Le développement de The Blood of Dawnwalker a été pensé dès le départ comme une alternative aux productions AAA toujours plus imposantes. À la tête de Rebel Wolves, Konrad Tomaszkiewicz, ancien réalisateur de The Witcher 3 chez CD Projekt, souhaitait retrouver une structure plus réduite et une organisation lui permettant de rester proche des développeurs.
Le projet commence réellement à prendre forme à la fin de l’année 2021, lorsque Konrad Tomaszkiewicz échange avec Jakub Szamalek, avec qui il avait déjà travaillé sur The Witcher 3 et Cyberpunk 2077. Les premières réflexions portent notamment sur le protagoniste. L’équipe veut un personnage lié au vampirisme, mais cherche rapidement un moyen de lui donner davantage de profondeur et de variété.
L’idée retenue consiste finalement à faire de Coen un personnage capable d’alterner entre son côté humain et sa nature vampirique. Cette particularité devient rapidement l’un des fondements du gameplay, avec des possibilités différentes selon le moment de la journée.
Mais cette idée pose aussi un problème : comment permettre au joueur d'explorer ces deux facettes sans transformer le jeu en une expérience interminable ?
C’est à ce moment que Rebel Wolves imagine son système de temps limité. Coen dispose d’une période définie pour tenter de sauver sa famille, et les actions réalisées au cours de l’aventure réduisent progressivement le temps disponible. Le joueur doit donc faire des choix et accepter qu’il ne pourra pas découvrir absolument tout le contenu lors d’une même partie.
Pour les développeurs, cette mécanique permet également de renforcer la cohérence de l’aventure. Plutôt que de demander au joueur de sauver le monde tout en lui permettant de passer plusieurs dizaines d’heures à effectuer des activités secondaires, The Blood of Dawnwalker impose une véritable notion d’urgence.
Le studio polonais a testé différentes manières de faire fonctionner ce système, notamment en réfléchissant à l’impact des déplacements rapides sur le temps disponible. Rebel Wolves a finalement choisi une approche relativement permissive afin que cette mécanique reste un élément de gameplay plutôt qu'une source permanente de frustration.
Cette philosophie correspond aussi à la volonté de laisser le joueur privilégier certains aspects de l’expérience. Ceux qui apprécient davantage la dimension humaine de Coen peuvent orienter leur aventure dans cette direction, tandis que les amateurs des capacités vampiriques disposent eux aussi d’une certaine liberté.
Derrière ce concept se trouve également une histoire de production assez particulière. Après avoir quitté CD Projekt RED, Konrad Tomaszkiewicz voulait construire un studio où les équipes resteraient suffisamment petites pour permettre aux développeurs de communiquer directement entre eux.
Rebel Wolves commence donc modestement. Konrad Tomaszkiewicz finance lui-même la première année du studio, le temps de constituer une équipe et de mettre au point un prototype. La société cherche ensuite un partenaire financier capable de donner au projet les moyens de ses ambitions.
L’accord finalement conclu avec NetEase apporte environ 40 millions de dollars au développement. Le géant chinois prend également une participation de 26% dans Rebel Wolves. Avec ce financement, The Blood of Dawnwalker dispose d’un budget conséquent pour une nouvelle licence, tout en restant très éloigné des productions AAA pouvant dépasser plusieurs centaines de millions de dollars.
Le recrutement s’accélère ensuite en 2023 avant le début de la production. L’un des objectifs affichés était pourtant de ne pas transformer Rebel Wolves en une énorme structure. Le studio comptait environ 90 personnes au début de la production, mais ses ambitions ont progressivement entraîné une hausse des effectifs.
Des prestataires ont notamment été recrutés pour renforcer les équipes avant de rejoindre finalement Rebel Wolves de manière permanente. Le studio atteint ainsi environ 160 employés. Konrad Tomaszkiewicz estime néanmoins que cette taille correspond aujourd’hui aux besoins du projet et souhaite continuer à préserver une organisation dans laquelle il reste possible de connaître personnellement les membres de l’équipe.
La question du temps a également joué un rôle important à la fin du développement. Rebel Wolves devait choisir entre une sortie plus précoce, avec un calendrier particulièrement serré, et un lancement repoussé de quelques mois dans une période beaucoup plus chargée.
Le studio a finalement opté pour septembre, notamment afin de limiter les risques de périodes de travail excessives. Plusieurs membres de Rebel Wolves avaient connu les problématiques liées au développement de très grosses productions chez CD Projekt et souhaitaient éviter de reproduire certaines situations du passé.
Pour y parvenir, l’équipe a cherché à verrouiller le plus tôt possible les grandes lignes du projet. L’objectif était notamment d’éviter de modifier profondément les fondations du jeu en cours de production, car un changement important pouvait entraîner des conséquences sur de nombreux systèmes et demander de refaire une partie du travail déjà accompli.
Cette volonté de conserver une vision stable a finalement accompagné The Blood of Dawnwalker pendant toute sa production. Rebel Wolves explique ainsi avoir préféré faire des choix et renoncer à certaines idées plutôt que de multiplier les changements susceptibles de repousser la sortie ou d'augmenter la pression sur les équipes.
Le pari semble aujourd’hui avoir porté ses fruits. The Blood of Dawnwalker a dépassé le million d’exemplaires vendus durant sa première semaine et Rebel Wolves se dit très satisfait de ses débuts.
Le studio réfléchit désormais à la suite de son aventure, avec l’ambition de développer davantage l’univers de Dawnwalker. Après cette première expérience, l’équipe souhaite surtout disposer de davantage de temps pour son prochain projet, tout en conservant la structure relativement compacte qui constitue l’une des particularités de Rebel Wolves.
Mise à part la technique le jeu est cool
Il n’est pas parfait, loin de là.
Mais pour leur premier jeu, c’est du bon boulot.