On l'aura compris depuis quelques années,
Ubisoft a bien l'intention de nous sortir un
Assassin's Creed par an, les développeurs ayant trouvé une recette suffisamment carrée pour renouveler l'expérience à tour de bras, en changeant juste la toile de fond et en rajoutant quelques nouveautés. Espérons donc que
Brotherhood ne vous a pas trop lassé car on a du travail à faire à Constantinople.
Aussi étrange que cela puisse paraître,
Revelations incarne la fin d'une trilogie au cœur même d'une autre trilogie. Car conscient du succès grandissant de sa saga, l'éditeur a stoppé la saga principale pendant deux ans pour proposer à la place deux « suites » du deuxième opus, histoire de faire le point en profondeur sur le personnage d'Ezio. Seulement, à la manière de certaines séries télé qui veulent traîner un peu trop en longueur,
Brotherhood ne parvenait à faire avancer le shmilblik que dans sa dernière ligne droite, et ce nouvel épisode va en faire de même, jusqu'à décevoir de nombreux joueurs en mal de... révélations. Car hormis le premier et le dernier chapitre, il ne se passe quasiment rien dans notre intéressé. On suit rapidement le final d'Ezio avec quelques personnages secondaires pas suffisamment exploité pour qu'on s'y attarde vraiment et on ne cache pas notre énervement en repensant à toute la promotion faite sur le retour d'Altaïr, qui dans les faits ne sert quasiment à rien et qui ne sera jouable que dans une demi-douzaine de courtes missions sans grand intérêt. Le genre de constat sans surprise lorsqu'on veut faire trois jeux avec un seul scénario.
Et pourtant on accroche, ce qui peut paraître difficilement compréhensible au premier abord, surtout que la trame principale se contente de nous faire fouiller Constantinople à la recherche de cinq clés pour découvrir peu à peu certains secrets d'Altaïr au cœur de la forteresse de Masyaf. Mais comme souvent avec
Ubisoft Montréal, on assiste à un très bon travail sur l'ambiance et au-delà du jeu d'acteur des différents protagonistes, c'est le personnage d'Ezio qui s'avère toujours aussi attachant, d'autant plus dans ce nouvel opus quand on s'aperçoit qu'il est clairement en fin de route, du haut de sa cinquantaine de bougies, prêt à tout pour découvrir les traces de son ancêtres. Et que dire de la cité elle-même, majestueuse comme jamais avec ses nombreux secrets et ses monuments et quartiers qu'on découvrira au fur et à mesure de l'aventure. Preuve que le moteur, s'il a déjà joué toutes ses cartes, peut encore nous émerveiller malgré quelques ralentissements de temps à autres.
Pour ce qui est de l'aventure, quasiment rien ne change depuis le précédent épisode. On assiste de ce coté à une suite classique qui ne fait que proposer des évolutions, et jamais la moindre révolution. Grimpette dans tous les sens, points d'observations à activer pour découvrir la ville, tour à détruire avant de pouvoir acheter les magasins du coins pour voir grimper son pécule en temps réel, assassins à recruter et à envoyer en missions (avec tout de même un système grandement amélioré car privilégiant les aptitudes de chacun), passages annexes en dehors de la ville principale, l'occasion de visiter de nouveaux lieux plus restreints mais aux objectifs fixes, idéal pour que les développeurs puissent balancer un peu plus de scripts pour la mise en scène. Bref, rien ne change ou presque. On a tout de même droit à une vision d'aigle plus intéressante car permettant de suivre maintenant les mouvements des ennemis et certains de leurs actions passées pour prévoir leurs rondes. Rien de révolutionnaire là encore, juste une amélioration agréable.
Ce nouvel épisode laisse tout de même sa place à trois nouveautés qu'on espère revoir par la suite. Tout d'abord, la fameuse lame crochet qui a servi à faire la promotion du titre à son annonce. Utile dans les combats devenus encore plus nerveux, cet outil servira surtout lors de nos déplacements pour s'accrocher encore plus loin après un saut et dans l'utilisation des tyroliennes, histoire de se déplacer plus rapidement d'un point à l'autre de la carte si vous en avez marre des égouts. L'autre point à signaler, c'est l'arrivée des bombes, disponibles en plusieurs variétés (classique, fumigène, etc...) qu'on pourra obtenir de deux façons : soit en les achetant tout simplement à l'un des vendeurs du coin, soit en les fabriquant vous même grâce aux matériaux récoltés dans les cadavres, coffres et en récompense de certaines missions dont se sont occupés vos assassins. De quoi rehausser l'intérêt du loot. Enfin, on parlera d'un nouveau mini-jeu bien connu de certains joueurs : le Tower Defense-like. En effet, libérer un quartier ne veut maintenant plus dire qu'il vous sera éternellement acquis. L'ennemi pourra aléatoirement tenter de reprendre possession du territoire, conduisant au fameux mini-jeu qui, comme son nom l'indique, consistera à déposer vos unités de façon stratégique pour repousser l'attaque. Assez fun, répétitif au bout d'un certain moment, mais le concept a ici sa place.
Coté durée de vie, le constat est similaire Ã
Brotherhood  : suffisamment long pour la trame principale mais on ne refusera pas les nombreux à -cotés pour booster l'ensemble. Il reste de toute manière le multijoueurs qui est évidemment bien plus garni que dans l'épisode précité avec davantage de personnages et techniques à débloquer grâce à aux habituels points d'expériences. Le nombre de cartes se voit également boosté puisqu'on reprend les quatre déjà connues en y rajoutant cinq inédites, complétées par quelques variantes selon les modes choisis. A ce propos, si l'essentiel de ces derniers est de retour, on accueille maintenant l'équivalent du deathmatch, assez peu intéressant vu le genre, et surtout un sorte de Capture de Drapeau, consistant à voler la relique adverse tout en protégeant la sienne. Plus que jamais, ce mode demandera une coordination absolue entre les membres de votre équipe pour espérer la victoire.
Conclusion : Assassin's Creed Revelations est la preuve que
Ubisoft commence à tirer un peu trop sur la ficelle. Moins marquant en nouveautés que Brotherhood, les améliorations significatives en font ironiquement l'épisode ultime, les développeurs se chargeant bien de peaufiner la formule à chaque fois sans jamais chercher à bousculer le moindre pilier. La « trilogie » Ezio est de toute manière achevée, ne reste plus qu'à attendre le véritable troisième épisode pour voir si
Ubisoft se retrousse enfin les manches.
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