ROTTERDAM (AFP) - Rotterdam, premier port européen, qui a cédé depuis trois ans son premier rang mondial à l'Asie, fait face à des défis qui reflètent les enjeux de l'économie européenne mondialisée d'aujourd'hui.
Le port de Rotterdam, entreprise privée, a connu au premier semestre une croissance de son transbordement de 1,1%, jugée décevante.
Un port comme celui de Rotterdam ne peut croître aussi vite que des ports plus petits, comme Anvers. Si nous faisions 10% de croissance par an (comme Anvers au premier semestre, NDLR), en 2 ans nous aurions gagné l'équivalent du port de Marseille ou du Havre, explique à l'AFP Minco van Heezen, porte-parole de la société portuaire.
Nous sommes l'expression de la croissance modérée de l'économie européenne, constate-t-il : une économie... à maturité.
En 2003, Rotterdam perdait sa place de premier port mondial au profit de Shanghai. Un an plus tard, Singapour lui ravissait la seconde place.
Environ 56.000 travaillent dans le port qui fait vivre indirectement 315.000 personnes.
Pour expliquer sa faible croissance, l'entreprise pointe les problèmes de modernisation informatique dont a souffert ECT, la société gérant 70% des conteneurs, provoquant des retards et obligeant des armateurs à se diriger vers ses concurrents européens.
Ben-Jaap Pielage, spécialiste du secteur à l'Université technique de Delft (centre), souligne aussi les croissances exceptionnellement fortes enregistrées en 2004 (+7,4%) et 2005 (+5%).
Maintenant, le port de Rotterdam commence à présenter des chiffres plus conformes à la croissance de l'Union européenne, estime-t-il.
Avec sa centrale électrique, ses terminaux de métaux lourds, ses réservoirs pour jus de fruits, sa batterie de grues flottantes et ses cinq raffineries en bord de Meuse, le port de Rotterdam est un condensé de l'économie européenne sur un territoire de 105 km2, s'étirant sur 40 km le long du fleuve.
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