Capcom avait bien prévu son coup. En balançant un gros trailer de
Resident Evil 6 en début d'année, il était clair que l'attente serait longue jusqu'au 20 novembre. Pour patienter jusque là , la licence accueillera donc deux opus supplémentaires et en attendant
Operation Raccoon City , voici le fameux
Resident Evil Revelations , épisode chargé de promesses avec annonce d'un certain retour aux sources et lien avec le sixième épisode. On va voir ça.
Avant de s'attarder sur le jeu lui-même, et il y a beaucoup à en dire, attardons nous sur la partie technique. Que les choses soient claires : ce nouvel opus est diaboliquement beau pour de la 3DS.
Mercenaries , malgré tous les tares qu'il traînait derrière lui, avait eu au moins le mérite de prouver que la machine en avait dans le ventre.
Revelations va encore plus loin en nous proposant des décors aussi détaillés que variés, une modélisation clairement réussie (même si les personnages ne bougeront pas les lèvres in-game) et une mise en scène de qualité, digne des derniers opus sur consoles de salon. Évidemment, des concessions ont été faites pour faire tourner le jeu correctement. Les décors sont beaucoup plus étriqués que dans le 4 et le 5 (en même temps, on passe son temps dans un bateau) et les temps de chargement sont au rapport, avec même quelques jolis ralentissements lorsqu'on passe d'une zone à l'autre. Pas de quoi ternir le tableau.
Les
Resident Evil n'ont jamais été des modèles de scénario réussi. Si à l'époque, on partait sur une bonne base, simple mais efficace, les choses ont commencé à partir dans tous les sens dès le quatrième épisode et
Revelations ne sera pas là pour arranger les choses, au contraire. Non pas que l'histoire soit trop mauvaise, on dira qu'on a affaire à un sympathique film de série B avec son lot de rebondissements, mais il suffirait d'enlever Chris et Jill pour détruire tous rapports avec la saga d'origine. D'ailleurs, à l'instar du dernier
Assassin's Creed , on cherche encore les vraies révélations, si on excepte la cinématique d'après-crédits qui laisse sous-entendre quelque chose qu'on vous laisse découvrir. Bref, davantage de questions que de réponses au final, et on avoue qu'on a également du mal à voir un quelconque lien avec
Resident Evil 6 (son trailer en tout cas), même si on peut imagine pour le moment que certains personnages secondaires fassent leur retour en fin d'année. Ou dans un
Revelations 2 pourquoi pas, on parle de
Capcom après tout.
Si le déroulement en chapitres n'est plus une surprise depuis
Resident Evil 4 , notre intéressé se permet d'aller un peu plus loin dans le concept. Le scénario se
Revelations se vit véritablement comme une série. Chaque fin de chapitre est l'occasion d'avoir droit à un cliffhanger plus ou moins bon, et on en démarre un nouveau avec un « Previously on... » pour résumer la situation au cas où vous auriez du mal à suivre. De plus, le jeu propose un paquet de points de vue différents, où on pourra passer d'une séquence à bord du bateau (le cœur du jeu), à une traversée en zone montagneuse avec Chris quelques heures avant le début du jeu, voir même un an auparavant. Certains diront que ça nuit un peu à l'ambiance mais ça a au moins le mérite d'être original, et de permettre aux joueurs d'incarner quatre personnages différents tout au long de l'aventure.
Coté gameplay, la base reste la même que dans les deux précédents opus, avec une vue au dessus de l'épaule, à ceci-près qu'on passe en format FPS dès qu'on pointe son arme (on peut garder la troisième personne en allant dans les options). Notons d'ailleurs qu'il s'agit du premier épisode de la saga où on peut se déplacer tout en tirant. Événement ! En revanche, si l'ambiance à bord du navire offre effectivement un certain retour aux sources avec des salles qui font clairement penser au manoir Spencer du premier
Resident Evil (ambiance, ambiance...), n'espérez pas voir pour l'occasion le retour des énigmes à base de blasons et de tableaux. On a bien de nouveau droit aux fameuses clés à trouver pour déverrouiller certaines portes, mais ça ne va pas plus loin que ça. Impossible donc d'être bloqué malgré la présence d'une carte illisible, et on se contentera de quelques mini-jeux rapides à l'écran tactile. Soit.
Pour autant, notez bien que le jeu est incroyablement riche en nouveautés de gameplay, certaines étant clairement à envisager pour les prochains opus. Prenons le scan par exemple. Façon
Metroid Prime , on pourra scanner différentes choses pour trouver des objets cachés (généralement des munitions), des empruntes de main pour débloquer des succès (on va y revenir) ou tout simplement des ennemis en remplissant du coup une jauge. Chaque fois que cette dernière est pleine, vous gagnez tout simplement une herbe verte. Un premier essai sympathique, qui aurait tout de même mérité d'être un peu plus poussé, ne serait-ce que pour débloquer un bestiaire en scannant les ennemis, voir incorporer de nouvelles énigmes exploitant l'engin (bon, il y en a bien une, on admet, mais ça reste faible).
Toujours au niveau du gameplay, on notera le retour des coffres pour ranger ses objets. Enfin ses armes plutôt, le reste de l'inventaire étant géré automatiquement (plafond pour les balles et pour les herbes). Notons d'ailleurs que l'équipement ne propose pas la folie de certains épisodes, le joueur devant se contenter d'un couteau, de quelques grenades, d'un pistolet, un fusil à pompe, une mitrailleuse, un magnum et un bazooka, en prenant en compte qu'on a quelques variantes dans certains cas. C'est un peu faible mais vu qu'on n'est pas dans une boucherie façon
Resident Evil 5 , on s'en accommode facilement. En revanche, autre nouveauté majeure, on peut maintenant customiser le tout (hors bazooka, toujours aussi cheaté de toute manière). Sur notre route ou en fouillant bien, on peut trouver des améliorations à placer dans les slots de chaque arme, améliorant puissance, cadence de tir, chargeur ou effet secondaire (comme étourdir l'ennemi).
Enfin, pour en terminer avec les nouveautés de gameplay, on rajoutera qu'on peut maintenant esquiver les attaques en appuyant sur le bouton dédié au bon moment, tirer directement en étant au sol et placer des attaques chargés au corps-à -corps. Mais le gameplay est une chose, la jouabilité en est une autre. Trois configurations sont disponibles, permettant de s'adapter assez facilement, ainsi que la quatrième dédiée au fameux Circle Pad que nous avons bien entendu pu essayer. La prise en main est correct, et la jouabilité typée FPS grâce au second stick est susceptible de vous facilité la vie selon certaines situations. En revanche, on dénote quelques petites pertes. Le stylet ne devient plus accessible, obligé donc de le garder sur vos genoux alors qu'il sert rarement, de même que le bouton Wi-Fi. Le coté gauche pour régler le volume se trouve également plus difficile d'accès et si vous avez le malheur de posséder un chargeur non officiel avec les deux embouts (DS Lite/DSi), il sera impossible de jouer tout en rechargeant votre console. Vous êtes prévenus. L'accessoire est donc loin d'être indispensable pour le genre, et devrait davantage briller avec des titres comme
Metal Gear Solid 3 et
Kingdom Hearts 3D .
Terminer le jeu prendra en gros une petite dizaine d'heures, ce qui reste pas mal aujourd'hui. Beaucoup commenceront en mode normal mais on conseillera vivement aux non-habitués de commencer d'abord par le mode facile, tant certains passages sont retorses. En effet, à défaut de jouer la carte du grand spectacle comme ont su le faire les deux précédents opus,
Revelations ne manque pas de moment qui font monter la tension. A plus d'une reprise, on aura droit à ces instants de survie où des tas de Hunters ou autres bizarreries du bestiaire débouleront sans relâche. Les passages sous-marins, autres nouveautés, peuvent également se montrer perturbant avec ces bestioles qui feraient passer des piranhas pour Nemo. Enfin, point fort du jeu, les boss sont loin d'être faciles pour une fois. Même si le jeu n'est pas radin en bazooka (!), certaines séquences peuvent vous envoyer filer vers le Game Over si vous manquez de dextérité.
Et comme pour
Resident Evil 5 , le jeu s'avère doté d'un New Game +. L'équipement ramassé dans la précédente partie (accessoires pour armes inclus) seront directement accessibles dans la nouvelle, et le jeu se montre assez généreux en bonus. En effet, on dispose d'une partie équivalent aux succès/trophées, demandant de remplir certaines conditions (scanner tous les ennemis, esquiver 20 fois, finir le jeu en facile, etc.) et chacun vous récompensant soit d'une nouvelle arme, soit d'un accessoire rare à équiper. De quoi vous faciliter la vie dans le mode de difficulté le plus haut.
En plus d'une bonne replay-value pour le solo, le titre dispose également d'un mode multijoueurs très sympathique. Jouable en coopération en local (deux cartouches sont requises) ou en ligne, ce dernier s'apparente à un mode
Mercenaries à l'ancienne, façon
Nemesis ou
Code Veronica . En bref, plutôt qu'une simple survie en territoire hostile, vous devrez cette fois vous rendre d'un point A à un point B en éliminant le maximum d'ennemis sur votre route, et ce le plus rapidement possible, avec classement à la clé. En plus d'un nombre correct de niveaux (21) et de personnages, on pourra y débloquer armes et accessoires soit en les achetant avec des points obtenus à la fin de chaque RAID (ou après un chapitre du mode solo), soit avec les pièces étoiles de notre 3DS. Commencer directement un premier run avec un magnum acheté avec dix pauvres pièces étoiles, ça ne se refuse pas. En plus de cela, joueur comme ennemi dispose ici d'un level, avec compteur de vie affiché au dessus de chaque ennemi, utile vu que la difficulté augmente rapidement. Au final, un
Mercenaries clairement amélioré, qu'on espère voir de retour dans le sixième épisode.
Conclusion : Mine de rien, Revelations est le premier bon
Resident Evil sur console portable.
Capcom offre donc à la 3DS son premier gros titre de l'année, et s'il n'a évidemment pas la carrure d'un épisode sur consoles de salon, il reste un des indispensables de la machine, grâce à sa campagne réussie et son mode Raid, à la qualité surprenante.
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