"Losing the War with Japan" – Le docu qui, en 1991, prédisait le déclin américain face au Japon
En novembre 1991, Frontline diffusait un reportage choc : "Losing the War with Japan".
Le message était brutal : pendant que les USA gagnaient la guerre militaire au Koweït, les Japonais gagnaient la guerre économique. Le documentaire s'ouvre sur une phrase cinglante : "La guerre froide est terminée et le Japon a gagné."
Trois industries passées au crible
Le reportage examine comment le "capitalisme à la japonaise" – coordination État-industrie via les keiretsu – menaçait la domination américaine :
- L'automobile : fournisseurs américains laminés, États en concurrence destructrice pour attirer les investissements japonais. L'industrie américaine a perdu des centaines de milliers d'emplois, sans gain net.
- Les écrans plats : une technologie inventée aux USA, mais le Japon en contrôlait déjà 90 % du marché.
- Les jeux vidéo : Nintendo détenait 80 % du marché américain, avec des pratiques anticoncurrentielles qui ont valu une enquête de la FTC.
Comment les USA ont "maîtrisé" le Japon
Les Accords du Plaza (1985) ont forcé le yen à doubler en deux ans (240 → 120 ¥/$). La BOJ a baissé ses taux de 5 % à 2,5 %, avant de les remonter à 6 %, crevant la bulle. Le Nikkei a perdu 60 % de sa valeur entre 1989 et 1992.
Le yen est devenu la monnaie de financement du monde via le carry trade, transformant le Japon en rentier au service de l'hégémonie américaine. Le pays est entré dans une "décennie perdue" qui dure en réalité depuis plus de trente ans.
Mais le combat avec la Chine est d'une toute autre ampleur
Avec le Japon, la compétition était gérable. Le Japon était un allié militaire des États-Unis, dépendant d'eux pour sa sécurité, et sa devise était convertible.
Avec la Chine, c'est une tout autre histoire.
La Chine n'est pas un allié, mais un adversaire stratégique. Elle est souveraine, autonome, et dispose de l'arme nucléaire. Sa devise, le yuan, est contrôlée et non convertible, ce qui rend impossible une "version chinoise du Plaza Accord".
L'économie chinoise est la deuxième du monde, leader en IA, batteries, véhicules électriques et semi-conducteurs. Elle a tiré les leçons de l'histoire japonaise et ne répétera pas ses erreurs.
Les experts sont clairs : les États-Unis ne peuvent pas "refaire un Japon" avec la Chine. Les outils utilisés contre le yen ne fonctionneront pas contre le yuan.
La chute du yen en 2026 est le prolongement de cette guerre commencée il y a 35 ans. Mais cette fois, l'adversaire n'est pas un allié dépendant. C'est une superpuissance qui refuse de s'incliner.
Activez le doublage automatique. Bon visionnage! (non c'est pas Mickaël Vendetta en miniature )