaux.
- La lithographie : Nikon et Canon supplantent l'américain GCA, qui dominait le marché des steppers.
- Les jeux vidéo : Nintendo conquiert 85 % du marché américain après le krach de 1983.
- Les écrans plats : Une technologie inventée aux États-Unis, mais le Japon en contrôle 90 % du marché.
En 1989, 6 des entreprises les plus précieuses du monde étaient japonaises : Industrial Bank of Japan ($104 Md), Sumitomo Bank ($73 Md), Fuji Bank ($69 Md), Dai-Ichi Kangyo Bank ($60 Md), Tokyo Electric Power, Toyota Motor Corporation.
Le Japon qui peut dire non
En 1989, Akio Morita (Sony) et Shintaro Ishihara publient Le Japon qui peut dire non. Ishihara écrit : "Les semi-conducteurs de 1 mégabit utilisés dans le cœur des ordinateurs ne sont fabriqués qu'au Japon. Le Japon a au moins cinq ans d'avance sur les États-Unis."
Le livre est traduit par la CIA. En 1987, la CIA commande un rapport prévoyant une "Pax Nipponica" – un bloc économique asiatique dirigé par le Japon.
CHAPITRE 4 – 1979-1989 – L'apogée du Japon (2ème partie)
Les Accords du Plaza : le piège se referme
En septembre 1985, l'Accord du Plaza est signé à l'hôtel new-yorkais du même nom. Officiellement, pour faire baisser un dollar surévalué. Officieusement, pour contraindre le Japon à réévaluer le yen.
En 1985, 1 dollar valait environ 260 yen. En 1987, il ne vaut plus que 130 yen. Le yen a doublé en deux ans. La BOJ baisse ses taux d'intérêt de 5 % à 2,5 % en février 1987 pour compenser l'effet négatif sur les exportations.
L'effet sur l'industrie japonaise
Une Toyota exportée aux États-Unis, qui coûtait 10 000 dollars, doit désormais être vendue 20 000 dollars pour maintenir les mêmes marges. L'impact est brutal. Les entreprises japonaises n'ont pas d'autre choix : elles doivent délocaliser en Asie du Sud-Est, puis en Chine, aux États-Unis et en Europe. C'est le début de l'internationalisation productive contrainte du Japon.
La bulle spéculative
Les capitaux japonais se rapatrient massivement. Le Nikkei passe de 6 819 points à 38 915 points en 1989. Entre 1986 et 1989, le prix des terrains dans les grandes villes est multiplié par 3 à 5. Le palais impérial de Tokyo vaut autant que l'intégralité du parc immobilier de la Californie. Le foncier représente alors environ 60 à 70 % de la richesse nette des ménages. Le marché immobilier japonais pèse quatre fois plus en valeur que celui des États-Unis.
Le zaitech : la financiarisation du Japon
Pour compenser leurs pertes, les entreprises japonaises se lancent dans la spéculation financière (zaitech). Selon Nomura, les actifs financiers de Japan Inc. passent de 909,7 milliards de dollars en mars 1983 à 1 400 milliards de dollars en 1986. En 1986, la rumeur courait qu'un tiers des bénéfices avant impôt de Toyota provenait du zaitech.
Une bulle culturelle sans précédent
Sony rachète Columbia Pictures pour 4,8 milliards de dollars – la plus grosse acquisition japonaise de l'histoire aux États-Unis. Des films comme Akira n'auraient jamais vu le jour sans ces budgets faramineux.
Le "Japan Lobby" à Washington
En 1990, le Japon dépense 400 millions de dollars par an pour un lobbying politique aux États-Unis – un montant équivalent aux dépenses combinées des Républicains et des Démocrates pour les élections de 1988.
"Losing the War with Japan" (1991)
Le documentaire Frontline examine comment le "capitalisme à la japonaise" menace la domination américaine. Pendant que les USA gagnaient la guerre militaire au Koweït, ils perdaient la guerre économique contre le Japon.
La BOJ remonte les taux de 2,5 % à 6 % entre 1989 et 1990 : la bulle éclate.
CHAPITRE 5 – 1990-1999 – L'effondrement, la déflation et la naissance du carry trade
1990-1992 : L'éclatement de la bulle
Wall Street utilise la bombe nucléaire financière : les produits dérivés.
Le mécanisme (raconté par Hongbing Song) est diabolique :
- Les banquiers d'investissement achètent aux compagnies d'assurance japonaises des promesses de paiement en cas de baisse du Nikkei (put warrants).
- Ils revendent ces promesses au Danemark, qui "loue" sa réputation.
- Les Japonais, persuadés de leur exceptionnalisme, parient contre eux.
- Le 29 décembre 1989, le Nikkei atteint son sommet historique : 38 915 points.
- Le 12 janvier 1990, les Nikkei put warrants sont émis sur le NYSE. Le Nikkei commence à chuter. Il ne s'arrêtera plus.
En 1992, la bourse japonaise a perdu 60 % de sa valeur. Près de 5 000 milliards de dollars s'évaporent. L'économiste Yoshikawa Mototada écrira que l'appauvrissement du Japon dans les années 1990 est comparable à celui de la Seconde Guerre mondiale.
Le krach a été d'une telle violence qu'il a fallu 34 ans à la bourse japonaise pour s'en remettre (le Nikkei retrouve son record historique seulement en 2024).
1990-1998 : La décennie perdue et le déni de la BOJ
Richard Werner, chercheur associé à la BOJ pendant la crise, révèle dans Les Princes du yen que la banque centrale savait, mais a choisi de ne pas agir.
Un banquier central lui confie :
"Si nous imprimions plus d'argent, nous aurions une reprise. Mais rien ne changerait alors. Les problèmes structurels du Japon ne seraient pas résolus."
La BOJ prolonge délibérément la récession pour forcer la transformation structurelle du Japon vers un modèle libéral à l'américaine.
Le résultat institutionnel :
- Le ministère des Finances (Ōkurashō) est dépouillé de ses pouvoirs en 1998
- La BOJ devient indépendante en 1998
- En janvier 2001, le Ōkurashō disparaît, perdant même son nom
1999 : La naissance du carry trade
Le carry trade naît en 1999, lorsque la BOJ abaisse ses taux à zéro. Le yen devient la monnaie de financement du monde.
CHAPITRE 6 – 1990-2010 – Les conséquences sociales et économiques de la décennie perdue
Un déclin relatif
La décennie perdue n'est pas qu'une crise financière. C'est une catastrophe sociale et démographique dont les effets se font encore sentir aujourd'hui.
Le Japon reste innovant dans la robotique, les matériaux, les machines-outils et l'automobile. Il perd cependant son avance dans les logiciels, Internet, les plateformes numériques et les semi-conducteurs de pointe. Le décalage technologique avec les États-Unis et la Chine se creuse.
Les entreprises zombies
Au début des années 2000, on estime que 30 % des entreprises japonaises étaient des "zombies" – des entreprises qui ne survivent que grâce aux prêts des banques, sans profit ni perspective de croissance.
Ces entreprises ont cassé les prix juste pour survivre, plongeant le Japon dans une spirale déflationniste. Les clients reportent leurs achats, les entreprises baissent les prix, les entreprises n'embauchent plus, voire licencient.
Le cercle vicieux de la déflation
Si les prix baissent, les entreprises ne peuvent pas faire de bénéfices. Dès lors, pas d'investissement dans l'innovation, pas d'augmentation des salaires. Pendant ce temps, aux États-Unis, les capitaux financent les géants de la Silicon Valley.
La génération sacrifiée
Les entreprises gèlent les embauches de nouveaux diplômés durant 10 ans. Beaucoup finiront caissiers ou serveurs, malgré leurs diplômes. Cette fameuse "génération perdue" (Lost Generation) portera les stigmates de cette crise toute sa vie.
- En 2015, 1 homme sur 4 et 1 femme sur 7 n'étaient pas encore mariés à 50 ans au Japon.
- En 2024, moins de 700 000 naissances pour la première fois depuis le début des statistiques à la fin du XIXe siècle, contre 2 millions au début des années 1970.
Le PIB nominal du Japon était de 5 500 milliards de dollars en 1995. Il est aujourd'hui d'environ 4 200 milliards de dollars. Cette baisse ne provient pas seulement de la stagnation économique, mais aussi de la déflation, de l'évolution du taux de change du yen et de la démographie.
Le salaire moyen n'a pas augmenté depuis 30 ans – les salaires réels stagnent.
CHAPITRE 7 – 2000-2019 – L'ère du carry trade et l'échec des Abenomics
Le carry trade, pilier du système mondial
Pendant une décennie, le carry trade fonctionne sans heurts. Le yen reste faible, oscillant entre 100 et 120 yens pour un dollar. Les investisseurs empruntent des yens pour acheter des actifs partout dans le monde.
Les chiffres colossaux :
- Prêts externes des banques japonaises : 350 milliards de dollars
- Investissements étrangers du Japon : plus de 4 500 milliards de dollars
Sans le carry trade, Wall Street perd sa principale source de financement à bas coût. La dette américaine (36 000 milliards de dollars aujourd'hui) repose en partie sur ce mécanisme.
2012-2019 : L'échec des Abenomics
En 2012, Shinzo Abe lance les "Abenomics" : assouplissement monétaire massif, relance budgétaire, réformes structurelles. Objectif : provoquer une inflation de 2 %.
La stratégie monétaire : faire baisser le yen pour relancer les exportations. La BOJ imprime des yens, le yen s'affaiblit (120 yens/ en 2013, jusqu′ à 150 yens).
Le carry trade a-t-il étouffé les Abenomics ?
L'assouplissement monétaire sans précédent de la BOJ a bien affaibli le yen et fait bondir la bourse de Tokyo, mais les exportations n'ont pas répondu comme prévu.
Le carry trade a contribué à cette inefficacité en détournant les capitaux vers des placements financiers étrangers plutôt que vers l'économie réelle. Les entreprises japonaises sont restées dans un "esprit déflationniste" : elles refusent d'augmenter les prix par peur de perdre des clients.
Le yen faible n'a pas profité aux ménages, dont le pouvoir d'achat a diminué.
En 2016, la BOJ adopte les taux d'intérêt négatifs. Le yen reste faible. L'inflation ne vient pas. La dette publique atteint 260 % du PIB.
CHAPITRE 8 – 2020-2026 – Le piège du yen se referme sur le monde
2020-2023 : L'inflation qui revient
La pandémie bouleverse tout. Les chaînes d'approvisionnement sont perturbées. Les prix des matières premières s'envolent. Pour la première fois depuis des décennies, l'inflation pointe au Japon.
En 2022-2023, le prix du riz – aliment de base – flambe. Les ménages japonais voient leur pouvoir d'achat s'effondrer. Le yen, qui s'affaiblit encore, renchérit les importations. Le Japon, dépendant à 100 % du gaz et du pétrole, subit de plein fouet la hausse des prix de l'énergie.
2024-2026 : La BOJ commence à craquer
La BOJ, prise au piège, commence à remonter ses taux :
- 2024 : de 0,1 % à 0,25 %
- 2025-2026 : nouvelles hausses timides
Le 3 juillet 2026, le yen tombe à son plus bas niveau depuis 40 ans : 161 ¥/$ et 160 ¥/€.
Pourquoi le monde tremble-t-il ?
Le carry trade est partout :
- Les hedge funds ont emprunté des milliers de milliards de yens
- Ils ont investi dans des actions américaines, des cryptos, des bons du Trésor
Si la BOJ continue d'augmenter ses taux, le coût de ces emprunts explose
Les trois risques du carry trade se matérialisent simultanément :
- La BOJ augmente ses taux
- Le yen s'apprécie (rendant le remboursement plus cher)
- Les actifs achetés avec les yens perdent de la valeur
Le danger pour les États-Unis :
- Les investisseurs japonais, attirés par les rendements japonais, se détournent des bons du Trésor américain
- Une vente massive des bons du Trésor provoquerait une crise de la dette (36 000 milliards de dollars)
Le Japon est pris en étau :
- Augmenter les taux → fin du carry trade, effondrement des actifs risqués (crypto, actions)
- Baisser les taux → importer davantage d'inflation, appauvrir les ménages, renchérir les importations énergétiques et technologiques (IA, semi-conducteurs)
L'ère du yen comme monnaie de financement du monde touche-t-elle à sa fin ?
Le yen n'est pas seulement une monnaie nationale. C'est le lubrifiant d'un système financier mondial devenu dépendant de sa faiblesse. Si ce lubrifiant vient à manquer, c'est tout le moteur qui risque de gripper.
CHAPITRE 9 – Conclusion
La chute du yen n'est pas un accident. C'est le prolongement d'une guerre économique et monétaire commencée il y a cinquante ans.
Le yen a été la monnaie d'une puissance montante, puis la monnaie d'une bulle spéculative, et enfin la monnaie de financement du monde. Aujourd'hui, il est la monnaie d'une nation en déclin démographique et économique, mais dont la monnaie reste le pilier invisible du système financier mondial.
Le carry trade a permis aux États-Unis d'emprunter sans limite pendant plus de vingt ans. La dette américaine a atteint 36 000 milliards de dollars, et le yen en a été le carburant.
Mais ce carburant s'épuise. La BOJ, prise au piège entre l'inflation importée et la fin du carry trade, devra faire un choix douloureux. Et ce choix aura des conséquences planétaires.
L'ère du yen comme monnaie de financement du monde touche-t-elle à sa fin ?
"Je suis arrivé à Freezer au moment de la Bulle, et le spéculateur immobilier était la pire personne de toutes. Alors j'en ai fait le plus grand propriétaire terrien de l'univers." Akira Toriyama
Contexte :
- La "Bulle" (Bubble Keiki) désigne la période de spéculation effrénée au Japon entre 1985 et 1990, où les prix de l'immobilier et des actions ont atteint des sommets avant de s'effondrer .
- Toriyama a créé Freezer en 1989, au cœur de cette bulle .
- Il a conçu le personnage comme un "requin de l'immobilier" ("land shark") intergalactique, qui s'empare des planètes pour les revendre – une métaphore des spéculateurs qu'il considérait comme les pires des êtres humains .
Source primaire : Dragon Ball Daizenshuu 2: Story Guide, un guide officiel de la série publié par Shueisha en 1995 .
Contexte :
- La "Bulle" (Bubble Keiki) désigne la période de spéculation effrénée au Japon entre 1985 et 1990, où les prix de l'immobilier et des actions ont atteint des sommets avant de s'effondrer .
- Toriyama a créé Freezer en 1989, au cœur de cette bulle .
- Il a conçu le personnage comme un "requin de l'immobilier" ("land shark") intergalactique, qui s'empare des planètes pour les revendre – une métaphore des spéculateurs qu'il considérait comme les pires des êtres humains .
Source primaire : Dragon Ball Daizenshuu 2: Story Guide, un guide officiel de la série publié par Shueisha en 1995 .
En 2026 le PIB nominal et le PIB en parité de pouvoir d’achat des USA est sans commune mesure ! Le Japon s’est « effondré » poste 80.
Si je me souviens bien tu avais un site où on pouvait trouver des milliers de livre en pdf, aurais tu encore le lien du site ?