Je ne sentais plus mes bras. Du sang s'écoulait le long de mon visage. Encore combien de temps allai-je pouvoir tenir comme cela ? C'est surement la question que j'aurais pu lire sur le visage de ce monstre, s'il ne m'avait pas ôté mon oeil droit. Cette bête cruelle, puissante et, par dessus tout, avide de sang prenait du plaisir à faire ce qu'elle faisait. Elle découpait, arrachait, dépeçait les personnes avec un enthousiasme malsain et une précision chirurgicale. Elle mutilait joyeusement, souriant à la vue du sang, s'amusant des cris pathétiques. « Ne me tuez pas. » Elle avait dû entendre cette phrase des centaines de fois. Et pourtant, je soupçonnais qu'elle ne s'en lasserait jamais. J'avais compris cela dès que j'avais repris connaissance. À ce moment là, je n'avais pas encore perdu la vue. Je voyais une salle mal éclairée et dont les murs étaient rouges, couverts de sang, mais pas uniquement. On y voyait également des images, des photographies numérotées représentant des hommes et des femmes mutilés à mort. J'en comptai 8. J'étais donc le numéro 9. 9, m'étais-je répété...
Ayant surement vu que j'avais repris connaissance, une personne était sortie de la pénombre. C'était un homme, de taille moyenne, mais je n'eus pas le temps d'en voir plus. D'un coup et sans un mot, l'homme m'avait arraché l'oeil droit à l'aide d'un petit objet métallique qui me sembla alors être une cuillère. La douleur qui s'empara alors de moi était attroce. Je criai. Ce fut le début de plusieurs heures de torture, d'une longue agonie durant laquelle je perdis mes bras, beaucoup de peau et de sang, mais aussi et surtout mon âme.
Depuis peu, il avait arrêté. Je ne le sentais plus me dépecer, me tourner autour ou m'arracher un quelconque membre. Je ne savais pas ce qu'il faisait. J'attendais. Je pensais qu'il faisait de même. J'avais surement raison, mais seulement pour une courte période. En effet, soudainement, j'entendis des sons métalliques émanant d'un lie qui n'était à mon goût que trop proche de moi.Je tentai de ne montrer mon inquiétude, ma peur, d'être fort. Mais mon corps ne m'obéissait plus, et je me mis à trembler malgré moi. Alors, j'entendis quelquechose qui me sembla être des paroles, mais je ne pu les distinguer.
Tout à coup, une douleur au ventre.
Des giclements de sangs.
Mon sang.
C'était fini.

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posted the 06/14/2007 at 09:16 PM by
smealum