Attendu par beaucoup comme le messie,
Gravity Rush traîne derrière lui la réputation d'être un des meilleurs titres de lancement pour une console, portable comme de salon. Rien que ça. Après avoir patienté depuis la sortie japonaise, le titre est enfin arrivé entre nos mains et, fort heureusement, on n'est pas déçu même si certaines ombres viennent gâcher ce superbe tableau.
Nous parlions il y a peu de
Resistance : Burning Skies et son esthétisme totalement générique. Ici, c'est juste l'inverse. Keiichiro Toyama et son équipe font la leçon à bien d'autres développeurs en parvenant à créer un background aussi mystérieux qu'attirant, un scénario simple mais qui nous donne envie de progresser, mais aussi et surtout une héroïne auquel on s'attache en l'espace de quelques minutes, constat qu'on retrouve avec les autres protagonistes dont le penchant démoniaque de la demoiselle. Une réussite totale, largement aidée par la patte graphique faite d'un cell-shading admirable et, pour faire plus simple, des graphismes totalement somptueux pour un tel support. Une partie technique qui frôlerait le sans-faute s'il n'y aurait pas ces odieux temps de chargements, absent lorsqu'on passe du zone à l'autre, minime lorsque l'on débute une mission, mais diablement longs à certains moments comme lorsqu'on quitte ou recommence un défi.
Amnésique, notre héroïne (Kat de son petit nom) se réveille en plein cœur d'une ville qui n'a rien de classique, puisque séparée en plusieurs morceaux inaccessibles entre eux, le tout lévitant étrangement au cœur du néant. Sympa. On rajoute à cela que la population ne se pose pas plus de questions que cela, l'apparition de créatures faîtes d'ombre étant le problème majeur pour le moment. Dans les faits, le cheminement fait dans l'open-world, sans offrir non plus de zones immenses. On se balade d'un bout à l'autre sans contrainte avec la possibilité d'aller taper la discute avec quelques habitants, réparer quelques trucs pour débloquer des défis, enclencher de nouveaux raccourcis, et bien entendu se lancer dans les missions principales. La quête de réponses ne sera pas de toute repos mais on sera heureusement aidé par un chat magique (que Kat nommera Poussière, probablement par manque d'idées), lui conférant le pouvoir de manipuler la gravité à sa guise. D'où le titre, on l'aura compris.
Grâce à une jauge qui se vide petit à petit (mais qui se remplit rapidement une fois qu'on arrête d'utiliser notre pouvoir), on pourra en effet atteindre la surface que l'on souhaite sans difficulté. Une pression de la gâchette R vous place en état de lévitation et il suffit ensuite de viser l'endroit voulu et appuyer une seconde fois pour que Kat s'envole dans cette direction. Rien n'empêche ensuite de réitérer la manipulation, même à mi-parcours, pour changer de direction. Et que la surface soit à la verticale, à l'horizontale, ou même à l'envers, la demoiselle s'y posera comme s'il s'agissait d'un nouveau sol, du moins tant qu'il vous reste assez de jauge. Dans le cas contraire, c'est la chute brutale mais qui ne vous usera pas le moindre gramme de barre de vie. Une prise en main très simple donc, malgré une caméra qui s'affole à de très nombreuses reprises. Et puis on aurait bien aimé du vol libre mais ce n'est peut-être pas le sujet...
Loin de se reposer sur leurs lauriers avec ce gameplay original, les développeurs ont livré tout un tas de missions variés qui sont plutôt classiques dans les faits mais qui se vivront chacune d'une autre manière grâce à la gestion de la gravité. Se rendre d'un point A à un point B est beaucoup plus grisant, de même que l'infiltration et même l'escorte est moins rébarbatif qu'à l'accoutumée puisqu'il suffit de lancer une bulle de gravité à coté de notre allié pour qu'il nous suive automatiquement dans les cieux. Et bien entendu, comme on l'a dit plus haut, il y a les ennemis. Simples ombres, les adversaires possèdent chacun un ou plusieurs cœurs à exploser soit en frappant de manière classique, soit en usant de nos quelques capacités. On pourra par exemple créer une nouvelle bulle de gravité à coté d'un objet pour ensuite le lancer sur notre opposant, ou léviter tranquillement pour lancer un super coup de pied qui fait généralement assez mal. Plus tard dans l'aventure, on débloquera trois super-attaques dévastatrices qui seront à utiliser au bon moment puisqu'une pause sera nécessaire entre deux déclenchements.
Le tout est accompagné d'une petite touche RPG avec des cristaux à récupérer un peu partout dans chaque recoin de la ville. On pourra ensuite les dépenser pour améliorer nos différents aspects : santé, rechargement de la jauge, esquive, vitesse, force augmentée dans certains aspects (frappe, coup de pied, super-attaque, etc.). En plus de nous faciliter la vie, ces améliorations sont tout simplement indispensables pour obtenir la médaille d'or dans les différents défis accessibles un peu partout. Ces derniers se présentent sous la forme d'un parcours à traverser ou des ennemis à combattre, le tout sous sous un chrono qui défile à toute vitesse. Et bien entendu, plus la médaille est belle, plus le gain de joyaux sera important, permettant là encore d'améliorer nos compétences un peu plus. Tout est lié. Seul problème : cet aspect de l'aventure cache un douloureux défaut qui donne envie de casser sa Vita en deux.
Petite parenthèse pour lancer un « coup de gueule » inévitable. Que les consoles possèdent maintenant leurs propres features, c'est une chose. Mais pourquoi diable certains développeurs se sentent tellement obligés de les utiliser dans leurs titres, prêt à rendre le jeu parfois injouable alors qu'il y avait matière à faire plus simple (ou au moins nous laisser le choix). Vous avez pesté de rage devant le choix de
Nintendo de nous faire gigoter la Wiimote pour placer une roulade dans
Donkey Kong Country Returns alors qu'il y avait moyen de faire la même chose avec le bouton 1 ? Hé bien préparez vous à hurler avec
Gravity Rush et ses séquences de glisses qui se placent indéniablement comme LE point noir du jeu. Indispensable dans quelques missions et presque toujours dans les défis de parcours, la glissade aurait pu se déclencher avec une petite combinaison de bouton pour ensuite orienter tranquillement notre personnage avec le joystick. Mais non...
La Vita possède un écran tactile et de la gyroscopie ? Hé bien utilisons les tous les deux pour rendre compliqué les choses les plus simples. Pour vous faire comprendre, sachez que le déclenchement de la glissade se fait en maintenant nos deux doigts aux extrémités basses de l'écran, ce qui est déjà peu pratique dans des phases demandant une grande précision. Mais c'est loin d'être le pire... Car l'héroïne étant peu maniable dans ces conditions, il faut enclencher les dérapages en relâchant l'un des doigts pour le remettre ensuite dès qu'on pense être dans la bonne direction. Rajoutons à cela que la gyroscopie est à la fois utilisé pour s'orienter et bouger la caméra, et qu'il faut secouer la console pour sauter. Le tout saupoudré par la fameuse caméra qui s'emballe parfois au mauvais moment. Bref, un pur massacre au cœur d'un titre qui ne posait presque aucun problème dans sa jouabilité. Il serait temps que les développeurs fassent preuve de bon sens.
Pour autant, ne restons pas sur cette sale note.
Gravity Rush reste tout de même un titre incroyable qui a suffisamment d'atouts pour nous scotcher à la console, toujours prêt pour une dernière mission ou un dernier petit défi avant d'aller se coucher. Et c'est ça qui fait les grands jeux : cette capacité à nous donner envie d'aller toujours plus loin, ne serait-ce que pour en découvrir davantage sur ce background toujours bien mis en avant grâce à des cinématiques mises en scène façon BD, et cette OST qui propose de superbes thèmes (comme celui du second niveau). Un véritable voyage qui nous prendra une douzaine d'heures minimum, où on ne butera que trop rarement sauf contre certains boss assez retorses, auquel on reviendra sans sourcilier pour tenter de tout débloquer, dont l'ensemble des médailles d'or. Sinon, il y a également quelques DLC mais ceci est une autre histoire.
Conclusion : Destiné à la base à la PlayStation 3,
Gravity Rush a de quoi faire pleurer ceux qui ne possèdent que cette dernière. La Team Siren n'a eu aucun mal à lâcher le survival-horror pour une aventure aussi magique qu'originale, qui a toutes les cartes en main pour devenir la base d'une prochaine grande licence signée
Sony . Dommage pour la caméra, les temps de chargement et certains choix douteux (la gyroscopie...), car nous n'étions pas loin de la fresque parfaite.
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