On se plaint souvent que la plate-forme avec graphismes 2D est plus ou moins morte en même temps que l'ère 16 bits, renvoyant les débats à de doux souvenirs où la moindre adaptation de Disney était synonyme de hit en puissance. Des décennies plus tard, le studio
DreamRift a pour mission de raviver cette illustre flamme et prouve malheureusement qu'un jeu du genre, aussi simple soit-il à faire sur le papier, peut-être finalement une belle déception.
Les développeurs ne pensaient pourtant pas s'y tromper : une belle 2D, des univers connus de tous (Aladdin, Peter Pan...), quelques boss et une jouabilité sans véritable faille, on semblait tenir là une parfaite ode au old-school. Sans qu'on « s'embête » rapidement (pour ne pas dire autre chose). La principale cause de ce fait vient d'un level-design d'une fainéantise absolue, les niveaux manquant clairement de renouvellement et se cantonnant à la formule classique du plan horizontal avec de trop rares raisons occasions de monter trop haut ou de descendre trop bas. D'ailleurs, l'espèce de carte simplifiée sur l'écran du bas est suffisamment éloquente : de larges secteurs avec de trop rares plates-formes ou pièges pour vraiment être surpris. On reprochera aussi la facilité d'avoir, justement, réutiliser les univers Disney là où un minimum d'audace aurait permis quelques surprises et une sensation de dépaysement. Plaignons ensemble les fans de
Kingdom Hearts .
Sans parvenir à offrir des niveaux corrects, l'équipe a également peiné dans sa tentative de réactualisation du gameplay, alors que tout partait à chaque fois d'une bonne idée. Octroyer un pinceau à Mickey lui permettant (en plus d'attaquer) de faire apparaître et disparaître des choses à des endroits indiqués ? Pas bête, sauf que freezer l'action et passer son temps à dessiner ou effacer telle ou telle chose se montre des plus lassants au bout de quelques minutes. Avoir ajouté la possibilité de récupérer des amis « cachés » dans les niveaux pour les ramener au château des Illusions afin qu'ils nous confient des quêtes annexes ? Succulente idée pour gonfler la durée de vie (2h en ligne droite), sauf que les quêtes en question ne vont jamais plus loin que « va parler à untel dans le château » ou « va me récupérer x objet qui sera soudainement apparu dans tel niveau ». Seul le magasin de Picsou permettant de gonfler ses statistiques (barre de vie, puissance d'attaque...) reste finalement une nouveauté à retenir.
Donc que reste t-il à cette cartouche ? La probable possibilité de satisfaire les plus petits qui auront une difficulté à leur hauteur (c'est à dire pas bien grande), et qui ne rechigneront pas devant ce coté un poil amateur dans la forme : très peu d'artworks différents pour les dialogues, aucun doublage, cinématiques en images fixes... Pas bien grave il y a vingt ans mais plus perturbant en 2012 pour un titre à la base très attendu.
Conclusion : Une note qui servira de moyenne entre les plus jeunes qui seront probablement heureux de lâcher le plombier pour retrouver la fameuse souris, tandis que les autres mettront de coté, et avec regret, ce titre répondant tout juste à un basique cahier des charges où le génie et l'audace n'ont pas lieu de s'exprimer. Le old-school n'est pas censé surprendre certes, mais pour le coup, on en vient même à se demander si ce « Power of Illusion » serait parvenu à marquer les esprits dans les années 90.
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